Gilets jaunes en Alsace, un an après : “Je suis déçu forcément. Démoralisé même”

Les gilets jaunes à Colmar ce samedi 16 novembre / © S. Mallauran
Les gilets jaunes à Colmar ce samedi 16 novembre / © S. Mallauran

Il y a un an une vague jaune déferlait sur toute la France. Ainsi, le 17 novembre 2018, plus de 10 000 personnes s'étaient retrouvées sur une dizaine de ronds-points alsaciens devenus leurs bastions. Aujourd'hui, en cette date anniversaire, leurs rangs sont bien épars. A leurs grands regrets.

Par Cécile Poure

Le 17 novembre 2018, 10 000 personnes avaient convergé vers les principaux ronds-points alsaciens. 10 000 gilets jaunes. Chaque week-end, ils se retrouveront ainsi pour continuer leur combat contre les inégalités sociales et le pouvoir d'achat. Aujourd'hui, samedi 16 novembre, en cette date d'anniversaire, leurs rangs se sont considérablement clairsemés. Le temps a fait son oeuvre, plus que les mesures politiques.
 
 

200 à 300 personnes à Colmar : "Il y a un an, c'était un vrai village"


C'est à Colmar que les gilets jaunes ont été les plus nombreux en cette date anniversaire. 200 selon les forces de l'ordre, 400 selon les organisateurs. Ils se sont donné rendez-vous devant la statue de la Liberté, emblématique de leur combat, avant de se rendre au centre-ville. L'ambiance était conviviale quoiqu'amère. En 2018, ils étaient un millier. 

Y avait enfin de l'humain, un peu, dans cette société. Et c'était bien.
-Christophe Kleitz, gilet jaune Colmar-

Christophe Kleitz  y était, il sait de quoi il parle. De quoi il pleure. " Il y a un an, on était jusqu'à mille. C'était un village, on partageait tout. Y avait enfin de l'humain, un peu, dans cette société et c'était bien, une famille. La population nous soutenait, nous apportait à manger .... Aujourd'hui ben oui y a moins de monde. C'est dommage car le mouvement de fond est sain. Il correspond au malaise de cette société qui demande plus de solidarité. Le mouvement des gilets jaunes continuera c'est certain. Tant que l'humain ne sera pas mis au centre des préoccupations. Et pas le pognon." 

A Kingersheim (68), autre bastion historique des gilets jaunes, seule une trentaine de personnes étaient présentes. Dans le Bas-Rhin, à Brumath une vingtaine. 70 à Dorlisheim. 50 à Roppenheim. Roppenheim où Romain plante sa pancarte depuis un an.


"J'aurais quand même gagné ça, de belles amitiés"


Romain est un gilet jaune historique. " Pendant un an, j'ai passé 70% de mon temps avec les gilets jaunes sur les ronds-points ou autres manifestations. J'en suis très fier. Aujourd'hui, nous ne sommes qu'une petite cinquantaine, je suis déçu forcément. Démoralisé même. Pour les un an, on pouvait quand même espérer plus. Après il y a en a pas mal à Paris." 

A Paris, où le rassemblement a tourné à l'affrontement ce samedi.

Et la suite ? " L'avenir est incertain c'est clair. Rien ne s'arrange. C'est même carrément du foutage de gueule. Le prix de l'électricité va augmenter, les retraites baisser, les chômeurs être moins bien indemnisés. C'est tout l'inverse de ce qu'on demande. "

Macron fait tout l'inverse de ce qu'on demande, c'est du foutage de gueule
-Romain, gilet jaune-

" J'espère beaucoup du 5 décembre prochain. J'appelle tous les corps de métiers à faire grève. Il faut que le pays soit bloqué. Deux semaine, ce serait bien non ? Là Macron comprendrait peut-être ... Qu'on n'ait pas fait tout ça pour rien. Enfin pour rien, j'exagère, on a créé ici les gilets jaunes du coeur qui viennent en aide aux plus démunis, le clan des quatre pattes pour les animaux des personnes en détresse. Et puis je me suis fait des amis. De belles amitiés. J'aurais quand même gagné ça oui, de belles amitiés." 
 

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