Lutte contre la radicalisation : le Haut-Rhin en pointe

Dans le Haut-Rhin 23 personnes ont bénéficié d’un programme de « prise en charge de personnes soumises aux dérives radicales ». Le dispositif innovant crée en 2015 par la cour d’appel de Colmar vient d’être pérennisé et pourrait servir d’exemple à d’autres régions.

Déradicalisation: premier bilan positif pour la justice dans le Haut-Rhin
Déradicalisation: premier bilan positif pour la justice dans le Haut-Rhin
C’est un programme innovant sur lequel la justice était restée jusque-là plutôt discrète. Après deux années d’expérience elle peut enfin s’exprimer pour en dresser un bilan positif. « Au départ nous étions démunis, il nous fallait trouver des outils nouveaux, on ne savait pas où on allait », rappelle Jean-François Thony, procureur général près la cour d’appel de Colmar.
Ce programme pionnier qui repose sur une prise charge individuelle des personnes radicalisées et repérées par la justice vient d'être pérennisé et pourrait servir d’exemple à d’autres juridictions françaises.

23 personnes prises en charge dans le Haut-Rhin


Dans le Haut-Rhin 23 personnes ont ainsi été intégrées dans ce dispositif, 18 hommes et 5 femmes, certains étant mineurs. Neuf d’entre eux ont totalement terminé leur prise en charge, 14 sont en cours de déradicalisation, 7 vont bientôt entrer dans le processus. Des chiffres qui peuvent sembler peu importants et pourtant « si chacune des 164 juridictions françaises avait fait pareil cela aurait concerné plus de 3000 personnes » fait remarquer Jean-François Thony.

Des profils vulnérables


Les 23 individus concernés ont pour points communs d’avoir été « repérés » dans un parcours délinquant et de présenter un profil vulnérable associé à des conduites addictives ou des problèmes psychologiques.
Le programme est imposé judiciairement mais ne peut se dérouler qu’avec l’adhésion de la personne radicalisée. Chaque situation est évaluée par une équipe pluridisciplinaire composée de psychologues et éducateurs spécialisés de l’association Accord 68. Le but est de libérer la personne de l’embrigadement sectaire dans lequel elle a pu s’inscrire et d’obtenir de sa part un désengagement de toute forme de violence.

Un exemple à suivre?


Le parcours peut durer jusqu’à une année entière, pour un coût n’excédant pas 3000 euros. Un argument souligné par les deux rapports parlementaires sénatoriaux qui citent en exemple l’expérience haut-rhinoise et plaident pour sa déclinaison au niveau national.
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