Dans les ateliers du Carnaval de Mulhouse, les bénévoles arrêtent leur char... sauf Gaston

Détail de l'affiche de la 66e édition du carnaval de Mulhouse / © Vincent Lemiesle, France 3 Alsace
Détail de l'affiche de la 66e édition du carnaval de Mulhouse / © Vincent Lemiesle, France 3 Alsace

Où sont passés les bénévoles? A six semaines du lancement des festivités, du 7 au 10 mars, les locaux du carnaval de Mulhouse sont désespérément vides. Construire des chars ne mobilise plus les gens comme c'était le cas il y a encore quelques années. Heureusement, fidèle au poste, il y a Gaston.

Par vincent lemiesle

Drôle d'ambiance dans les ateliers du carnaval de Mulhouse. A un peu plus d'un mois du lancement de la 66e édition du "Fàsanàcht vu Milhusa" on aurait pu s'attendre à voir dans les locaux des ateliers une multitude de bénévoles s'affairant aux dernières retouches de leur char respectif. Il n'en est rien.

Calme plat. Enfin presque, puisque que Gaston est là. L'indéracinable Gaston, le seul avec Jean-Marc Sprenger, le président du carnaval de Mulhouse, à s'atteler encore à la tâche. Agrafeuse, pinceau ou chiffon à la main il passe de char en char, une dizaine en tout, qui défileront bientôt dans les rues de Mulhouse.
 
Gaston aux ateliers du carnaval de Mulhouse / © Vincent Lemiesle, France 3 Alsace
Gaston aux ateliers du carnaval de Mulhouse / © Vincent Lemiesle, France 3 Alsace


Gaston, fidèle au poste

Quatorze ans qu'il vient ici tous les jours, Gaston. Le temps de voir que le choses ont bien changé: "Dans le temps on avait beaucoup plus de gens qui venaient, des bénévoles, tandis qu’aujourd’hui on n’a plus personne, c’est ça qui manque aujourd’hui, la nouveauté." Cette année il a fait à lui seul la moitié des chars du carnaval de Mulhouse, alors que d'habitude il ne fait que donner un coup de main aux bénévoles des associations.

"Avant l’ambiance, c'était autrement, huit ans en arrière, c’était autre chose. Cela ne les attire plus, je ne sais pas pourquoi à Mulhouse on arrive plus à attirer le monde, les bénévoles ne viennent plus. Il y a des fois des jeunes qui arrivent et la première des choses qui demandent : combien qu’on touche ?  Mais si on est bénévole on est bénévole", explique Gaston, l'air un peu dépité. Le manque de personnels fait que les chars sont réutilisés plus souvent d'une année sur l'autre, trois ans de suite pour certains et "le public pourrait finir par se lasser."
Gaston et Jean-Marc autour d'une "wackies" mulhousienne / © Vincent Lemiesle, France 3 Alsace
Gaston et Jean-Marc autour d'une "wackies" mulhousienne / © Vincent Lemiesle, France 3 Alsace
 

Où sont les chars d'antan ?

Il y a encore cinq ou six ans il y avait une trentaine d'associations, aujourd'hui elles ne sont plus qu'une dizaine. "On dirait que ça n’intéresse plus les associations de construire les chars", fait remarquer Jean-Marc Sprenger. Pour pallier ce manque de personnel Jean-Marc fait appel à des groupes extérieurs, de Suisse ou d'Allemagne, où la tradition du carnaval est restée très dynamique. Et en plus, ils sont bon marché: "On fait venir le groupe et le char, ça nous revient beaucoup moins cher, de l’ordre de 80% moins cher que ce nous coute un char dans les ateliers de Mulhouse."

 
En fait, la construction d’un char dans les ateliers du carnaval de Mulhouse coûte entre 500 et 1.000 euros, pour un groupe ventant de l'extérieur, c'est de l'ordre de 200 euros, char et groupe compris. Pour le 66e carnaval Jean-Marc fait venir 8 chars de l'autre côté de la frontière.
 
© Vincent Lemiesle, France 3 ALsace
© Vincent Lemiesle, France 3 ALsace


"Il y a une relève mais ce ne sera plus jamais pareil"

Pour la 66e édition, malgré le manque de personnel, Jean-Marc Sprenger est arrivé à maintenir un programme de qualité, mais il déplore la désafection des associations mulhousiennes: "Je connais beaucoup d’associations mulhousiennes, comme l’école de chimie ou des périscolaires qui viennent aider, ça veut dire qu’il y a quand même une relève. Mais c’est plus comme dans le temps. Ce sera plus le carnaval comme dans le temps. C’est l’évolution…"
 

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