Haut-Rhin : 85 voitures anciennes ont fait la Montée Historique de Bourbach-le-Haut

Publié le Mis à jour le

Le bitume a chauffé ce dimanche 8 mai 2022 entre Bourbach-le-Haut et le col du Hundsruck. Pour la sixième année, 85 voitures anciennes ont sillonné cette petite route pour rappeler que, jusqu'en 1991, celle-ci accueillait une course de côte mythique comptant pour le championnat de France.

Vivez le Festival Interceltique : Le Festival Interceltique de Lorient 2022

Les véhicules anciens, voitures de course, dont certaines équipées pour la compétition, mais aussi de série, aux formes insolites pour nos yeux du 21e siècle, étaient de sortie du côté de Bourbach-le-Haut.  

Pour l'occasion, la route dite "Joffre", qui relie en trois petits kilomètres et quelques lacets ce village haut-rhinois de 450 habitants au col du Hundsruck (748 mètres d'altitude), avait été fermée afin de leur laisser toute la place.

Avec trois montées ce 8 mai au matin, et trois l'après-midi, les 85 voitures de sport ont le temps de se laisser admirer, tout en faisant la démonstration de ce qu'elles ont sous le capot.  

Tous ces véhicules sont fabriqués avant le 31 décembre 1990.

Vincent Maillard-Salins, organisateur

Car, certes, ces véhicules accusent un certain âge, 32 printemps au minimum pour avoir le droit de participer. "Tous sont fabriqués avant le 31 décembre 1990", explique Vincent Maillard-Salins, président de l'Ecurie Fondsix et organisateur de l'événement.

Mais la manière dont certains ont effectué ce trajet, avec des départs à 30 secondes d'intervalle, n'avait rien d'une promenade de santé. Bien que l'épreuve ne soit pas chronométrée, "il n'y a pas de limitation de vitesse" et "certains concurrents mettent casque et gants" précise l'organisateur.  

En outre, l'infrastructure est la même que pour une course de côte : "commissaires, directeur de course, dépanneuse, ambulance et ainsi de suite." Et ce n'est pas un hasard.  

Un hommage à l'ancienne course de côte

Car cette 6e Montée historique, (la première a eu lieu en 2015) est une forme de commémoration de l'ancienne course de côte du championnat de France, qui s'est déroulée au même endroit durant 22 ans, sous l'égide de l'association sportive automobile Mulhouse-Trois frontières.  

Cette course de côte faisait partie de "la trilogie alsacienne Bourbach-le-Haut, Fouchy et Turckheim" raconte Pierre Jeannelle. Ce passionné de sports automobiles vient d'écrire un livre sur celle de la route Joffre, organisée entre 1970 et 1991, "généralement début mai".

Durant ces vingt-deux éditions, tous les plus grands pilotes de la discipline s'y sont imposés, d'Hervé Bayard en 1970 à Daniel Boccard en 1991.   

Dans son ouvrage, Pierre Jeannelle présente chaque année sur une double page, photos, liste des vainqueurs et classement. On y apprend ainsi que lors de la première course, en 1970, le gagnant a mis 1 minute et 56 secondes pour parcourir les trois kilomètres de trajet. Et que le temps est tombé à 1 minute et 38 secondes neuf ans plus tard.    

En 1980, "la nouveauté (…), c'est que le classement se joue sur l’addition des deux meilleures montées" indique encore l'auteur. La meilleure performance a été réalisée en 1987, avec 3 minutes et 8 secondes 42 pour deux trajets.  

Dans les années 1980, Pierre Jeannelle était un spectateur régulier de cette course. Ce virus lui avait été transmis par son père qui l'emmenait déjà, tout gamin, voir divers rallyes du côté du col de Fouchy.  

Les lacets étaient même recouverts de pavés. Donc quand il pleuvait, c'était rock'n roll.

Pierre Jeannelle

A Bourbach, il se souvient que "les lacets, à l'époque, étaient même recouverts de pavés. Donc quand il pleuvait, c'était rock'n roll." Mais "comme il y a pas mal de virages, ce n'était pas une course typée comme très rapide".

Même si, selon ses estimations, "dans les petits bouts de ligne droite" quelques véhicules "faisaient plus de 200 à l'heure à certains moments."   

Il se remémore aussi la diversité de ces voitures de courses, "monoplaces comme en Formule 1, biplaces ou voitures connues comme des Porsche ou des Simca 1000 Rallye."  

"Un temps, il y a eu la mode des ailerons sur les monoplaces" raconte-t-il encore. "Ils ont pris des dimensions disproportionnées, qui leur faisaient prendre de la vitesse." Fort heureusement, la course de Bourbach-le-Haut n'a "jamais connu de gros crash, ni d'accident mortel, même s'il y avait parfois un peu de tôle froissée."  

L'actuelle Montée historique ne reprend que 2,3 kilomètres sur les trois du parcours d'origine. En effet, le départ se fait un peu plus haut, puisque durant le quart de siècle écoulé entre l'arrêt de la course et le lancement de la Montée historique, le bas du vallon s'est davantage urbanisé.     

Mais même sans chronomètre et sans vainqueur, l'événement attire encore bon nombre de passionnés de courses. Pierre Jeannelle, présent sur place ce 8 mai pour proposer son livre, peut en témoigner.    

Ceux qui se sont intéressés à son ouvrage "sont tous assez pointus" constate-t-il. "C'est vraiment un public particulier, déjà averti." Un public qui a eu grand plaisir, ce dimanche, à retrouver un peu de l'ambiance d'antan. Même sans vainqueur.