EN IMAGES - A Mulhouse, un siècle d'art contemporain roumain exposé à la Kunsthalle

La Kunsthalle, à Mulhouse, propose, jusqu'au 28 avril, "La Brique, The Brick, Caramida", une exposition d'oeuvres contemporaines roumaines. 43 artistes sont représentés à travers 54 oeuvres, toutes prêtées par le collectionneur et mécène Ovidiu Sandor.
De gauche à droite : Mi Kafchin, Alchemia 2013 Huile sur toile ; Pusha Petrov, Marsupium 2010, Impression numérique ; Adrian Ghenie, Untitled (Darwin), Huile sur toile. Crédit photo : YAP Studio
De gauche à droite : Mi Kafchin, Alchemia 2013 Huile sur toile ; Pusha Petrov, Marsupium 2010, Impression numérique ; Adrian Ghenie, Untitled (Darwin), Huile sur toile. Crédit photo : YAP Studio
Rendre à César ce qui appartient à César et les artistes roumains à leur pays d’origine : tel pourrait être le sous-titre de l'exposition "La Brique, The Brick, Cărămida", qui se tient jusqu'au 28 avril à la Kunsthalle de Mulhouse : «Ce petit pays aux confins des Balkans a produit nombre d’artistes connus hors des frontières », mais, déplore Ami Barak, le commissaire de l’exposition, on entend souvent des : «Ah bon?! Je ne savais pas; je ne savais pas que Brancusi était roumain; je ne savais pas que Victor Brauner était roumain; je ne savais pas que Andrei Cadere était roumain...»

Avec cette exposition, proposée dans le cadre de la saison France-Roumanie 2019, 43 artistes roumains, 54 œuvres, un siècle d’histoire, c’est donc l’occasion de prendre conscience de la place réelle qui revient aux artistes roumains dans le mouvement artistique européen, de prendre connaissance de "leur dynamisme et de leur talent".
 
Mi Kafchin, détail du tableau "Alchemia", 2013, Huile sur toile
Mi Kafchin, détail du tableau "Alchemia", 2013, Huile sur toile
 

Un siècle d’art roumain

L’histoire, et l'exposition, commence au début du siècle dernier avec Brancusi, "figure clé de la sculpture moderne, qui introduit la dimension abstraite. L'histoire commence aussi avec ces artistes roumains qui faisaient partie du mouvement dada, au Cabaret Voltaire à Zurich en 1916", explique Ami Barak. Parmi ces artistes qui se donnaient rendez-vous au Cabaret Voltaire, quatre étaient roumains : Marcel Iancu, Arthur Segal, tous les deux représentés dans cette exposition, Benjamin Fondane et Tristan Tzara.

Après les dadaïstes, l’exposition présente des figures affiliées  au surréalisme des années trente, comme Victor Brauner; puis dans l’immédiate après-guerre, des figures emblématiques comme Andrei Cadere (exposé au Centre Pompidou à Paris). "Ce qu’on voit aussi dans cette exposition c’est que pendant la période communiste, les artistes, non officiels, étaient dans le même état d’esprit que l’avant-garde occidentale, explique Ami Barak, après, lors de la période post-communiste on voit apparaitre de nouvelles générations, certaines marquées par l’histoire de leur propre pays, l’histoires de leurs parents et de leurs grands-parents. Cette histoire revient dans l’iconographie comme un boomerang."
 
Marius Bercea, Détail du tableau "Seasonal Capital saisonnier d’une foule itinérante", 2013, Huile sur toile
Marius Bercea, Détail du tableau "Seasonal Capital saisonnier d’une foule itinérante", 2013, Huile sur toile
 

Et aujourd'hui  ?

Le plus connu des artistes peintres d’aujourd’hui, et le plus coté, c’est Adrian Ghenie, de l’école de Cluj, représenté dans cette exposition par une Huile sur toile de 2014.
 
Adrian Ghenie, détail du tableau Untitled (Darwin) / Huile sur toile. Crédit photo : YAP Studio
Adrian Ghenie, détail du tableau Untitled (Darwin) / Huile sur toile. Crédit photo : YAP Studio

Deux jeunes artistes roumains, Pusha Petrov et Alex Mirutziu, en résidence à la Kunsthalle ont produit des oeuvres spécialement pour cette exposition : "Ils continuent cette façon d’être libre d’esprit et d'avoir gagné et assumé tous ces changements comme tous les artistes du  monde entier."
 
Pusha Petrov, détail de Marsupium 2010 Impression numérique. Crédit photo : YAP Studio
Pusha Petrov, détail de Marsupium 2010 Impression numérique. Crédit photo : YAP Studio
 

Ovidiu Sandor, un collectionneur altruiste

Ovidiu Sandor, collectionneur et mécène, à qui appartient l’ensemble des pièces présentées à la Kunsthalle, s’intéresse à toute cette lignée d’artistes roumains qui ont participé aux grands mouvements de ces cents dernières années: "Ma collection est une collection privée mais je la partage avec les gens à travers les expositions car je pense que l’art est quelque chose que tout le monde devrait pouvoir approcher et apprécier. Je ne pense pas que ma collection doive rester chez moi et ça fait partie du plaisir du collectionneur que de pouvoir partager."

 
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