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Parents et bébés Erasmus: portrait d'une famille européenne

La famille Macor, symbole d'une Europe ouverte vers l'avenir / © Bernard Stemmer, France 3 alsace
La famille Macor, symbole d'une Europe ouverte vers l'avenir / © Bernard Stemmer, France 3 alsace

Lionel, Français d'origine italienne, et Katja Macor, Allemande,  se rencontrent il y a  20 ans lors d'une année Erasmus, à Florence. Ils font aujourd'hui vie commune à Freiburg, en Allemagne, avec leurs deux enfants. Portrait de cette famille, aux trois nationalités, qui vit l'Europe au quotidien.

Par vincent.lemiesle

Il était une fois deux étudiants Erasmus, qui se rencontrent en l'an de grâce 1997, dans la belle cité toscane de Florence. Lui, Lionel, parisien né de parents italiens, en dernière année d’école d'ingénieur en bâtiment. Elle, Katja, originaire du nord de l’Allemagne, en étude de droit. Entre eux deux, la bonne fée Erasmus opère.
 
Photo de Lionel et Katja en 1997, lors de leur séjour Erasmus à Florence / © Document remis
Photo de Lionel et Katja en 1997, lors de leur séjour Erasmus à Florence / © Document remis

C'est dit, ils vont vivre ensemble et fonder une famille. Mais où ? "On a choisi de nous établir à Freiburg, à proximité de la frontière française, ça permettait à ma femme d’exercer son métier d’avocat en Allemagne et moi de travailler en France." explique Lionel Macor.
 

Des bébés Erasmus

De leur union nait 2 enfants, âgés aujourd'hui de 10 et 7 ans. Raphaël et Marie ont 3 nationalités, française, allemande et italienne par leur père, et parlent 3 langues. "C’est enrichissant. A table, on parle toutes les langues. Parfois, je ne réalise même pas dans quelle langue on parle. On parle aussi italien avec la grand-mère qui habite à Paris", explique Katja. "On s’est connu grâce à Erasmus, alors, nos enfants sont des bébés Erasmus, comme on dit. Sommes-nous pour autant des symboles ? je ne pense pas: on connait beaucoup de couples Erasmus, pour nous c’est normal".
 
A la maison ,chez les Macor, on parle allemand, français et parfois italien. / © Bernard Stemmer, France 3 Alsace
A la maison ,chez les Macor, on parle allemand, français et parfois italien. / © Bernard Stemmer, France 3 Alsace

Normal ? Lionel le pense aussi, lui qui passe la frontière tous les jours pour aller travailler. Toute sa carrière s'est tracée à ce jour à Mulhouse, au sein de l’entreprise Galopin. Il commence en 2002 d’abord comme salarié, puis comme actionnaire et dirige maintenant l'entreprise : "Je ne me vois pas habiter ailleurs qu’à Freiburg où je me sens vraiment très bien et je ne me vois pas déplacer non plus le siège de l’entreprise, d’autant que chez Galopin,  il y a un peu cette culture alsacienne du travail qui se rapproche de la culture allemande."

Quand il part travailler, dans sa voiture, Lionel dit écouter les infos allemandes côté allemand puis les infos françaises côté français. "La notion de frontière, je ne la ressens pas: je switche du français à l’allemand et de l’allemand au français naturellement." 
 
Lionel fait le trajet tous les jours en voiture entre Mulhouse, où il travaille, et Freiburg où il vit. / © Bernard Stemmer, France 3 Alsace
Lionel fait le trajet tous les jours en voiture entre Mulhouse, où il travaille, et Freiburg où il vit. / © Bernard Stemmer, France 3 Alsace


Un européen convaincu

Lionel, l'Europe, il la vit au quotidien. Impensable, pour lui, de revenir en arrière dans la construction de l'Union Européenne. "Je pense que c’est le seul avenir possible pour que mes enfants puissent avoir leurs mots à dire demain. Le choix est devant nous, entre accepter d’avoir une Europe forte politiquement, qui puisse échanger à égalité avec les Etats-Unis, la Chine et la Russie ; soit de devenir un pays satellite d'un de ces pays." 
 
A l'entrée du domicile de la famille Macor, flotte le drapeau européen. / © Bernard Stemmer, France 3 Alsace
A l'entrée du domicile de la famille Macor, flotte le drapeau européen. / © Bernard Stemmer, France 3 Alsace

Pour les élections européennes Lionel, qui a les trois nationalités, allemandes, françaises et italiennes, comme ses enfants, a la possibilité de voter soit en France, soit en Allemagne, soit en Italie. Cette année, il a décidé de voter en Allemagne: "Je pense que c’est les Allemands qui ont les clés de l’avenir de l’union européenne en fonction de leur choix d’être solidaire ou pas avec les autres pays. S'ils font le choix d’une Europe plus solidaire avec des transferts de richesse des pays riches vers les pays pauvres, là, on pourra bâtir une union européenne possible pour tous les pays membres."
 
Katja et Lionel lors de leur participation à la course "Run for Europe", le 19 mai 2019 / © Bernard Stemmer, France 3 alsace
Katja et Lionel lors de leur participation à la course "Run for Europe", le 19 mai 2019 / © Bernard Stemmer, France 3 alsace
 

Run for Europe

"Après mon inquiétude par rapport à l’élection présidentielle en France de 2017, ayant des enfants franco-allemands, je me suis dit, il faut vraiment que je fasse quelque chose pour leur avenir". Lionel, coureur de fond averti, pense alors à une course qui traverserait l’Europe. L’idée est née en février 2017 en pleine campagne électorale. Baptisée "Run for Europe",  la course, rallie Breisach en Allemagne à Neuf-Brisach, en France. Elle a réuni entre les deux tours de l’élection présidentielle près de 2.000 personnes, françaises et allemandes. "L’objectif était atteint, et depuis on l’a fait une 2e fois et une 3e fois hier [le dimanche 19 mai]. C’est devenu une tradition, on va essayer de continuer pour l’année prochaine". Rendez-vous est donc pris pour une nouvelle édition de la course en 2020.

Le reportage de France 3 Alsace
 
Bébé Erasmus
Lionel et Katja se sont rencontrés il y a  20 ans lors d'une année Erasmus, à Florence. Ils se sont installés à Freiburg, en Allemagne, avec leurs deux enfants. Portrait de cette famille, aux trois nationalités, qui vit l'Europe au quotidien.

 

Erasme, l'Européen

Qui était celui qui a donné son nom au programme européen ERASMUS ? Pour la ville de Rotterdam, dont il est originaire, le philosophe est considéré comme une icône de la tolérance. Erasme, de son vrai nom Geert Geerts, né en 1466, parcourt l’Europe entre 1499 et 1514. Durant cette période, il partage son temps entre l’Angleterre, l’Italie, et la France où il rencontre de nombreux humanistes. Il séjourne ensuite plusieurs années à Bâle où il publie la majeure partie de son œuvre dont "L’éloge et la folie", une fiction burlesque et allégorique où il critique violemment théologiens, moines et membres du haut clergé. En 1529 il s’installe à Fribourg-en-Brisgau où il écrit son dernier ouvrage, "L’Ecclésiaste". Il meurt le 12 juillet 1536 à Bâle.
Erasme, qui a milité pour la paix en Europe, avait pour devise: "Le monde entier est notre patrie à tous".
 

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