TEMOIGNAGE. "Des Tchétchènes, des Tatars sont massés à la frontière" : trois Français racontent l'exode des Russes pour éviter la guerre en Ukraine

Publié le Mis à jour le
Écrit par Toky Nirhy-Lanto .

Michel, Stéphane et François sont sur la route de la Corée du sud, depuis plus d’un an. En voiture, les frères Philippe, trois Alsaciens, traversent actuellement le Kazakhstan. Le pays fait partie de ceux qui accueillent les Russes fuyant la mobilisation pour l'Ukraine. Témoignage.

Un an et cinq mois qu’ils ont quitté l’Alsace, destination la Corée du sud ! Les frères Philippe sont partis avec l'objectif d'atteindre, en voiture, le pays de leurs origines. Objectif : se réapproprier leurs racines et produire des documentaires.

Ils se trouvent actuellement au Kazakhstan, pays frontalier de la Russie. En ce moment, ce pays appelle à la mobilisation partielle des réservistes, pour les envoyer au front en Ukraine. 

Certains choisissent de fuir dans les pays voisins, notamment en Géorgie et au Kazakhstan. Les trois Alsaciens partis d'Uffholtz (Haut-Rhin) ont rencontré des dizaines d’entre eux. 

Des frontières assaillies en Géorgie

Les frères Philippe ont déjà traversé treize pays, au cours de leur périple. Certaines frontières traversées leur laissent pourtant des émotions particulières. "Entre la Géorgie et la Russie, on a croisé dans l'autre sens beaucoup de Russes venant de Volgograd, de Moscou, des orthodoxes. Habituellement, il n'y a que des camionneurs à cette frontière, mais là, en Ossétie, la province située entre les deux pays, ils fuyaient le pays pour éviter la mobilisation générale", se souvient Michel. 

Le pays est l'un de ceux qui accueillent les Russes qui manifestent leur opposition à la guerre en Ukraine. Pendant ce temps, les trois frères continuent leur périple.  Pour atteindre leur but, ils continuent leur voyage à travers la Russie, direction le Kazakhstan. 

Au Kazakhstan, 65 heures d'attente

Avant d'entrer dans le pays, ils sont sidérés par les scènes observées. "À la frontière entre la Russie et le Kazakhstan, nous avons attendu 65 heures. Normalement, ça prend une heure ou deux. Nous avions des doutes au début car il y avait une coïncidence avec le début des vacances. Cette frontière est située dans les montagnes et est difficile d’accès. Nous sommes désormais sûrs à 100% que le monde massé aux frontières s’explique par l’ordre de mobilisation", continue le plus jeune des trois frères.

Même situation qu'à la frontière géorgienne : "Des Tchétchènes, des Tatars ou encore des personnes du Daghestan sont massés à la frontière. Il s’agit d’ethnies minoritaires de Russie, principalement musulmanes. Nous leur avons parlé. Ils ont du stress et un sentiment d’urgence particulièrement pour les hommes, qui ont peur que les frontières se referment à tout moment ou d’être enrôlés de force", se souvient Michel.

L'heure du soulagement

Les trois frères passent finalement la frontière, avec beaucoup de patience. Non sans avoir eu quelques appréhensions, notamment au moment de passer les contrôles russes : "on pensait avoir des difficultés à passer les frontières avec la Russie, au vu de notre nationalité, mais ce n’était pas le cas". 

Des imprévus qui ne les découragent pas les trois frères. Ils prévoient de continuer leur voyage, en allant dans les républiques d’Asie centrale. Au programme des jours à suivre : le Kazakhstan, l'Ouzbékistan et le Kirghizistan. Des étapes où ils comptent s’attarder le temps de l’hiver et du printemps. Avant d’espérer atteindre la Corée du sud "en passant par Vladivostok et en prenant ensuite le bateau", l’été prochain. 

Les frères Philippe partagent leur périple sur les réseaux sociaux, à commencer par Instagram et aussi Youtube. 

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