Cet article date de plus de 4 ans

Les infirmiers et autres personnels hospitaliers en grève mardi pour crier leur "ras-le-bol"

Les infirmiers, aides-soignants, et d'autres personnes hospitaliers sont appelés à la grève mardi partout en France. La mobilisation va également concerner des établissements de Champagne-Ardenne.
Une "vague blanche" en perspective ? Les infirmiers, mais aussi les aides-soignants, les agents administratifs et autres personnels hospitaliers sont appelés à se mobiliser mardi contre la dégradation de leurs conditions de travail et les pressions budgétaires, sources d'un "ras-le-bol" grandissant, selon leurs syndicats.

Cette journée de grève nationale décidée par l'intersyndicale FO-CGT-SUD de la fonction publique hospitalière, à laquelle se sont greffées la CFTC et près d'une vingtaine d'organisations d'infirmiers salariés et libéraux, doit s'accompagner de rassemblements partout en France.

"Cela ne peut plus durer"

"Les conditions de travail des salariés se dégradent considérablement", explique Mireille Stivala, secrétaire générale de la fédération CGT "santé et action sociale". "Cela ne peut plus durer".

"On est en compression budgétaire permanente depuis une dizaine d'années", renchérit Jean Vignes, son homologue de SUD Santé Sociaux.

"Il y a vraiment une exaspération prégnante à l'hôpital, partagée" par toutes les catégories de professionnels, souligne Denis Basset (FO), rappelant que l'intersyndicale de praticiens Avenir Hospitalier, entre autres, soutient le mouvement.


Fermetures de services, manque de personnels, accroissement de l'activité, course à la rentabilité : les facteurs contribuant au mal-être, voire à l'épuisement des personnels, sont nombreux, selon leurs représentants.

Cet été, les suicides plusieurs soignants cet été, dont deux infirmières de la région de Reims, ont mis en lumière un malaise profond selon l'intersyndicale qui affirme que les drames "se multiplient", certains restant "sous silence".

Une mobilisation des personnels est notamment prévue à Vitry-le-François et à Saint-Dizier.

Jusqu'ici, la ministre Marisol Touraine a été relativement épargnée par la grogne du secteur public, malgré la situation "explosive" dénoncée par les syndicats. Une grogne qui s'est surtout traduite par des mouvements de grève catégoriels ou locaux.

Interrogée dimanche soir sur BFMTV concernant la mobilisation, Mme Touraine a rappelé que "depuis 2012, l'hôpital c'est 10 milliards d'euros de plus", et que "les infirmières, par exemple, ont eu des revalorisations qui vont de 250 à 500 euros par an".

Elle a aussi souligné qu'il y avait eu sur la même période "des postes en plus" avec "31 000 soignants de plus à l'hôpital : 26 000 infirmières, 3 000 médecins, 2 000 aides-soignantes".

Pour autant, a-t-elle ajouté, "je sais que des efforts considérables sont portés et que les conditions de travail sont parfois difficiles".

"Je suis très attentive à ce qu'on mette en place des moyens d'accompagner au quotidien les professionnels de santé à l'hôpital", a ajouté la ministre, rappelant qu'elle "annoncera autour de la fin du mois une stratégie d'ensemble" en ce sens.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
mouvement social économie social