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Centrale de Fessenheim : fermeture confirmée

La ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Delphine Batho, a réaffirmé la volonté du gouvernement de fermer la centrale

Par Régions

"L'engagement du président sera tenu, Fessenheim fermera le plus tôt possible,
dans des conditions techniquement et socialement responsables qui permettent de garantir la sécurité électrique, la reconversion du site et la préservation des emplois" a déclaré la ministre sur France Info.

Un calendrier sera discuté lors du débat sur la transition énergétique à partir de cet automne. Le calendrier précis sera discuté lors du débat sur la transition énergétique, qui doit démarrer cet automne et durer plusieurs mois, selon Delphine Batho.

 

Fessenheim sera fermé (ministre) le 7/09

La ministre de l'Ecologie et de l'Energie Delphine Batho a réaffirmé vendredi la volonté du gouvernement de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim selon un calendrier qui sera discuté lors du débat sur la transition énergétique à partir de cet automne.  "L'engagement du président sera tenu, Fessenheim fermera le plus tôt possible, dans des conditions techniquement et socialement responsables qui permettent de garantir la sécurité électrique, la reconversion du site et la préservation des emplois", a déclaré la ministre sur France Info.  "Le calendrier précis sera discuté lors du débat sur la transition énergétique", qui doit démarrer cet automne et durer plusieurs mois, a ajouté Delphine Batho.

EELV "satisfait" (Magnen)
Le porte-parole national d'Europe Ecologie-Les Verts, Jean-Philippe Magnen, a exprimé
vendredi la satisfaction du mouvement après l'annonce par la ministre de l'Ecologie et de l'Energie Delphine Batho de la future fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin).  "On ne peut que se satisfaire de cette annonce qui va dans le bon sens", a déclaré M. Magnen, lors d'une visite du site de Notre-Dame-des-Landes avec d'autres responsables d'EELV, opposé au projet d'aéroport sur ce site.

La CFDT "choquée" par le "déferlement médiatique"

La section CFDT de la centrale nucléaire de Fessenheim s'est dite samedi  8 septembre "choquée" par le "déferlement médiatique" qui a accompagné mercredi un incident survenu à la centrale, qui a fait deux blessés légers parmi les salariés.  "Les salariés ont été choqués pour plusieurs raisons", affirme la CFDT dans un communiqué, évoquant la publication par les médias d'"informations erronées et non avérées".  "Les toutes premières diffusions allaient jusqu'à évoquer des +morts+ lors d'un incendie alors qu'il s'agissait de deux salariés irrités au bout des doigts lors d'un dégagement de vapeur".

Le syndicat pointe également la "disproportion du temps accordé aux reportages sur Fessenheim au regard des quelques secondes accordées pour évoquer la mort de deux salariés à Gandrange", un accident du travail survenu le même jour en Moselle.  Ce décalage "nous a laissé un profond malaise", écrit la CFDT, qui regrette "un déferlement médiatique sans commune mesure" et appelle les journalistes à ne pas tomber dans le "sensationnel".

L'incident de mercredi à Fessenheim, qui selon les autorités n'a pas eu de conséquence sur l'environnement, a suscité un intérêt médiatique considérable - y compris au niveau international - déclenché en grande partie par le fait qu'une cinquantaine de pompiers avaient été dépêchés sur place par mesure de précaution.  Dans un premier temps, un incendie avait été évoqué. La direction de la centrale avait été injoignable pendant plus d'une demi-heure. (...) AFP

200 à 300 manifestants anti-nucléaires (08/09)

Samedi (8 septembre), 200 à 300 manifestants anti-nucléaires, selon les organisateurs, se sont une nouvelle fois réunis à Fessenheim pour demander un calendrier précis de fermeture. A ce propos, la ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Delphine Batho, a précisé vendredi que le calendrier serait discuté lors du débat sur la transition énergétique à partir de cet automne.

"Il faut fermer dès cette année, et en tout cas au plus tard en juin prochain", a déclaré à André Hatz, de l'association Stop Fessenheim, qui organisait la manifestation de samedi. M. Hatz faisait référence à la date fixée par l'Autorité de sûreté nucléaire à l'exploitant EDF pour qu'il procède à de coûteux travaux de renforcement de la sécurité de la centrale, sous peine de ne plus être autorisé à la maintenir en activité. "Si la fermeture n'est pas décidée d'ici là par le gouvernement, ils feront les travaux et ensuite ils voudront continuer l'exploitation pour justifier leurs investissements", a craint le militant anti-nucléaire.

Les manifestants étaient venus samedi soutenir une poignée de militants qui ont traversé toute la France à vélo, depuis la Bretagne, pour exiger la fermeture de Fessenheim. Les cyclistes sont partis de Plogoff (Finistère), où les écologistes s'étaient battus avec succès entre 1976 et 1981 pour empêcher la construction d'une centrale nucléaire.

Deux personnes légèrement brûlées le 5/09

Les deux victimes sont des employés de la centrale. "Légèrement brûlées à travers leurs gants" selon le porte-parole d'EDF après "un dégagement de vapeur qui a sans doute déclenché les systèmes incendie".

"Il n'y a pas eu d'incendie, pas de mort et deux collègues ont été lègèrement blessés", a indiqué un représentant de la CGT à la centrale, Jean-Luc-Cardoso. "Il y a eu un dégagement de vapeur d'eau oxygénée produit suite à l'injection dans un réservoir de péroxyde d'hydrogène qui a réagi avec de l'eau", a ajouté un porte-parole d'EDF. "C'est un problème lors d'une opération de maintenance" qui a eu lieu "dans des bâtiments auxiliaires de la zone nucléaire, mais pas dans le bâtiment du réacteur".

L'incident s'est produit vers 15h, les pompiers du Haut-Rhin sont aussitôt intervenus, avec une cinquantaine d'hommes sur place.

"L'incident de nature chimique ne présente pas d'enjeu de sûreté", a réagi dans un communiqué le ministère de l'Ecologie,du Développement durable et de l'Energie. La ministre, Delphine Batho, s'est immédiatement entretenue avec l'Autorité de sûreté nucléaire qui lui a confirmé que "cet incident est sans enjeu de sûreté", souligne le ministère. Mme Batho a demandé à EDF, exploitant de la doyenne des centrales françaises et à l'ASN "un rapport complet sur cet événement qui sera rendu public".

Alain Jund et Jacques Fernique (Europe Ecologie les Verts Alsace) dans un communiqué commun ont déclaré : "Un énième incident s’est déclaré à la centrale nucléaire de Fessenheim. Ce n’est ni le premier (loin de là), souhaitons que ce soit le dernier. Cet incident intervient au moment même où les associations antinucléaires d’Alsace étaient reçues au Ministère de l’Ecologie pour obtenir des garanties sur le processus de fermeture et à la veille d’une opération de communication par la CGT de cette même centrale invitant des élus signataires de l’appel à la fermeture."

François de Rugy, coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, a déclaré que l'incident à la centrale venait "rappeler à tout le monde qu'il y a un danger avec le nucléaire". "Cette nouvelle vient rappeler à tout le monde, à tous ceux qui croyaient qu'avec le nucléaire il n'y avait pas de problème de sécurité, qu'il y a toujours un danger", a déclaré M. de Rugy, tout en restant "prudent" en attendant davantage d'informations. "François Hollande a pris un engagement de fermer Fessenheim, cet engagement, il faut qu'il soit tenu", a ajouté le coprésident du groupe EELV à l'Assemblée nationale. (Avec AFP).

Bockel n'a "pas changé d'avis"

Le sénateur du Haut-Rhin Jean-Marie Bockel a redit jeudi que la centrale nucléaire de Fessenheim, où un incident a fait la veille deux blessés très légers, est une des plus sûres de France, ajoutant que vouloir la fermer relève de l'idéologie.

Interrogé par Europe 1 sur une déclaration de 2011 ("Fessenheim est une des centrales les plus sûres de France"), l'ancien ministre du gouvernement Fillon et président du mouvement Gauche Moderne a déclaré: "Je n'ai pas changé d'avis".  Pour le sénateur du département où se trouve Fessenheim, l'incident de la veille "n'a rien à voir avec la dimension nucléaire de la centrale".  Il a jugé "totalement idéologique" la perspective de la fermer, alors que le président François Hollande s'est engagé à le faire au cours de son quinquennat.  "Des incidents, dans les centrales nucléaires qui sont les usines de France les plus surveillées, il y en a, pas tous les jours, mais presque", a observé M. Bockel.

"Non, je ne suis pas d'accord pour la fermer", a-t-il lancé. "Fessenheim peut faire fonctionner ses réacteurs au moins dix ans de plus", moyennant des investissements de l'ordre de 200 millions d'euros.  Rappelant avoir fait partie de la mission parlementaire post-Fukushima, il a déclaré: "Sur Fessenheim, tout avait été prévu, y compris le risque sismique, puisque nous sommes dans une zone sismique moyenne".  Il est en revanche favorable au développement des énergies alternatives et juge que "la part du nucléaire a vocation à, progressivement, être moindre".  L'élu considère, comme le ministre Arnaud Montebourg, que le nucléaire "est une filière d'avenir", "et tout propos différent serait démagogique".  "Fessenheim est un symbole idéologique alors que sur le plan de la sécurité, on sait exactement ce qu'il faut faire pour que cette plus vieille centrale de France reste, comme elle l'est aujourd'hui, la plus sûre", selon M. Bockel. AFP

Réaction d'associations alsaciennes

Ce 5 septembre 2012, nos trois associations ont rencontré un conseiller technique de Madame Delphine BATHO, Ministre de l'Ecologie, pour rappeler les dangers que la centrale nucléaire de Fessenheim fait peser sur les populations et exiger la communication d'un calendrier pour la fermeture rapide et définitive de cette centrale. Elles ont également demandé à avoir dorénavant un droit de suivi sur les interventions exigées par l'ASN, de faire partie du comité de pilotage pour la fermeture et ont communiqué au ministère des pistes pour la reconversion du site.


Elles ont constaté beaucoup de flou, puisqu'à ce jour la seule initiative prise par le ministère concernerait une étude portant sur l'approvisionnement électrique régional, dont l'échéance n'est pas encore annoncée. Alors que Fessenheim est parfois à l'arrêt pendant des mois (nombreuses pannes, maintenance, visites décennales...) sans que cela n'affecte notre approvisionnement. Les deux réacteurs ont été notamment arrêtés simultanément du 30 juillet au 6 novembre 2011.


La décision de fermeture irrévocable promise par le Président Hollande a toutefois été confirmée. En l'occurrence, nos associations ont alerté le ministère sur le fait que les travaux exigés par l'ASN (échéance 2013) engendreraient des dépenses considérables, ce qui serait une aberration au moment où notre pays doit faire des économies, puisque la centrale est d'ores et déjà vouée à la fermeture !

Or, peu après la sortie du ministère, nous apprenons par les medias qu'un accident a eu lieu à Fessenheim. "Accident", car, évidemment, la décence n'autorisera plus EDF à parler "d'incident", lorsque la chair de ses salariés est meurtrie. Ceci est le 24éme événement comptabilisé depuis la remise en service du réacteur n°2 le 6 mars 2012 : depuis plusieurs années, la centrale alsacienne chiffre trois fois plus de problèmes que les autres unités françaises. Faudra-t-il qu'il y ait un jour des morts, pour que le Gouvernement et le Président de la République aient le courage d'arrêter cette exploitation dont les risques sont connus et dénoncés ? Déjà plus de 130 communes et collectivités d'Alsace, de Franche-Comté, d'Allemagne, de Suisse, ont voté des motions pour obtenir cette fermeture immédiate (et non en 2017, fin du mandat présidentiel).

Le "problème Fessenheim" dépasse nos frontières, la radioactivité ne s'arrêtant pas au Rhin, comme nous le savons depuis Tchernobyl. Les associations invitent les populations d'Alsace à interpeller leurs élus pour rendre rapidement réelle cette fermeture. Au Japon, il a suffi de 14 mois pour fermer 54 réacteurs...

CSFR (Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin),  Stop Fessenheim
 et Stop Transports – Halte au Nucléaire.

Réactions de Greenpeace et Sortir du nucléaire

Les organisations Greenpeace et Sortir du nucléaire ont exigé la fermeture rapide de la centrale nucléaire de Fessenheim, suite à un incident chimique ayant fait deux blessés légers mercredi dans l'enceinte de l'installation.

Dans un communiqué, Greenpeace "demande un blocage des travaux prévus par EDF et un calendrier précis de fermeture". Pour le réseau Sortir du nucléaire, "la centrale doit être fermée d'urgence". "Ce n'est pas dans cinq ans qu'il faut fermer Fessenheim mais immédiatement", écrit l'organisation.

Le président François Hollande s'est engagé durant la campagne électorale à fermer cette centrale d'ici à 2017. L'installation, la plus vieille en exercice en France, aura alors quarante ans. Des travaux s'élevant à plusieurs millions de travaux ont été recommandés par l'Agence de sûreté nucléaire pour rendre cette centrale plus sûre. Les deux organisations rappellent qu'un autre incident est survenu récemment à Fessenheimlorsqu'un incendie s'est déclaré le 25 avril. "Il s'agissait d'un départ de feu sur l'alternateur du réacteur n°2 de la centrale", souligne Greenpeace pour qui "il est important de déterminer aujourd'hui s'il s'agit de la même pièce qu'en avril".

Pour Greenpeace, "la question fondamentale qui se pose au regard de ces incidents est la suivante: allons-nous continuer à essayer de maintenir en vie une centrale manifestement dangereuse en dépensant des centaines de millions d'euros ou allons-nous enfin nous décider à fermer Fessenheim"? "Investir des millions d'euros dans des travaux colossaux et qui resteront dans tous les cas insuffisants n'a aucun sens", juge également Sortir du nucléaire. Un porte-parole d'EDF a indiqué mercredi que deux agents avaient été "légèrement brûlés à travers leurs gants", suite à un incident lié à la manipulation d'un produit chimique, et non à un incendie. Le directeur de la centrale exploitée par EDF, Thierry Rosso, a expliqué qu'il s'agissait d'un "accident du travail, pas d'un accident nucléaire", écartant tout "impact environnemental". AFP

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