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La sonde russe Phobos-Grunt est perdue

© © Roscosmos.
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Un laboratoire de l'Université de Reims (GSMA) a participé à l'élaboration de ce projet.

Par LG / AFP

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Espace : La sonde russe Phobos-Grunt est perdue

Un laboratoire de l'Université de Reims (GSMA) a participé à l'élaboration de ce projet. Elle devait rejoindre Phobos au printemps 2013 et ensuite rapporter des échantillons sur Terre. La précieuse récolte devait rejoindre notre planète 3 ans après le début de la mission.

C'est donc le Groupe Spectrométrie Moléculaire et Atmosphérique de l’Université de Reims (GSMA) qui a participé à l’élaboration de ce projet.

Mais la sonde russe Phobos-Grunt lancée mardi et qui avait échoué à prendre sa trajectoire vers Mars peut être considérée comme "perdue". Les efforts pour en reprendre le contrôle à distance ayant échoué.

L'objectif de cette mission interplanétaire : élucider l'origine de Phobos, une des deux lunes de Mars.

Elle devait rejoindre Phobos au printemps 2013 et ensuite rapporter des échantillons sur Terre. La précieuse récolte devait rejoindre notre planète 3 ans après le début de la mission. Les scientifiques attendaient beaucoup de cette collecte de roches ; ils espèraient grâce à elle découvrir l'origine de Phobos, savoir d'où vient cette lune, et mieux connaître l'environnement martien.

>> Voir la réaction de Georges Durry, Directeur CNRS-Groupe de Spectrométrie Moléculaire et Atmosphérique (GSMA) > Cliquez ici.

Le Groupe Spectrométrie Moléculaire et Atmosphérique (GSMA), de l'Université de Reims, a contribué à la réalisation du Spectromètre Laser (GAP-TDLAS : Tunable Diode Laser Absorption Spectrometer). L'IAS a fourni les caméras et le microscope visible. Il a fourni, début 2011, le microscope IR avec la participation du LESIA et d'IKI. Le LATMOS, situé, en région parisienne, a contribué à la réalisation du chromatographe en phase gazeuse (GAP-GC : Gas Chromatograph) et participé au développement de l'instrument TIMM 2 et à la conception de l'instrument Planetary Ion Sensor.

Toutes les tentatives de recevoir des données télémétriques de Phobos-Grunt et d'activer son système de commande ont échoué. On peut considérer la sonde comme perdue.

Toutes les tentatives d'entrer en relation avec la sonde avaient échoué, mais il est peut-être encore trop tôt pour la considérer comme définitivement perdue, des efforts étant encore entrepris. « Ce n'est qu'au moment où la sonde entrera dans les couches denses de l'atmosphère que l'on pourra l'enterrer ».

Une commission va prochainement enquêter sur les causes de la perte de cet appareil.

Même si la sonde, restée en orbite, elle devrait retomber sur la Terre dans deux à trois semaines.

Les appareils d'observation vont suivre les changements de sa trajectoire pour prévoir à temps le lieu probable de sa chute.

Phobos-Grunt a été lancée dans la nuit de mardi à mercredi par une fusée Zenit depuis le cosmodrome russe de Baïkonour, au Kazakhstan. Mais elle est restée en orbite autour de la Terre au lieu d'être propulsée par ses moteurs additionnels vers Phobos, un satellite de Mars, et les spécialistes russes tentaient depuis lors d'en reprendre le contrôle à distance pour lui faire prendre sa trajectoire.

L'échec de cette sonde signifie aussi celui de la première mission de la Chine vers Mars, car Phobos-Grunt devait mettre en orbite autour de la planète rouge le satellite Yinghuo-1, qui devait en étudier la surface et le champ magnétique.

Phobos-Grunt était la première tentative de la Russie de procéder à une mission d'exploration interplanétaire depuis l'échec en novembre 1996 de la sonde Mars 96, qui était retombée dans l'océan Pacifique.

>>  Voir les principales étapes du projet (cliquer ici)

>>  "Une sonde russe emporte 6 expériences françaises vers Phobos, une lune de Mars" (Communiqué du CNRS).

La déception est très grande devant la perspective (cependant non confirmée officiellement pour l'instant !) d'une perte de la sonde Phobos-Grunt, puisque cette mission spatiale Russe représente pour l'équipe de planétologie du GSMA (laboratoire du CNRS, Groupe de Spectrométrie Moléculaire et Atmosphérique).Plusieurs années de travail et des perspectives scientifiques extraordinaires avec l'atterrissage sur la lune martienne, les analyses in situ et le retour d'échantillons martiens. Le spectromètre laser TDLAS avait été développé par une équipe d'ingénieurs et de chercheurs du GSMA (CNRS-Univ. De Reims) et de l'Institut de Recherche Spatiale de Moscou (IKI) avec le soutien du CNES et devait analyser in situ la composition de la roche de Phobos. A titre personnel, le spectromètre TDLAS dont j'étais le responsable scientifique représente dix années de travail, entre la proposition du concept et sa sélection et sa réalisation pour Phobos-Grunt.

En dehors de notre propre expérience qui risque de disparaitre, nous sommes très tristes pour toute cette science qui pourrait être perdue (et tous les efforts humains consentis) étant donné que Phobos Grunt emportait une quarantaine d'instruments et un orbiteur chinois. Nous sommes surtout peinés pour nos collègues et amis Russes qui ont attendu quinze ans une nouvelle opportunité de mission martienne depuis l'échec de Mars 96.

Cependant, tout ceci n'a pas été fait en vain car les développements techniques réalisés trouveront  d'autres applications, par exemple pour l'étude de l’atmosphère de la Terre. De plus, des liens forts se sont noués avec les équipes Russes et nous continuerons à collaborer avec eux en espérant des jours meilleurs dans le cadre de futures missions lunaires et vénusiennes.

Georges Durry, Pr1

Directeur

CNRS-Groupe de Spectrométrie Moléculaire et Atmosphérique (GSMA)

Les laboratoires impliqués dans Phobos-Grunt

GSMA  : Groupe Spectrométrie Moléculaire et Atmosphérique (Université de Reims, CNRS)

IAS : Institut d'Astrophysique Spatiale (CNRS, Université Paris Sud ; Orsay)

LATMOS : Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales (CNRS, Université Versailles Saint-Quentin  et Université Pierre et Marie Curie)

LESIA : Laboratoire d'Etudes Spatiales et d'Instrumentation en Astrophysique (Observatoire de Paris, CNRS, Université Pierre et Marie Curie et Université Paris Diderot)

LISA : Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques (CNRS, Université Paris-Est Créteil, Université Paris Diderot).

Vidéo BONUS CNES


Phobos-Grunt, direction Mars en 2011 par CNES

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