Robert Galley est décédé à l'âge de 91 ans

© France 3 Champagne-Ardenne
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L'ancien maire de Troyes, ancien résistant, compagnon de la libération est décédé vendredi matin.

Par LG

Robert Galley a été député de l'Aube entre 1968 et 2002. Il a été plusieurs fois ministre (de 1968 à 1981).

Robert Galley, ancien député maire de Troyes, résistant des forces libres, fondateur du nucléaire français et ministre de plusieurs gouvernements était à 91 ans, l'une des figures les plus marquantes de la vie publique régionale et nationale.

Les obsèques de Robert Galley auront lieu jeudi matin à Troyes. Une cérémonie est également prévue aux Invalides.

Lors de la seconde guerre mondiale, ce jeune patriote de la première heure décide de se déguiser en soldat polonais pour être certain de participer au combat de la libération de la France, et rejoint, par hasard, le territoire anglais où il s'engagera, dès 1940, auprès des forces de la France Libre du Général de Gaulle. Ainsi il reviendra participer à la libération de Baccarat et à la campagne d'Alsace qui le mèneront jusqu'à la campagne d'Allemagne où, en tant que patron de la compagnie de chars, il entrera jusque dans le nid d'aigle d'Hitler.

Après ce décès, il ne reste que 26 compagnons de la Libération encore en vie.

Après la libération, le jeune homme reprend ses études et devient ingénieur, tout d'abord dans le domaine du pétrole, puis dans celui du nucléaire où ses connaissances dans les anciens réseaux résistants lui ouvrent les portes du Commissariat à l'Energie Atomique qui lui confiera la construction de l'usine de Marcoule destinée à fabriquer la première bombe atomique française.

Malgré le peu de connaissances que les français ont de cette technologie et malgré les difficultés d'approvisionnement en plutonium qu'il faut aller chercher à l'étranger, les ingénieurs seront en mesure de tester la bombe au plutonium en 1960; fort de ce succès et voulant absolument imposer l'indépendance énergique de la France, le Général de Gaulle confie la fabrication de la bombe H à Robert Galley qui la concrétisera en 1968 grâce au travail effectué dans la toute nouvelle usine de Pierrelatte.

Un registre de condoléances est ouvert au public à la Mairie de Troyes.

En tant qu'ingénieur, Robert Galley ne s'arrête pas là et veut mettre au point, grâce au Plan Calcul, des calculateurs capables d'équiper tous les ordinateurs militaires français.

Parallèlement à ses activités, l'ingénieur qui reste un patriote fidèle au général de Gaulle, organise la résistance face aux émeutes de mai 1968 en mettant en place le service d'ordre gaulliste à l'origine de la manifestation gaulliste du 31 mai qui permettra de mettre fin aux agitations contestataires. Le général de gaulle, reconnaissant, nommera Mr Galley ministre de son gouvernement, le faisant entrer dans la vie politique où il restera ministre jusque sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing.

Durant les cinq années qu'il passera au ministère de la coopération, il s'efforcera de maintenir l'influence de la France sur le continent africain où il passera plusieurs accords avec les dirigeants, comme Mobutu au Zaïre, sur l'exploitation des matières premières, pétrole, uranium et manganèse, tout en permettant aux entreprises nationales telles que Renault ou EDF, de s'implanter sur ces nouveaux marchés.

Mandats et fonctions

Au gouvernement

- 31 mai 1968 - 10 juillet 1968 : ministre de l'Équipement et du Logement du gouvernement Georges Pompidou IV

- 12 juillet 1968 - 20 juin 1969 : ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Recherche scientifique et des Questions atomiques et spatiales du gouvernement Maurice Couve de Murville

- 22 juin 1969 - 5 juillet 1972 : ministre des Postes et Télécommunications du gouvernement Jacques Chaban-Delmas

- 6 juillet 1972 - 28 mars 1973 : ministre des Transports du gouvernement Pierre Messmer I

- 5 avril 1973 - 27 mai 1974 : ministre des Armées des gouvernements Pierre Messmer II et Pierre Messmer III

- 28 mai 1974 - 25 août 1976 : ministre de l'Équipement du gouvernement Jacques Chirac I

- 27 août 1976 - 22 décembre 1980 : ministre de la Coopération des gouvernements Raymond Barre I, Raymond Barre II et Raymond Barre III

- 22 décembre 1980 - 13 mai 1981 : ministre de la Défense et de la Coopération du gouvernement Raymond Barre III

Au Sénat

2 octobre 1980 - 1er novembre 1980 : sénateur de l'Aube (départ en raison de nomination au gouvernement)

A l'Assemblée nationale

- 11 juillet 1968 - 12 août 1968 : député de la deuxième circonscription de l'Aube (départ en raison de nomination au gouvernement)
- 2 avril 1973 - 6 mai 1973 : député de la deuxième circonscription de l'Aube (départ en raison de nomination au gouvernement)
- 3 avril 1978 - 6 mai 1978 : député de la deuxième circonscription de l'Aube (départ en raison de nomination au gouvernement)
- 2 juillet 1981 - 1er avril 1986 : député de la deuxième circonscription de l'Aube
- 2 avril 1986 - 14 mai 1988 : député de l'Aube
- 23 juin 1988 - 1er avril 1993 : député de la deuxième circonscription de l'Aube
- 2 avril 1993 - 21 avril 1997 : député de la deuxième circonscription de l'Aube
- 12 juin 1997 - 18 juin 2002 : député de la deuxième circonscription de l'Aube

Commissions parlementaires 
Au niveau local

- 1970 - 1988 : conseiller général de l'Aube
- 1971 - 1972 : adjoint au maire de Troyes
- 1972 - 1995 : maire de Troyes

Décorations et distinctions

- Grand officier de la Légion d'honneur
- Compagnon de la Libération, décret du 24 mars 1945
- Croix de guerre 1939-1945, quatre citations
- Médaille coloniale

A Troyes, la place où est situé le siège de la communauté du Grand Troyes est baptisée de son nom, et fait assez rare, de son vivant.

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Hommage Robert Galley (Page spéciale 19/20) par France3-Champagne-Ardenne
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Biographie de Robert Galley par France3-Champagne-Ardenne


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Robert Galley : un homme au coeur des secrets de... par France3-Champagne-Ardenne


De Gaulle nomme Robert Galley Délégué général à l'informatique (1966), puis président du conseil d'administration de l'Institut de recherche d'Informatique et d'automatisme (1967). Il est alors surnommé "Monsieur Calcul" pour avoir assumé la paternité du plan qui devait doter la France de calculateurs électroniques à l'échelle de ses besoins. "Le gaullisme, c'est de rester fidèle à l'idéal et de savoir s'adapter aux situations nouvelles sans référence excessive au passé", aimait-il dire.
Elu maire de Troyes en 1972, toujours réélu, M. Galley passe le témoin en 1995 au jeune chiraquien François Baroin, tout en restant membre du conseil municipal, où il a été élu en 1971.

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