"Les Alsaciens, tous cousins" : un livre sur la généalogie plein d'anecdotes

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Écrit par Vincent Ballester
Parmi les illustres Alsaciennes et Alsaciens : le président Barack Obama, et J.K. Rowling, autrice de la saga Harry Potter.
Parmi les illustres Alsaciennes et Alsaciens : le président Barack Obama, et J.K. Rowling, autrice de la saga Harry Potter. © Pete Souza / Cercle généalogique d'Alsace / Warner Bros, MaxPPP

Paru le 8 octobre, l'ouvrage "Les Alsaciens, tous cousins" est le fruit de cinq années de chroniques du Cercle généalogique d'Alsace (CGA) au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA). On y trouve à foison des anecdotes sur l'histoire de la région, et des noms que l'on ne s'attend pas à trouver : de Barack Obama à Harry Potter, par exemple.

Cinq ans durant, le Cercle généalogie d'Alsace (CGA) a publié ses chroniques dans les Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA). Depuis le 8 octobre 2021, les voilà éditées dans un ouvrage : Les Alsaciens, tous cousins.

Un concentré d'histoire et de généalogie, émaillé de noms attendus comme la Miss France Delphine Wespiser ou l'incontournable Simone Veil. Mais également des patronymes bien plus surprenants, comme Barack Obama. Si ça se trouve, vous êtes sa cousine ou son cousin... de manière très éloignée, bien sûr.

Le livre est édité par La Nuée bleue, au prix de 25 euros, et il est mis en avant dans les librairies du secteur. Mais n'hésitez pas à passer au siège du CGA (41 rue Schweighaeuser, voir carte ci-dessous) pour l'acheter... et poser vos questions, voire initier vos recherches en vue de créer votre arbre généalogique.


Bertrand Rietsch, le président du CGA, a répondu aux questions de France 3 Alsace. Pour l'anecdote, via une micro-branche de son arbre généalogique datant du XIVe siècle, ce dernier descend des prestigieux comtes d'Andlau... Sachez que c'est l'exception : 99% des gens sont d'origine paysanne et ne pourront pas remonter aussi loin.

Pourquoi ce livre ?

"Déjà, l'histoire ne commence pas par le livre. Quand je suis devenu président du CGA, je me suis rendu compte qu'il n'y avait aucune notoriété. Nous n'étions connus par personne. Je me suis rapproché des DNA, et on s'est mis d'accord que nous produirions un article de généalogie toutes les deux semaines. Histoire d'avoir une vitrine, un petit peu de reconnaissance."

"Au bout de cinq années, nous avions une centaine d'articles et pensions éditer un petit opuscule interne au CGA, juste pour nous. En demandant de faire une préface à Dominique Jung, [le rédacteur en chef] qui travaillait avec nous aux DNA, ce dernier nous a dit de voir plus large. C'est là qu'a germé l'idée du livre."

Que trouve-t-on dans ce livre ?

"Les 86 chroniques qu'on a sélectionnées ont été rassemblées en chapitres. On les a classés, illustrées de cartes postales un peu surannées, ça donne un petit corpus intéressant. J'avais des amis qui me disaient découper nos chroniques dans le journal : on a fait quelque chose qui permet d'avoir la mémoire de tous ces articles parus."

Comment est venue l'idée de ce titre ?

"C'est un petit peu provocateur, tous les Alsaciens ne sont évidemment pas tous cousins. Je ne suis sans doute pas cousin avec vous, quoique [ce serait difficile car Vincent Ballester, le journaliste de France 3 Alsace écrivant cet article, est originaire du Nord-Pas-de-Calais; ndlr]. Ce titre a été trouvé par les gens de La Nuée bleue, et on l'a validé."

Ce titre est un petit peu provocateur.

Bertrand Rietsch, président du Cercle généalogique d'Alsace (CGA)

"On l'a trouvé très bien, car dans les dernières pages du livre, nous, les quatre auteurs principaux, nous sommes rendu compte que nous étions en lien les uns avec les autres [via des ancêtres communs; ndlr]. Je suis en lien avec Véronique Muller [déjà interviewée par France 3 Alsace pour un sujet généalogique; ndlr], qui est en lien avec Christian Wolff, dont la femme est en lien Jean-Claude Jacob. Alors que nous sommes d'horizons divers, qu'on ne se connaissait même pas avant." 

Qu'apprend-t-on de remarquable ?

"Des anecdotes ou des personnages illustrent chacun des grands chapitres [qui sont thématiques : histoire, religion, guerres, etc.; ndlr]. Dans le dernier quart du livre, on a réalisé des portraits de ces personnes. Celui qui est connu de tout le monde, c'est Barack Obama, originaire de Bischwiller. Il y en a d'autres qui ont des ancêtres alsaciens. C'est là-dedans que les gens se reconnaissent, en se disant par exemple : suis-je cousin de Barack Obama ? Ou d'Yves Saint-Laurent ? Françoise Sagan ? Les gens de Kogenheim, d'où elle est originaire, vont par exemple se poser la question."


"J'aime bien dire qu'Harry Potter est alsacien. Ce n'est pas une vraie personne, c'est un personnage de fiction... Mais il y a J.K. Rowling, sa 'maman', car c'est un peu elle qui l'a mis au monde d'une certaine façon : elle a des ancêtres de Brumath [lire l'article de France 3 Alsace sur l'ancêtre alsacienne de J.K. Rowling; ndlr]. C'est donc un peu la capitale internationale de la sorcellerie... C'est aussi le cas du professeur Tournesol ou de Bécassine, par leurs auteurs ou leurs modèles qui sont alsaciens."

Que peut-on dire sur les spécificités de la généalogie en Alsace ?

"Une spécificité importante, c'est la difficulté de la langue. Car on a été allemands de nombreuses fois. Cela impose une connaissance de la langue allemande, et de la façon dont ils écrivaient : les écritures gothiques, c'est un petit peu compliqué. Voilà un premier écueil assez sérieux."

"Un deuxième, ce sont les trois religions en Alsace. Depuis la naissance de l'état-civil, on n'en fait plus mention. Mais avant 1792, les religions juive, protestante, catholique sont importantes. Chez les juifs, il n'y avait pas de 'registres paroissiaux', ça peut être compliqué à remonter; et si vous trouvez un ancien contrat de mariage juif, ça peut être écrit en hébreu. Depuis Louis XIV, c'est bien inscrit - en latin - dans les tablettes pour les catholiques. Et pour les protestants, ça remonte à encore plus loin : c'est écrit en allemand." 


À qui est destiné ce livre ?

"C'est pour tous les jeunes de 7 à 77 ans, et on peut élargir jusqu'à 97 ans... C'est vraiment fait pour tout le monde, pour montrer que la généalogie n'est pas juste un recueil de dates et de lieux comme on peut imaginer. On ne se résume pas à une date de naissance et une date de mariage : ce serait 100 millions de fois trop réducteur. Il se passe bien d'autres choses dans une vie. C'est nécessaire pour identifier la bonne personne, ne pas se tromper avec un homonyme."

"La généalogie, c'est aussi une porte d'entrée vers l'histoire des gens. Savoir comment ils ont vécu, où ils ont vécu, dans quelle maison ils habitaient, quel était leur niveau social, leurs relations familiales. C'est là où on rentre dans leur vie." 

Quelle aide pouvez-vous d'ailleurs apporter aux généalogiques néophytes ? 

"C'est notre vocation. On ne va pas faire leur généalogie, mais on les aide. Notre but, c'est de donner un coup de main, les aider à lire les actes [c'est la paléographie; ndlr], être force de propositions. On a des milliers d'ouvrages consultables dans notre bibliothèque... Par exemple, la population d'Illkirch a été entièrement dépouillée par une société d'histoire : si quelqu'un y cherche sa famille, qu'il nous demande les tomes et il pourra y rechercher sa généalogie."

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