Marne : elle se bat pour ouvrir un bar-épicerie dans son village

Baptisée "A votre service", l'épicerie proposera un dépôt de pain ainsi qu'un coin bar.
Baptisée "A votre service", l'épicerie proposera un dépôt de pain ainsi qu'un coin bar.

A Thiéblemont-Farémont, près de Vitry-le-François, une habitante se démène depuis plus d'un an pour créer un bar-épicerie dans ce village de 560 habitants. Elle vient de lancer une cagnotte en ligne pour finaliser son projet et ouvrir son commerce fin janvier.

Par Isabelle Griffon

"Les gens du village sont impatients. Tous les jours, il y a quelqu'un qui me demande quand est-ce que je vais ouvrir." Adeline Nembrini, elle aussi, a hâte. D'ici quelques semaines, cette Marnaise de 37 ans va enfin concrétiser son rêve : créer une épicerie en plein cœur de sa commune. Un projet qui lui trottait dans la tête depuis une dizaine d'années. "Cela manque dans le village, il n'y a plus d'épicerie depuis au moins 25 ans", remarque celle qui s'est installée à Thiéblemont-Farémont il y a vingt ans pour y suivre son mari, originaire du village.

Dans cette commune rurale de 560 habitants, située entre Vitry-le-François et Saint-Dizier, il n'y a plus que deux commerces : une pharmacie et un restaurant. La boulangerie a fermé ses portes il y a déjà plusieurs années. Pour le pain, les habitants peuvent s'en procurer lors de la tournée matinale de la boulangère de Vitry-en-Perthois, une commune des alentours. Pour les courses du quotidien, il faut se rendre en voiture à Vitry-le-François ou à Saint-Dizier, à 15-20 minutes de route. "Mais il y a beaucoup de personnes âgées qui vivent dans la commune et qui ne peuvent se déplacer en voiture", constate Adeline Nembrini.
 

D'importants travaux

"Quand il y a plus d'un an, j'ai vu que cette maison était à vendre, j'ai sauté sur l'occasion", raconte la jeune femme. Il a ensuite fallu s'atteler à d'importants travaux pour transformer la vieille bâtisse de 75m2 en local prêt à accueillir des clients. "Tout était à refaire, du sol au plafond." Son mari l'aide et la soutient dans ce projet. Le couple fait également appel à des professionnels. Mais le budget s'annonce plus important que prévu. "Là, j'en suis à environ 45.000 euros, rien que pour les travaux "

C'est un projet qui me tient beaucoup à cœur. Avec ou sans aide, j'irai jusqu'au bout.
- Adeline Nembrini, créatrice de la future épicerie de Thiéblemont-Farémont

Il lui manque encore 1000 euros pour s'acheter le mobilier et les dernières fournitures comme la caisse enregistreuse, le meuble caisse, les tables et chaises. Et la même somme pour s'approvisionner en marchandises. Pour la seconde fois cette année, la future épicière a lancé une cagnotte en ligne pour rassembler les derniers fonds. La première n'avait pas rencontré de franc succès. Seuls 125 euros avaient été récoltés. "J'espère que celle-ci fonctionnera mieux. Car je n'ai aucune aide de la part de la commune ou de la communauté de communes, déplore-t-elle. Un petit coup de pouce aurait été le bienvenu."
 

Lutter contre la désertification rurale

Le maire du village, Christian Girardot, explique de son côté que la municipalité n'a "pas le droit de donner de l'argent à un commerce". "Il aurait fallu que ce soit la commune qui porte le projet, observe l'édile. Mais après avoir vu ici plusieurs boulangeries baisser leur rideau car elles ne s'en sortaient pas financièrement, on n'a pas voulu s'embarquer dans ce type de projet." Le maire voit pourtant d'un très bon œil l'arrivée d'un nouveau commerce dans sa commune, "un lieu où les gens pourront se retrouver et discuter".

Cette épicerie est une très bonne nouvelle, mais j'espère que la population va jouer le jeu et y faire ses courses.
- Christian Girardot, maire de Thiéblemont-Farémont

En ouvrant ce bar-épicerie, la jeune femme veut lutter contre la désertification rurale. "Cela permettrait de créer un lieu convivial pour faire revivre le village", espère celle qui a choisi ce métier pour le contact avec les gens. Située rue Laurent-Gérard, en plein centre du village, et à deux pas de la maison de retraite, ce commerce fera aussi office de dépôt de pain, puis de relais colis. "Pour les provisions, j'irai me fournir chez un grossiste au début, mais par la suite, j'aimerais travailler avec des petits producteurs locaux pour les fruits et légumes, mais aussi pour la viande", détaille l'épicière.

Ses expériences de serveuse, d'employée dans une station-service et d'agent d'entretien dans la commune seront un atout. Elle a également suivi plusieurs formations, l'une en gestion et l'autre en débit de boisson, pour laquelle elle a obtenu la licence 3, qui l'autorise à vendre des boissons alcoolisées qui ne dépassent pas les 18°. Elle pourra ainsi aménager un coin bar pour que les habitants de la commune et des alentours s'y retrouvent. Et recréer du lien social.

La cagnotte en faveur de l'épicerie de Thiéblemont-Farémont est à retrouver sur le site Leetchi.
 

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