Colère des taxis Champardennais contre les économies de la Sécurité Sociale

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Les chauffeurs protestent contre les mesures gouvernementales d'économies de la Sécurité sociale. Ils manifestent contre les changements prévus par les pouvoirs publics pour le remboursement du transport des malades.

Aujourd'hui, les taxis de Chaumont, Charleville, Reims, Epernay et des autres villes de la région convergent vers la Préfecture de Région à Châlons-en-Champagne. Une délégation y sera reçue.
Au cœur de cette discorde, le marché du transport de malades en taxis. A terme, c'est près de 10.000 artisans taxis qui pourraient disparaître, notamment en province.

L'appel à la grève des 55.000 taxis de France contre des changements législatifs concernant le transport des malades et la concurrence déloyale exercée, selon eux, par certains véhicules et des motos-taxis pourrait engendrer jeudi des perturbations sur tout le territoire.
L'intersyndicale FTI 75 - CFDT - CFTC- FO -Gescop -UDTP, à laquelle se sont associées les fédérations FNTI, FNAT, FFTP et FNDT, appelle à des rassemblements et opérations escargots dans de nombreuses villes.

Les véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), environ 10.000 selon des sources syndicales, et les motards-taxis, qui se sont développées au début des années 2000, sont des "contrefaçons de taxi". Ils représentent une "concurrence déloyale autorisée par les pouvoirs publics" et "ne respectent aucune règle", estime l'intersyndicale qui exige une réforme de la loi de juillet 2009 qui encadre ces activités et "un moratoire pour les sociétés déjà en défaut". "Certains acteurs agissent à la hussarde mais la majorité des VTC respectent la loi et proposent une offre complémentaire aux taxis et non concurrente : vous réservez la voiture, le prix de la course est fixé à l'avance, c'est une offre premium, haut de gamme", fait valoir Yan Hascoet, PDG de la société Chauffeur privé.

Les artisans taxis dénoncent également une récente modification législative concernant le transport de malades qui remet selon eux en cause "le libre choix du patient". La loi de financement de la sécurité sociale 2013 a introduit des procédures d'appels d'offres pour les transports de malades jusqu'à présent réalisés par des ambulances (37% des transports pris en charge par l'assurance maladie), les taxis conventionnés par l'assurance maladie (34.382 véhicules, 31%) ou encore les véhicules sanitaires (23%).

Les taxis indépendants n'auront pas les moyens de "faire face aux grosses sociétés telles que Veolia", explique M. Sembel. Or le transport des patients peut représenter jusqu'à 90% du chiffre d'affaires des taxis en zone rurale, selon la profession.

Jeudi après-midi, une délégation doit être reçue par des représentants des ministères de l'Intérieur et de la Santé, selon des sources syndicales.