Meurtre de Somme-Suippe : 30 ans de réclusion criminelle pour les deux accusés

Publié le Mis à jour le
Écrit par IG avec AFP
© Paul-Antoine Boudet / France 3 Champagne-Ardenne

La cour d'assises de la Marne a condamné ce mercredi 14 septembre Sophie Richard et Sébastien Chantereau à 30 ans de réclusion criminelle chacun. Les ex-amants étaient poursuivis pour le meurtre en janvier 2014 du mari, Julien Thévenet, militaire de la BA 113 de Saint-Dizier.

Accusés d’assassinat et de complicité d’assassinat, les deux amants risquaient la perpétuité. Mercredi après plus de quatre heures de délibération, la cour d'assises de la Marne a condamné Sophie Richard et Sébastien Chantereau à 30 ans de réclusion criminelle.
A l'énoncé du verdict, conforme au réquisitoire de l'avocate générale, la famille de l'accusé pousse des cris et quitte la salle d'audience en pleurs.

Chantereau va faire appel

Sébastien Chantereau "n'a eu aucune réaction car il n'a pas pris conscience de la peine à laquelle il a été condamné. Il lui semble que sa responsabilité est moins importante que celle de Sophie Richard", explique Me Pierre Lumbroso, avocat de l'accusé, annonçant que son client ferait appel.

Les ex-amants avaient reconnu avoir organisé, puis mis à exécution le 24 janvier 2014, l'assassinat du mari de la co-accusée, Julien Thévenet, 24 ans. Ce militaire à la base aérienne 113 de Saint-Dizier a été tué de sept coups de pioche dans le garage du pavillon familial, à Somme-Suippe, un village d'environ 500 âmes près de Châlons-en-Champagne.

"Egocentrique et avare"

Durant l'après-midi, les deux accusés avaient écouté sans ciller l'avocate générale, Delphine Moncuit, livrer son réquisitoire durant une heure et demie, autour d'une "complémentarité dans l'acte", convaincue "depuis le premier jour" qu'ils ont "la même part de responsabilité dans ce pacte criminel".

Sa charge envers la complice, "incapable de dire la vérité" selon l'avocate de la partie civile, décrite comme "égocentrique" et "avare" par les experts, est sévère : "Elle ment ! Elle était là, elle a mis en marche le processus d'exécution de son époux. Elle est maître des événements qui se passent ce jour-là."

"Elle planifie, il exécute"

"Sébastien n'a été qu'une arme par destination", a plaidé Me Lumbroso, qui a défendu son client "victime d'un syndrome abandonnique" dû à une "défaillance paternelle" et une "faille narcissique""C'est un meurtrier, pas un monstre", avance-t-il.
"La sorcière", selon le terme qu'il emploie, aurait donc influencé l'accusé qu'elle espérait toucher des assurances à hauteur d'environ 200.000 euros après la mort de son époux.

Ce schéma qui place les accusés sur un pied d'égalité est balayé par Me Guillaume Bert, avocat de Mme Richard, rappelant que sa cliente n'est pas une meurtrière : "Je vous demande de rééquilibrer le plateau de la balance, ce n'est pas elle qui a porté les coups."
"Elle planifie, il exécute", résume pourtant l'avocate générale.

"Quand elle sortira, on tremblera"

Mme Moncuit avait aussi requis le retrait de l'autorité parentale de Sophie Richard sur sa fille âgée d'à peine deux ans à l'époque des faits et qui se trouvait dans sa chambre quand, de l'autre côté de la cloison, sa mère demandait à Chantereau s'il avait "bientôt fini" son forfait. Dans le même temps, elle donnait aussi le bain à son autre enfant, un garçon de 5 ans, né d'une autre union.

Mme Richard s'est aussi vu infliger le retrait total de son autorité parentale sur sa fille. Une décision qui a satisfait le père de la victime (voir la vidéo plus bas), Jean-Luc Thévenet : "Le plus important était de mettre Aurélie (sa petite-fille) à l'abri. Tant qu'elle (la mère) sera sous les verrous on sera tranquille, quand elle sortira, on tremblera".

Voir notre reportage diffusé dans le JT 12/13 du jeudi 15 septembre 2016 :

durée de la vidéo: 02 min 02
Meurtre de Somme-Suippe : 30 ans de réclusion criminelle pour les deux accusés ©France 3 Champagne-Ardenne


Voir l'interview du père de la victime :

durée de la vidéo: 05 min 15
Meurtre de Somme-Suippe : interview du père de la victime ©France 3 Champagne-Ardenne



Retrouvez le compte-rendu de cette 3ème journée d'audience dans le JT 19/20 du mercredi 14 septembre 2016 :

durée de la vidéo: 01 min 36
3ème jour du procès des "amants diaboliques" aux assises de la Marne (14/09/16 JT 19/20) ©France 3 Champagne-Ardenne

 

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