Reims : ce que l'on sait de l'agression des deux adolescents frappés à coups de marteau

Les faits se sont déroulés rue de Vesle, en plein centre-ville de Reims. / © Matthieu Guillerot/ France Télévisions
Les faits se sont déroulés rue de Vesle, en plein centre-ville de Reims. / © Matthieu Guillerot/ France Télévisions

Après la rixe intervenue ce jeudi 6 février à 18h30 au centre-ville de Reims, où deux adolescents ont été blessées à coup de marteau, une réunion d'urgence a été organisée ce jeudi en fin de matinée à la sous-préfecture de Reims. 

Par Marc Schmitt

Grosse agitation ce jeudi 6 février, vers 18h30. Deux jeunes ont été blessés à coups de marteau au centre-ville de Reims. Il s'agit de mineurs et ce déferlement de violence pourrait être lié à une rixe entre deux bandes rivales.

La scène s'est déroulée entre l'Opéra et le magasin de vêtements Zara. Hakim, le vigile - à sa demande son prénom a été modifié - était présent. Il a vu la scène et aidé un des jeunes blessés. "J'étais à l'entrée du magasin, j'ai entendu du bruit à l'extérieur. J'ai vu un groupe de jeunes qui passaient, ils criaient et voulaient rentrer dans le magasin. Je leur ai dit : non ne faites pas ça ici! Un des hommes est rentré du côté du Mac Do. Il courait derrière un petit qui me disait : "je ne suis pas avec eux je ne sais pas ce qui se passe". L'homme a tapé le petit j'ai crié: sortez! Le jeune avait du sang qui coulait sur sa tête, dans ses oreilles. Un autre jeune aussi était dehors avec du sang sur la tête. Je suis sorti, je me suis occupée du gamin avec une dame médecin venue m'aider. Elle l'a mis en PLS. Puis la police est arrivée et a barré le périmètre."

"J'étais paniqué. Ils étaient cagoulés et portaient une capuche, on ne voyait pas leurs visages. Les petits avaient des marteaux dans la main. Un couteau aussi."
- Hakim, vigile
 

Plusieurs personnes placées en garde à vue

Le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette a ouvert une enquête pour "violence aggravée et tentative de violence aggravée" alors que "plusieurs personnes ont été placées en garde à vue"

Dès mercredi soir, le maire de Reims a réagi sur les réseaux sociaux, affirmant qu'il s'agissait "d'une rixe entre jeunes d'Orgeval et Croix-Rouge-Wilson" et demandant "une réponse forte et immédiate de la part de l'Etat". A sa demande, une réunion d'urgence a eu lieu vendredi 7 février à 11h30 à la sous-préfecture de Reims avec le préfet, le directeur départemental de la sécurité publique et le procureur de la République.
 

A l'issue de la réunion, le maire de Reims, Arnaud Robinet candidat à sa succession, s'est exprimé. "J'en appelle à la responsabilité de chacun: la ville, l'Etat; mais aussi les bailleurs sociaux qui concentrent des difficultés dans certains quartiers. Et enfin, j'en appelle à la responsabilité des parents car on ne peut accepter que des enfants de 13-14 ans se baladent avec des marteaux dans les rues de Reims." 

Le maire a également déclaré avoir obtenu des garanties de la part de la direction départemental de la sécurité publique.

"J'ai demandé au DDSP un renforcement de la sécurité il m'a confirmé un renforcement de présence policière sur certains secteurs de la ville".
- Arnaud Robinet, maire (LR) de Reims

Ce fait divers intervient dans un contexte de tension particulièrement marqué. Le 1er février, le groupe des "Mamans en colère", une soixantaine de mamans, quelques papas et quelques enfants issus du quartier Orgeval, ont défilé dans les rues de Reims pour dénoncer l'escalade des violences entre bandes rivales. "Pour le moment, il n'y a que du sang, des blessés. Mais un jour, il y aura un mort, et je ne veux pas que ce soit mon fils", témoignait alors une maman qui souhaitait rester anonyme.
 
Pour Lila, maman d'un adolescent du quartier Orgeval, pour enrayer la violence dans Reims, "il faut travailler avec tous les acteurs des quartiers". / © Mathieu Guillerot - France Télévisions
Pour Lila, maman d'un adolescent du quartier Orgeval, pour enrayer la violence dans Reims, "il faut travailler avec tous les acteurs des quartiers". / © Mathieu Guillerot - France Télévisions

Lila Khachache habite le quartier Orgeval depuis 6 ans. Maman d'un adolescent de 15 ans, elle a fait partie des organisatrices des "Mamans en colère" vendredi dernier. Elle se dit attristée par toute cette violence et en appelle à la solidarité de tous les acteurs de la ville, des quartiers, des élus aux éducateurs en passant par les parents.

"J'ai une devise : un enfant vaut tout l'or du monde. Une vie ce n'est pas n'importe quoi. Il faut déployer toutes les actions possibles pour que cela ne se reproduise pas. Il faut mettre les moyens et vite".
Lila Khachache, rémoise habitante du quartier Orgeval

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