Hausse de la CSG et pouvoir d'achat : qui sont les retraités qui manifestent ce jeudi

© PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
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Après les salariés et les transporteurs routiers, c’est au tour des retraités de descendre dans la rue ce jeudi 28 septembre. Au cœur des revendications : la hausse de la CSG et la défense du pouvoir d’achat.

Par MC / LG

Le mot d’ordre est national. Ce jeudi 28 septembre, les retraités sont appelés à manifester à l’appel d’une intersyndicale (CGT/FO/FSU/CFT Fonction publique/CGC et Solidaire).

Au cœur de leurs revendications, la hausse de la CSG (cotisation sociale généralisée) d’1,7 point. Une augmentation qui devrait fragiliser encore davantage leur pouvoir d'achat.

La baisse des APL de 5 euros sont aussi dans leur viseur puisqu’un grand nombre de retraités bénéficient de ces aides personnalisées au logement.

Globalement, c’est la précarisation de toute une classe d’âge qui est dénoncée.

Le témoignage d’Albert Mann, représentant CGT des retraités du Bas-Rhin

Quelle est votre situation ?

A.M : je suis célibataire, sans enfants. J’ai été soudeur pendant 30 ans. Je gagne 1224 euros par mois. C’est insuffisant. Ne serait-ce que parce que mon loyer est déjà de 457 euros mensuel. Je ne peux compter que sur moi-même et ce n’est pas assez pour vivre décemment.

Pourquoi allez-vous manifester ?

A.M : nous les retraités, nous sommes totalement ignorés par le gouvernement. Je dirais même que nous sommes détestés. Nous passons sans arrêt pour des nantis, mais il faut rappeler que sur les quelques 16 millions de retraités en France, il y en a un grand nombre qui vivent sous le seuil de pauvreté. Aujourd’hui, nous voulons rétablir cette vérité.
Demain, nous entendons nous mobiliser pour notre pouvoir d’achat, en baisse constante. Cela ne va pas s’arranger avec la hausse de la CSG. Nous sommes très en colère contre cette mesure. Tout est fait pour la sécurité des patrons. D’autant qu’il n’y aura pas de compensations.
Nous demandons aussi que la question de la dépendance soit enfin prise en compte par les pouvoirs publics. Hors c’est un enjeu majeur complétement absent des réflexions d’avenir. Comment va-t-on prendre en charge la dépendance croissante des aînés ? Qui va payer ?

Vous avez encore un espoir ?

A.M : bien évidemment. Nous partons du principe qu’il ne faut pas s’installer dans le fatalisme. Il faut continuer à protester notre mécontentement même si les décrets sont votés. Sinon, la situation risque d’empirer.

Demain, la mobilisation devrait démarrer à Strasbourg. Le cortège partira de la place Kléber pour rejoindre la place Broglie où une délégation de manifestants devrait être reçue en préfecture.
 

En Champagne-Ardenne, nous avons rencontré Jeanine, Paul et Béatrice

IIl est toujours difficile de témoigner des difficultés du quotidien lorsque l’on vit avec une petite retraite. Jeanine Petit a accepté de nous ouvrir sa porte. Quand elle a réglé son loyer de 230 €, payé son électricité, son téléphone, son assurance et sa mutuelle, il lui reste peu pour manger. Si en plus, il a fallu changer ses lunettes et devoir sortir 200 € de sa poche, il ne reste presque rien de ses 700 € de retraite. Sans le Secours Populaire qui lui apporte une aide alimentaire elle ne s'en sortirait pas. Jeanine Petit n'est pas un cas isolé. S'il pouvait, son voisin qui vit avec 800 € par mois irait manifester. Au Secours Catholique où se retrouvent des retraités du quartier des Chatillons à Reims, beaucoup ne s'en sortent pas. Pour la plupart le reste à vivre est de 130 € par mois et l'on est heureux quand on a un toit.

Etre ensemble, partager des moments de convivialité, pratiquer quelques activités ça aide, mais ça n'empêche pas d'avoir parfois des idées noires. Sans les associations qui leur viennent en aide aujourd'hui en France que deviendraient ces retraités ?

Voir notre reportage

Des seniors frappés par la précarité
Interviews : Jeanine Petit, retraitée. Paul Palisse, retraité. Béatrice Trochain, retraitée. Jacky Wolff, retraité. - France 3 Champagne-Ardenne - M.L. Fournier, D. Louvet, S. Allombert

 

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