Marne : grève à la maternité de Bezannes, gynécologues-obstétriciens et pédiatres soutiennent les sages-femmes

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Écrit par Marie-Line Fournier
La maternité fonctionne, mais avec un personnel réduit.
La maternité fonctionne, mais avec un personnel réduit. © Mathis Lescanne FTV.

Depuis le 24 septembre, les sages-femmes de la polyclinique de Reims-Bezannes dans la Marne sont en grève. Dans cette maternité, où sont réalisés quelque 3500 accouchements, par an, les professionnels se battent contre les sous-effectifs et pour la sécurité des patients.

C'est la plus importante maternité de la Marne et bien au-delà, puisqu'on vient y accoucher des Ardennes et de l'Aisne, également. "On draine toute la région", indique le Docteur Marie Durier-Szal. Cette praticienne, comme ses confrères et consoeurs a décidé d'apporter son soutien aux sages-femmes. Ce lundi 25 octobre, la maternité accueillait les patientes, mais avec un personnel réduit. Contactée, la direction n'a pas souhaité communiquer sur ce mouvement et les éventuelles réponses qu'elle pourrait apporter aux revendications des personnels.
 

Agir en toute sécurité

"On ne veut pas perdre cette humanité qu'on a mis du temps à créer ici", explique le Dr Marie Durier-Szal, gynécologue-obstétricienne, au sein de la polyclinique de Reims-Bezannes. Ce médecin explique que si les sages-femmes reçoivent le soutien des gynécologues-obstétriciens, ce n'est pas seulement parce que ce sont des personnes compétentes, mais qu'elles sont aussi très motivées.

"Leur desiderata, à elles, c'est d'optimiser la prise en charge des patientes, pour qu'on agisse, en toute sécurité, et dans un professionnalisme exceptionnel, pour cette taille de maternité. Elles veulent avoir le privilège d'accompagner les patientes, pas juste être des machines et faire bien le travail, mais y ajouter un petit peu d'humanité, dans cette prise en charge de la naissance qui est un moment vraiment capital dans la vie des jeunes parents". Le mouvement n'est pas exclusivement local. Cette grève nationale a pour but d'obtenir des moyens, et une reconnaissance, notamment salariale.


Les moyens en question

Cela fait un an qu'une demande d'augmentation des effectifs de sages-femmes a été adressée à la direction, pour parfaire la prise en charge des futures mamans. "On n'est pas entendu, elles ne sont pas entendues", poursuit le médecin. C'est la raison pour laquelle, les gynécologues-obstétriciens apportent leur soutien aux sages-femmes.

Elles veulent avoir le privilège d'accompagner les patientes, pas juste être des machines.

Dr Marie Durier Szal, gynécologue-obstétricienne.

"On se bat pour les sages-femmes, mais aussi pour une qualité de soins optimale, que les patientes soient heureuses de leur séjour", indique le Dr Marie Durier-Szal. Accorder un peu moins de temps à une patiente, quand il faut faire face à un peu de sous-effectif, les professionnels ne peuvent l'admettre. Les soins sont bien pris en charge, mais les équipes ne veulent pas renoncer à la dimension humaine de l'accueil à la maternité.

On ne veut pas perdre cette humanité qu'on a mis du temps à créer ici.

Dr Marie Durier-Szal, gynécologue-obstétricienne.


Déterminées à obtenir gain de cause

Depuis ces dernières semaines, les sages-femmes qui ont reçu des réquisitions, ne baissent pas les bras. Les revendications salariales de ces professionnelles qui travaillent de jour, comme de nuit visent à obtenir une situation comparable à celle de leurs collègues exerçant en milieu hospitalier, la maternité du CHU réalisant également un grand nombre d'accouchements, chaque année. Une sage-femme, en grève, fait savoir que le groupe Courlancy, propriétaire de la polyclinique affiche des bénéfices qui ont augmenté de 170%, entre 2019 et 2020, avec une masse salariale en baisse de 14%. Une indication qui laisse espérer que cette situation pourrait trouver une issue satisfaisante pour ces professionnels.

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