Marne : Suippes rend hommage aux Coréens venus travailler dans la Marne en 1919

Suippes rend hommage au Coréens venus travailler après la première guerre mondiale / © Odile Longueval/ France 3 Champagne-Ardenne
Suippes rend hommage au Coréens venus travailler après la première guerre mondiale / © Odile Longueval/ France 3 Champagne-Ardenne

C'est une période peu connue des années qui suivirent la première guerre mondiale, des Coréens venus travailler à Suippes en 1919 pour reconstruire le pays. Ce 1er novembre, une cérémonie de recueillement avait lieu à Suippes en mémoire de tous ces Coréens.

Par Laurent Meney

Il y a une certaine gravité. Tandis que la Marseillaise résonne. Dans l’assistance des hommes et des femmes coréennes qui se recueillent. C’est un autre volet des fêtes ou hommage habituellement consacré à la Toussaint. A Suippes on inaugurait ce 1er novembre une stèle en bronze. Autour de discours et d’un concert, hommage était rendu à la Corée du Sud.

Retour il y a pile cent ans. Au sortir de la guerre 14-18, ce peuple était sous domination japonaise. Le Gouvernement français décide alors de faire venir une main d’œuvre étrangère. Il faut dire que tout est à reconstruire dans la Marne après les ravages de la guerre. Ils ne sont évidemment pas la seule nationalité mais leur présence va marquer dans le département. Pour ces travailleurs, c’est aussi la difficulté de vivre aussi loin de leur nation qui durant cette période manifeste un désir d’indépendance et la mise en place d’un gouvernement.
 

En 1919, le gouvernement français accepte la demande d’immigration de Coréens et les envoie à Suippes, où le travail ne manque pas, alors que toute une région est à reconstruire. Ils se mettent à l’ouvrage au milieu de nombreuses autres nationalités. Mais leur esprit reste tourné vers la Corée, où depuis le 1er  mars 1919, se manifeste un mouvement d’indépendance et l’établissement d’un gouvernement provisoire de Corée libre à Shangaï.


Fuir par tous les moyens

Cette journée est à l’initiative de l’association coréenne française, il s’agit de marquer le coup 100 ans plus tard, l’occasion aussi d’entendre bon nombre de témoignages de descendants des acteurs de cette époque.

A cette époque, les Coréens espéraient trouver une nouvelle vie à l’étranger
-Jongmoon Choi, Ambassadeur de la République de Corée

Il faut dire qu’en Corée, le peuple connaissait la terreur. Beaucoup ont tenté alors de fuir le pays par tous les moyens, en train, en charrette. Quant à la vie à  Suippes ? Elle était dure relate Jean-Jacques Hong Fuan, fils d'immigré coréen à Suippes "les hommes présents ici habitaient des logements de fortune, ils avaient froid ils étaient payé 5 francs par jour et 1,50 franc leur était retenu pour la nourriture mais cela reste une époque qui a marqué ceux qui sont passé par là."

Des témoignages qui permettent de se rendre compte de ce qu’ont pu vivre ces Coréens qui ont quitté leur pays, beaucoup sont passés par la Russie ou l’Angleterre avant d’arriver là. En ce sens ce sont des résistants car ils ont fui la menace japonaise.

Ce mémorial désigné par un artiste coréen est important pour se rappeler ce qui s’est passé et tirer les enseignements de l’Histoire.
-Jean-Jacques Hong Fuan, fils d'immigré coréen à Suippes

Cet événement est symbolique à plus d’un titre et participe au rapprochement des relations unissant le peuple français et le peuple coréen. En juin dernier déjà, un hommage avait été rendu à l'initiative de la Préfecture de la Marne :
Une journée qui restera gravée dans la mémoire des coréens présents a été ponctuée de chants de la chorale nationale de Corée.

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