Pass Sanitaire : les salles de fitness s’adaptent, le dispositif pas toujours bien accueilli

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Écrit par Nicolas Robertson

A Reims, les abonnés des salles de sport devront présenter un passe sanitaire dès lundi. Une obligation qui passe mal auprès des gérants d’établissements. Les avis sont plus contrastés chez leurs clients.

Après la fermeture forcée, la réouverture au moins de juin avec une jauge imposée, les salles de sports et de fitness doivent maintenant s’adapter au pass sanitaire.

Dès lundi 09 août, les abonnés devront présenter soit un test antigénique négatif, soit un pass sanitaire complet avant de pouvoir profiter des machines de leur salle préféré.

Plus de la moitié d'abonnés en moins

Une obligation qui passe mal, mais alors très mal pour Fabrice Bonnet, gérant de la salle Global Training Sport au centre de Reims : "Cela m’a gâché mes vacances. J’ai pas signé pour faire ça. On va mettre en place ce pass sanitaire à contre cœur parce qu’on va encore perdre des gens."

Le patron s’attend à voir partir 60 % de ses adhérents à partir de lundi. Selon ses estimations, son établissement enregistrera une perte de 3 millions d’euros en 2021.

Colère et incompréhension de certains abonnés

Dans une salle de sport de la Marne, par exemple, une employée a été prise à partie par un usager. C'est ce que raconte la radio France Bleu Champagne-Ardenne. L'homme s'énerve, se met à crier : "Vous êtes tous des collabos". Puis il force l'entrée de la salle, en sautant par dessus la barrière. 

"Le lendemain, il revient, accompagné d'un ami," poursuit France Bleu "et menace de nouveau le personnel. Une plainte est finalement déposée." D'autres salles de sport sont aussi touchées.  "Je ne vais pas risquer de me prendre un coup en empêchant les abonnés d'entrer", raconte une salariée. Elle relate aussi des paroles très virulentes des abonnés. Plusieurs d'entre eux menacent effectivement de suspendre leur abonnement. "On m'a même souhaité que mon entreprise coule", poursuit-elle dépitée. 

Insultes et menaces

Selon une étude réalisée par 1.700 clubs en France, 20% des gérants auraient reçu des insultes ou des menaces. "Il y a failli avoir une bagarre dans ma salle de sort à cause du pass sanitaire", témoigne un client sur les réseaux sociaux. Selon Thierry Doll, président d'un syndicat représentant la profession, Active-FNEAPL, "plusieurs agressions ont eu lieu en moins d'une semaine." De nombreuses salles de sport misent alors sur la rentrée pour relancer leur activité.