Reims : des militants écologistes plantent des fruits et légumes pour interpeller les Rémois

Publié le
Écrit par Florence Morel .

Du parc de la patte d'Oie à la place d'Erlon en passant par la mairie, une dizaine de militants d'ANV Cop 21, Attac et Extinction Rébellion ont planté des fraisiers, framboisiers et plants de tomates dans les espaces verts de Reims. Le mot d'ordre : "stop à la réintoxication du monde".

"Il faut que le monde d'après ne ressemble pas à celui d'avant." C'est l'objectif de la dizaine de militants écologistes (ANV Cop 21, Attac et Extinction Rebellion) venus planter des fraisiers, framboisiers et autres plans de tomates un peu partout dans la ville de Reims, ce mercredi 17 juin. Du parc de la patte d'Oie à la place d'Erlon, sur l'esplanade Simone-Veil et le parvis de la gare, tous les espaces verts étaient bons pour recevoir de nouvelles plantes.

 

Sensibiliser au consommer local

"Le but, c'est de sensibiliser un maximum de monde sur la consommation locale, détaille Gaël, d'ANV Cop-21. Tous les plants viennent de producteurs locaux et c'est le levier sur lequel on peut le plus toucher les gens." Le but de ces plantages sauvages est d'interpeller les badauds. Il faut dire que certains endroits fonctionnent mieux que d'autres : avec les nuages, peu de Rémois arpentent le parc de la patte d'Oie. En revanche, le succès place d'Erlon est assuré. Une passante se prête au jeu : "J’ai trouvé que c’était une super initiative et j’ai voulu mettre ma petite touche. Quand ça aura poussé, je pourrai dire que c'est moi qui l’ai fait."

 

"Aujourd'hui, c'est pas méchant", sourit Pierre, militant écologiste lui aussi. Au pied de la fontaine Subé, il distribue des "cerises du monde d'avant", histoire de multiplier ses chances de persuasion. Certains se servent sans un merci et d'autres prêtent une oreille attentive. "C'est bien vrai ce qu’il y a écrit sur vos pancartes !, interpelle une auxiliaire de vie en croisant le petit convoi.

- On replante de quoi manger, explique une militante d'Attac.

- Merci à vous ! J’en parlerai à mes clients car je suis auxiliaire de vie."

 

Une action illégale

Imperméable rouge estampillé Attac sur le dos, la Rémoise est heureuse de pouvoir militer à nouveau, de retrouver des contacts humains avec des semaines d'isolement. "Notre slogan, c'est la fin du monde fin du mois même combat !, dit-elle, enjouée. Je suis à Attac donc je suis de tous les combats surtout lorsqu’il s’agit de justice sociale." Pourtant, elle reste sceptique : "Ça devrait être le bon moment, les gens ont du se passer de beaucoup de choses pendant deux mois mais je me fais pas d’illusion. Je sais que ça ne se fera pas. Les gens ont été tellement frustrés qu’ils n’ont qu’une envie, reprendre leurs anciennes habitudes."

Semer des plants dans les espaces verts de la ville n'est pas autorisé. C'est pourquoi Simon prévient au début de l'action : "Chacun est responsable de ce qu'il fait. Si nous nous faisons arrêter, il n'y a pas de responsable. Le pire que nous pouvons craindre, c'est un contrôle d'identité. Si quelqu'un porte plainte pour dégradation d'espace public, encore faudra-t-il qu'il prouve qu'on a détérioré l'espace public en plantant des framboisiers."

Interpellés par des policiers municipaux sur les hautes promenades, les écologistes n'ont pas été inquiétés. Reste à savoir jusqu'à quand les plants sauvages resteront en place. À moins que le "monde d'après" ne les accepte définitivement.

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