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Reims. Sept ans après, 8 à 20 mois de prison avec sursis requis dans l'affaire des 2 cordistes décédés dans un silo

Archives mars 2012 / © Christian Wilmet / France 3 Champagne-Ardenne
Archives mars 2012 / © Christian Wilmet / France 3 Champagne-Ardenne

Le 13 mars 2012, 2 cordistes perdaient la vie alors qu'ils nettoyaient un silo sur le site de Cristal Union à Bazancourt (Marne). 7 ans après, le procureur a requis 8 à 20 mois de prison avec sursis contre l'entreprise et la société qui employait les victimes au tribunal correctionnel de Reims.

Par Raphaël Doumergue

Il y a près de sept ans, les secours retrouvaient les corps de deux cordistes ensevelis sous plusieurs tonnes de sucre dans un silo de Cristal Union à Bazancourt. Arthur, 23 ans et Vincent 33 ans, procédaient au nettoyage d'un silo lorsque l'accident est intervenu. Encordés tous les deux, ils ont été aspiré lorsque l'ouverture d'une trappe dans le bas du silo a provoqué un glissement du sucre entraînant un effet de sablier ou de sable mouvant. Les deux ouvriers sont morts asphyxiés dans cet ensevelissement.

Au tribunal correctionnel de Reims ce 11 janvier, le procureur de la République a requis 8 à 20 mois de prison avec sursis contre les la sucrerie Cristal Union et la société Carrad, qui embauchait les deux victimes, et à 100 000 euros d'amende pour les deux entreprises.
 

Des manquements graves relevés par l'inspectrice du travail

Embauchés en intérim par la société de nettoyage industriel Carrard, ils faisaient partie d'une équipe de cinq personnes qui évoluaient sur ce chantier. Deux autres cordistes présents à l'intérieur du silo ont pu s'en sortir grâce notamment à l'aide des secours. La cinquième personne se trouvait à l'extérieur au moment de l'accident.

"Ce que veulent savoir la famille, les parents, la compagne de Vincent, avant tout, c'est ce qu'il s'est réellement passé" précise Sébastien Busy, l'avocat de la famille du cordiste décédé.  "Ce qu'ils veulent c'est que les choses soient clairement dites et que chacun assume sa responsabilité sans chercher à renvoyer la faute sur l'autre société ou à considérer que certes on était présent mais qu'on est responsable de rien. (…) La sanction, quelque part, elle importe peu. C'est de savoir qui ? Pourquoi ?"  

Pour l'avocat Emmanuel Ludot, qui représente l'association "Cordistes en colère, Cordistes solidaires", "quelque chose ne fonctionne pas et on ne s'est pas interrogé sur les causes de ces drames et on a le sentiment qu'on banalise la mort de ces jeunes qui sont des cordistes, qui font certes un métier dangereux, mais la mort d'un jeune homme c'est intolérable." Au nom de l'association, l'avocat rémois compte réclamer une réparation symbolique.

De son côté, l'inspectrice du travail qui s'est rendue sur les lieux juste après le drame avait très clairement pointé la négligence des deux sociétés. Elle a fermement dénoncé une mauvaise évaluation des risques et souligné des manquements importants dans la prévention avec notamment une surveillance indaptée.

Deux cadres de la société de nettoyage et deux cadres de Cristal Union comparaissent ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Reims pour homicides involontaires par manquement délibéré à une obligation de sécurité imposée par la loi ou le règlement. 

En 2017, un troisième cordiste, Quentin, âgé de 21 ans, est décédé dans un silo sur le même site de Bazancourt. L'enquête est toujours en cours.    

Voir le reportage de Juliette Poirier et Paul-Antoine Boudet : 


 

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