Reims comme vous ne l'avez jamais vu

© Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne
© Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne

Depuis trois mois, Alexis et Laurent s'adonnent à l'urbex, une pratique urbaine visant à visiter les lieux abandonnés d'une ville. Conscients des risques de la discipline, ils explorent la campagne rémoise avec beaucoup de précaution.

Par Florence Morel

Les poumons se compriment, les narines picotent. Les poussières, omniprésentes, feraient tressaillir un allergique. Les débris de verre craquent sous les semelles de Laurent et d'Alexis. Des centaines, voire des milliers de cadavres de bouteilles en verre jonchent le sol, au point de former une montagne verte. Les deux fondateurs de la page Facebook "Zone Urbex" sont en pleine session; ils explorent une usine abandonnée aux abords de Reims.

© Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne
© Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne

Semelles épaisses et pantalon obligatoires


Alexis prévient : "Pour nous suivre, tu prendras des chaussures avec des semelles épaisses. Pantalon obligatoire." Ce genre de visites ne sont pas de longs fleuves tranquilles : morceaux de briques, de verre, plâtre… Autant d'éléments qui pourraient blesser un touriste non aguerri.

Règle numéro 1 : il est interdit de dévoiler le site visité. Même s'il n'y a pas de règlement officiel pour pratiquer l'urbex, il est préférable de s'en fixer. Laurent et Alexis eux, en ont établi quelques-unes : porter un équipement adapté, ne laisser aucun signe de leur passage et surtout, ne jamais révéler un spot.

"Une personne est venue nous demander sur Facebook : "Yo mec on y rentre comment dans ton plan?" Vu le ton sur lequel il est venu poser la question, on n'était pas sûrs de ses intentions et on a préféré de ne pas lui répondre."

"A cause des odeurs, des poussières, des eaux stagnantes et des produits chimiques qu'il peut parfois rester, j'ai investi dans un tissu pour me protéger", explique Alexis. / © Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne
"A cause des odeurs, des poussières, des eaux stagnantes et des produits chimiques qu'il peut parfois rester, j'ai investi dans un tissu pour me protéger", explique Alexis. / © Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne


Les deux comparses se sont procurés des foulards pour protéger leur bouche et leurs narines des odeurs et vapeurs non identifiées. Quand l'usine fonctionnait encore, plus de 5 millions de pièces étaient produites chaque jour.

Au moins deux personnes par expédition


Les locaux de l'ancienne manufacture s'étendent sur plusieurs hectares. Au loin, des silos, hauts de plusieurs dizaines de mètres, surplombent le site.

Après avoir traversé plusieurs ateliers, les deux visiteurs arrivent aux pieds des silos, formant une immense tour. Dans un coin de la pièce, un escalier en métal montre la voie. Dubitatifs, Alexis et Laurent observent la structure, visiblement encore apte à recevoir des visiteurs.

Une expédition qu'il vaut mieux faire à deux



A chaque étage, Alexis tâtonne le sol pour vérifier qu'il ne cède pas sous son poids. La chute serait rude, un vingtaine de mètres de hauteur.

Dans ce contexte, l'ancien étudiant estime qu'"il vaut mieux partir à deux". "S'il y en a un qui tombe dans une crevasse ou se blesse, il vaut mieux qu'il y ait quelqu'un pour téléphoner aux secours en cas de besoin", ajoute Laurent.

En prime, une vue sur la cathédrale


Après cinq étages montés, les voici au sommet de la tour. Des bruits sourds grondent à cause du vent. L'espace, dépourvu de barrières de sécurité, donne le vertige, mais les deux aficionados d'exploration veillent à ne pas s'approcher de trop près des ouvertures sur l'extérieur.

Mesurés dans leurs expéditions, Alexis et Laurent prennent parfois quelques risques. Quand l'accès n'est pas trop dangereux, les deux amis grimpent sur les toits, avides de points de vue inédits et d'un peu d'adrénaline.

Une usine laissée à l'abandon

Tant qu'on n'a rien à nous reprocher, qu'on ne dégrade rien et qu'on ne transforme pas les lieux en squatte, personne ne pourra nous interdire de nous balader ici


L'activité est illégale. Les lieux appartenant à des propriétaires privés, souvent difficiles à identifier.

"C'est pour cela que nous tenons à laisser les lieux en l'état. Tant qu'on n'a rien à nous reprocher, qu'on ne dégrade rien et qu'on ne transforme pas les lieux en squatte, personne ne pourra nous interdire de nous balader ici", explique Alexis.

Retrouvez notre reportage 

Reims comme vous ne l'avez jamais vu


En septembre 2016, nous avions suivi deux photographes amateurs d'Urbex, retrouvez notre reportage :

 

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