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“Troque ta plante”, le groupe Facebook qui permet de partager des plantes et des moments conviviaux

Le groupe Facebook Troque ta pante permet aux Rémois d'échanger ou de donner leurs plantes / © Flore Caron - France 3 Champagne-Ardenne
Le groupe Facebook Troque ta pante permet aux Rémois d'échanger ou de donner leurs plantes / © Flore Caron - France 3 Champagne-Ardenne

Le groupe Facebook Troque ta plante est arrivé à Reims. Présent dans de nombreuses villes, il permet maintenant aux Rémois de s’échanger leurs plantes mais aussi de tisser des liens.
 

Par Flore Caron

« Mieux vaut faire de l’échange que de l’argent », dit Katia, convaincue. Cette infirmière rémoise, co-organisatrice de la marche pour le climat, s’est inscrite il y a quelques jours sur le groupe Facebook Troque ta plante. Créé en juin 2018, il s’est implanté dans de nombreuses villes françaises et même en Belgique et en Suisse. Chacune des villes a son administrateur local. Arrivé il y a quelques semaines à Reims, il compte déjà plus de 130 abonnés.
 


Le principe : donner ou échanger des plantes, des boutures et des graines en postant petits mots et photos sur Facebook. C’est Sarah Roux, une jeune étudiante bordelaise en sciences politiques qui est à l’origine de ce concept. Quand cette « passionnée de plantes » a créé le groupe, elle n’imaginait pas qu’il suscite un tel engouement. « Il y a un effet de contexte : les plantes sont dans l’air du temps, constate-t-elle. Les gens veulent faire entrer la nature chez eux. »

 

Une alternative économique et écologique 

« Je voulais permettre aux gens qui n’en ont pas les moyens d'acquérir des plantes », raconte Sarah. Une alternative économique mais aussi écologique d’après la jeune femme : « L’achat massif de plantes, ça a un coût pour la planète. » Le troc évite notamment de produire des pots en plastique pour chaque plante, comme c’est le cas dans les grandes surfaces.  Pour Katia, cela évite d'acheter une plante malade et permet de s’assurer qu’elle n’a pas été cultivée à base d’engrais chimiques. C’est par hasard que l’infirmière rémoise a découvert le groupe : en proposant de donner des boutures sur le groupe Reims veut des arbres, elle a été redirigée vers Troque ta plante par un internaute. Vingt-quatre heures après avoir posté son message proposant des boutures, elle avait déjà reçu trois appels.
 
Katia, infirmière rémoise, prépare chez elle les boutures dont elle fera don via le groupe Facebook Troque ta plante / © Flore Caron - France 3 Champagne-Ardenne
Katia, infirmière rémoise, prépare chez elle les boutures dont elle fera don via le groupe Facebook Troque ta plante / © Flore Caron - France 3 Champagne-Ardenne


Mercredi 4 septembre, le rendez-vous a été donné à 11 heures au domicile de Katia.  Le téléphone sonne. Daniel a été envoyé par sa femme. Il est en bas de l’immeuble, sans les noisettes qu’il devait amener en échange des petites boutures. Il les a oubliées et propose à Katia de les rapporter plus tard. Mais pour l’infirmière, ce n’est pas un problème, elle tient coûte que coûte à faire don de ses boutures. Sa chlorophytum – aussi appelée plante araignée – est très prolifique et Katia ne veut surtout pas commettre un « infanticide » floral.  
 

« Beaucoup de gens cherchent des conseils »

Une fois dans l’appartement, Daniel suit attentivement les recommandations de Katia : arrosage, exposition au soleil, etc. « Ce qui est bien c’est que quand on échange avec quelqu’un, on peut bénéficier de ses conseils. La personne connaît sa plante et la manière de s’en occuper », explique Sarah.
En prime, Daniel repartira avec une boite à chaussure pour transporter ces nouvelles compagnes. « Votre femme peut venir prendre le café et discuter si elle veut des conseils », lance Katia avant de saluer Daniel.

Quand on achète des plantes dans une jardinerie, on peut bénéficier de conseils de la part du vendeur mais pas de son expérience personnelle avec la plante, 
- Sarah Roux, étudiante bordelaise et créatrice du groupe Facebook Troque ta plante 

Le groupe attire bien sûr les passionnés et les collectionneurs qui possèdent des plantes rares et spécifiques. Mais il fait aussi le bonheur des novices. « Beaucoup de gens recherchent des conseils », affirme l’étudiante bordelaise. « Beaucoup de plantes peuvent être bouturées mais tout le monde ne le sait pas. L’objectif est aussi de sensibiliser à ça ». Quand elle va faire des échanges, elle ressort souvent les bras plus chargés que prévu. « Finalement, je repars avec plein de plantes improbables », s’amuse-t-elle.

 

Café-plantes 

L’objectif pour Sarah était aussi de créer « une communauté conviviale autour du développement durable ». Les groupes ont en général entre 1000 et 3000 abonnés et il n’est pas rare que les citoyens se lient d’amitié au cours d’un troc. « A Bordeaux, j’ai découvert plein de gens comme ça », s’enthousiasme-t-elle.

La jeune fille y consacre une grande partie de son temps libre. « C’est beaucoup d’investissement mais je suis récompensée. Je vois passer tous les échanges qui se font sur les groupes, se réjouit-elle. A Nantes, une des administratrices a même mis en place des café-plantes. »

Pour Katia, qui est très active dans la ville de Reims en matière d’écologie, ce genre d’initiatives est essentiel à notre époque. En plus de l’organisation de la marche pour le climat, elle organise un atelier dans le cadre du jour de la Terre. L’objectif est de créer des zones mellifères - des plantes qui produisent beaucoup de nectar et de pollen - en ville, pour attirer les abeilles. Elle a également proposé à la mairie d’offrir aux Rémois qui le souhaitent des lombricomposteurs. « Il faut créer des réseaux comme celui-ci avec des personnes qui sont utiles, qui ont le sens du collectif. »

Si vous voulez savoir s’il y a un groupe dans votre ville, vous pouvez consulter l’annuaire de Troque ta plante. Si elle n'y en a pas, vous pouvez vous rendre sur Troque ta plante échanges postaux. 
 

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