Vaccination contre la variole du singe : on vous explique pour qui et comment

Publié le Mis à jour le

Depuis début mai, le nombre de cas de variole du singe a augmenté en Europe et en France. En conséquence, les demandes de vaccination se multiplient. Illustration au CHU de Reims, où le service des maladies infectieuses a mis en place deux après-midis de vaccination par semaine.

Une vaccination en deux doses, avec un mois de délai entre chaque injection. Le vaccin contre la variole du singe est proposé au centre des maladies infectieuses du CHU de Reims (Marne).

Ludovic et Jordan ont reçu leur première dose de vaccin contre la variole du singe cette semaine. Ils se sont décidés après que des connaissance ont contracté la maladie. "Quand j'ai vu leur état, j'ai préféré prendre les devants et venir me faire vacciner", explique Jordan. "Je me suis dit que, de toute façon, c'était un vaccin qui existait depuis très longtemps. Donc il n'y avait pas de risque. Autant le faire pour être tranquille", ajoute Ludovic.

Pour le moment, seuls les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes ou les personnes transgenres ayant de multiples partenaires, les travailleurs et travailleuses du sexe et les professionnels des lieux de consommation sexuelle sont invités à se vacciner.

Le choix de ces populations spécifiques est une question de statistique. "Les rapports sexuels comptent comme plus de 97% des contaminations depuis le début de l'épidémie", rappelle le docteur Paul Dalla-Pozza, médecin infectiologue. Pour se protéger, le vaccin reste la meilleure option.

Le produit utilisé est éprouvé et est efficace à plus de 90 %. "C'est le vaccin de la variole. Il est très efficace puisque c'est une pathologie virale qui a été éliminée. Donc on est très optimistes sur l'efficacité de ce vaccin", précise la professeure Firouzé Bani-Sadr, cheffe du service des maladies infectieuses au CHU de Reims.

Des douleurs parfois intenses

La vaccination contre la variole a pris fin en France et dans l'ensemble de l'Union européenne en 1984. Selon Santé Publique France, au 28 juillet 2022, 1 955 cas confirmés ont été recensés en France. Les cas résidaient le plus fréquemment en Ile-de-France (814 cas soit 53 % des cas dont la région de résidence est connue), en Occitanie (170 cas, soit 11 %) et en Auvergne-Rhône-Alpes (161 cas, soit 10 %).

À Reims comme dans le reste de la France, les hospitalisations restent heureusement assez rares. "C'est le cas pour des personnes qui ne peuvent pas être isolées à domicile, ou des personnes qui ont extrêmement mal et qui ne peuvent pas être soulagées par des antalgiques qu'on donne habituellement en ville", précise la cheffe de service.

Les symptômes de la variole du singe sont loin d'être anodins. "Ça débute généralement par de la fièvre, une fatigue. Et dans les jours qui suivent une éruption cutanée et parfois des douleurs très intenses au niveau génital", liste Firouzé Bani-Sadr. Après une infection, il faut respecter un isolement strict pendant trois semaines, car la maladie est très contagieuse. 

"Ça se transmet par le contact au niveau des boutons, qui peuvent être au niveau génital mais aussi sur toute la surface du corps. Notamment au niveau de la paume ou au niveau des plantes. C'est pour ça que ça peut se transmettre juste par un contact avec la main. Mais en plus de ça, il y a une transmission qu'on appelle gouttelette, possiblement en parlant. Mais il faut que ce soit quand même un contact assez rapproché", détaille le médecin infectiologue Paul Dalla-Pozza.

Si vous êtes touchés, pensez aussi à isoler strictement vos animaux pour qu'ils ne contaminent pas d'autres bêtes. L'objectif est d'éviter de créer un réservoir animal en Europe pour contenir l'épidémie.

Où peut-on se faire vacciner ?

Pour savoir où se faire vacciner le plus proche de chez vous, vous pouvez consulter le site santé.fr. Santé Publique France a mis en place une plate-forme téléphonique d'information pour répondre à toutes les questions sur l'épidémie en cours. L'appel est gratuit, anonyme et confidentiel.

Monkeypox Info Service - Numéro vert : 0801 90 80 69 (appel gratuit depuis un poste fixe en France, de 8h à 23h 7j/7)

Dans la région Grand Est, plusieurs lieux de vaccination ont été mis en place. Selon la liste diffusée sur le site de l'Agence régionale de santé du Grand Est, il est possible de prendre rendez-vous :

  • Marne : au service des maladies infectieuses du CHU de Reims
  • Aube : au CeGIDD (Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic) du Centre Hospitalier de Troyes
  • Meurthe-et-Moselle : au CeGIDD Nancy-Brabois à Vandœuvre-lès-Nancy
  • Moselle : au CeGIDD du CHR de Metz-Thionville
  • Bas-Rhin : au centre de vaccination international des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg ainsi qu'au Trait d’Union - Centre de Soins de l’Infection VIH - CeGIDD - NHC

Les coordonnées détaillées et les modalités de prise de rendez-vous sont disponibles sur la page dédiée du site de l'ARS Grand Est.