Agriculteurs en colère : "Ne nous mettez pas sur la paille! Nos produits ont de la valeur!"

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Écrit par Stiliana Peev

Un groupe d’agriculteurs de Meurthe-et-Moselle a envahi le supermarché Auchan de Tomblaine ce vendredi 4 janvier. Une action pour demander des prix plus justes et dans le respect des coûts de production.

De la paille dispersée dans les rayons d'un hypermarché de l’agglomération nancéienne. C'est le résultat de la mobilisation de plusieurs agriculteurs, ce vendredi 4 février 2022, à l’appel de deux syndicats, FDSEA et les Jeunes agriculteurs de Meurthe et Moselle. Une opération qui sonne comme un avertissement pour les géants de la grande distribution.  

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Agriculteurs chez Auchan Tomblaine ©Stiliana Peev pour France 3 Lorraine

Le prix du lait, de la farine ou de la viande, tous les ans au mois de févrie,r les prix des aliments sont renégociés entre les industriels et les distributeurs. Pour mettre la pression sur ces derniers et faire respecter la loi Egalim 2, les agriculteurs se mobilisent un peu partout en France, comme ici à Tomblaine près de Nancy.  

Installée depuis cinq ans comme producteur de viande et de céréales près de Pont-à-Mousson, Antoine Clavel est aussi le président des Jeunes agriculteurs 54. Dans un contexte d’inflation générale ll nous explique les difficultés qu’il rencontre.   

"Aujourd’hui si le consommateur paye son gasoil plus cher nous aussi. Aliments des animaux, fuels, fertilisants, nos charges ont explosé. Pour qu’un producteur de lait se dégage une marge suffisante, il suffit d’augmenter le prix du yaourt d’un centime, la brique de lait de cinq centimes. Ce n’est pas grand-chose mais ce sont ces quelques centimes qui font aujourd’hui la différence dans nos fermes! On attend que la grande distribution respecte la loi Egalim 2, car dans la chaîne de production le premier élément c’est nous et on doit être rémunéré correctement!"

Depuis une semaine les agriculteurs se mobilisent un peu partout en France. Ils reprochent à la grande distribution de rester dans un objectif "low cost", des prix tirés vers le bas, toujours moins cher pour attirer le consommateur. La contrepartie, c’est l’impact sur leur rémunération.

"Il faut aujourd’hui que nous puissions vivre dignement de notre métier qu’on soit en bio ou en conventionnel! L’alimentation à un prix! En France nous avons des produits saints car nous respectons des règles franco-françaises, des normes et on ne les remet pas en cause. Par exemple à chaque enlèvement de lait, il y a des analyses, une garantie pour le consommateur et pour nous, mais ça coûte plus cher", explique Daniel Perrin président de la FDSEA 54.  

Les agriculteurs du département des Vosges étaient également mobilisés aujourd’hui. Une première manifestation en ce mois de février qui risque d’être renouveler d’ici 15 jours si les agriculteurs s’estiment négligés.