ÉVÉNEMENT - Salman Rushdie honoré à Nancy dans le cadre du Livre sur la Place

"The place to be" *. Ce samedi 8 septembre, il fallait être à l'opéra de Nancy pour assister à la rencontre avec Salman Rushdie ! 
L'auteur britannique a captivé la foule venue l'écouter avant de recevoir la médaille de la Ville de Nancy.

Salman Rushdie interrogé par Christophe Ono-dit-Biot
Salman Rushdie interrogé par Christophe Ono-dit-Biot © Sophie Gueffier / France 3 Lorraine
La file d'attente, impressionnante, s'étirait jusqu'à l'entrée de la Pépinière ! 
 Les lecteurs sont venus écouter les paroles d'un homme qui se fait rare en France.

Découvert par le public international, lors de la sortie de son livre "Les versets sataniques" en 1989, Il a longtemps été sous le coup d'une "fatwa". Même si elle est levée aujourd'hui, Il reste très discret et se déplace rarement de manière publique.
   
Sa parole est donc chère. 

Au début de la rencontre, menée par Christophe Ono-dit-Biot, l'auteur anglais, évoque cette période de sa vie. Les risques, les mesures de sécurité, il balaie tout d'un simple 

Je ne regrette rien !

En français, s'il vous plait ! 

Cela lui semble bien loin. 

Très vite, le directeur adjoint de la rédaction du Point, l'invite à parler de son nouveau roman "La maison Golden", sorti chez Actes Sud

Après avoir écrit mon précédent roman, qui était une sorte de conte de fées, je me suis dit que je ne voulais plus refaire de roman comme ça. Je voulais faire l'inverse, écrire un roman social.

C'est par l'angle de la famille et de la migration qu'il aborde donc son roman social. L'histoire d'un père venu d'Orient et de ses trois fils, qui s'installent à New-York pour échapper à un danger. 

"Shocking !" 

Malgré l'intensité du thème de son roman, Salman Rusdie n'a pas manqué de faire rire le public nancéien. 
Un rire en deux temps : première salve des spectateurs qui comprenaient l'histoire en anglais, suivie de peu - grâce à la célérité de la traductrice - par tous les autres.

Britannique oblige, l'auteur n'a pas résisté à raconter une anecdote sur un "supposé" voyage d'une hypothétique relique de Napoléon. Le périple de son pénis, loin de froisser l'assemblée française, l'a bien amusée. 

il était vraiment tout petit ! (Le pénis, pas Napoléon !)

a t'il conclu. 

Le propre de l'homme : raconter des histoires 

Son talent d'écrivain, il le doit à ses parents : à son père d'abord qui racontaient des contes des "Mille et une nuits". A sa mère ensuite, qui connaissait toutes les petites histoires de sa famille et des amis et qui les lui racontait aussi. 

Je ne te raconterai plus les histoires, car tu les mets dans tes livres et c'est moi qui ai les problèmes après !

Mais elle continuait à les lui raconter quand même....

Car pour Salman Rusdie, ce qui distingue l'homme de tout le reste du règne animal c'est cela :

Tell me a story ! Raconte-moi une histoire !

Voici qui résume la pensée de l'écrivain. L'homme veut des histoires.
Et l'homme d'aujourd'hui se déplace au gré de multiples migrations.

C'est ce qu'est devenu notre monde ! Un monde de migrants.
D'ailleurs, 

Il suffit de regarder l'Equipe de France !

Pour lui le plus bel hommage à la migration et un message à tous ceux qui voudraient détourner le propos. 

Ils sont champions du monde ! Vous n'avez rien à opposer à cela !

A la fin de la rencontre, avant d'assurer la séance de dédicaces, Salman Rushdie a signé le livre d'Or et s'est vu remettre la médaille de la ville de Nancy par Laurent Hénart. 
 

Laurent Hénart a remis la médaille de la ville de Nancy à Salman Rushdie
Laurent Hénart a remis la médaille de la ville de Nancy à Salman Rushdie © Sophie Gueffier / France 3 Lorraine


* C'est là qu'il fallait être
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