Il estime sa commune "maltraitée" par l’État et la Métropole : Hervé Féron, le maire de Tomblaine, démissionne

Dans L’Est Républicain et sur son site internet, Hervé Féron, le maire de Tomblaine annonce ce mercredi 15 mai 2024 sa démission. Il estime sa commune "maltraitée" par l’État mais plus surprenant, par la Métropole du Grand Nancy dont il est pourtant un des vice-présidents.

L'Est Républicain révèle en exclusivité sur son site internet la démission du maire de Tomblaine, Hervé Féron. À la tête de cette ville depuis plus de vingt ans et ancien député PS, l'élu de gauche, après des "semaines de réflexion" a décidé avec "une large partie du conseil municipal de Tomblaine... de démissionner pour protester contre le peu de considération qu’ont l’État, la préfète de Meurthe-et-Moselle, le président de la Métropole du Grand Nancy et ses services à l’égard de la commune de Tomblaine".

Nous souhaitons dénoncer les conditions indignes d'entassement de migrants et de gens du voyage sur notre commune par décision autoritaire de la préfecture et de la Métropole

Hervé Féron, maire démissionnaire

Sur son site internet, Hervé Féron déclare "défendre la ville de Tomblaine, l'intérêt des habitants et leur qualité de vie. Nous souhaitons dénoncer les conditions indignes d'entassement de migrants et de gens du voyage sur notre commune par décision autoritaire de la préfecture et de la Métropole".

Que l'élu s'en prenne à la Préfecture ne surprend guère. Mais quand il s'attaque frontalement au maire de Nancy et président de la Métropole, Mathieu Klein, il y a de quoi en perdre son latin. Préfecture et Métropole dans le même sac pour Hervé Féron : le vice-président en charge du Sport et grands équipements, n'hésite pas à parler d'"irresponsabilité de la part de la Métropole et de la Préfecture, ainsi que de leur mépris constant pour vos élus locaux et pour vous-mêmes. Nous vous donnerons toutes les explications nécessaires. Dans les 48h je m'adresserai à vous via les réseaux sociaux. D'ores et déjà un soutien massif de la population afflue de toutes parts. En prenant cette décision, en conscience, nous affirmons notre détermination et nous continuons à nous occuper de vous".

Dans L'Est Républicain, Hervé Féron lâche ses coups : "Mathieu Klein est arrivé en 2020, mais il est dans un consensus mou perpétuel" ; "Mathieu Klein m’avait promis des avancées et des décisions. Rien ne se passe". Selon lui, deux dossiers posent problème : l’installation, par la préfecture, "sans concertation avec la commune dans des conditions indignes et sans l’aide de l’État" de migrants en lieu et place de la caserne des pompiers en face du stade Marcel-Picot (une quarantaine de familles seraient concernées), et la gestion des gens du voyage à la Plaine Flageul par le Grand Nancy. "Il faut expliquer à la population que la fonction de maire est rendue impossible à cause de l'autoritarisme des services de l'Etat" a ajouté Hervé Féron au micro de France 3 Lorraine.

Hervé Féron et son équipe devraient annoncer cette démission lors d'un conseil municipal prévu ce jeudi 16 mai. Elle devrait entrer en vigueur le 5 juin. Des élections municipales anticipées pourraient être organisées. Avec Hervé Féron ? "Je ne sais pas si je me représenterai. Pour l’heure, je n’envisage pas d’être candidat" déclare l'intéressé dans L'Est républicain.

La réaction de Mathieu Klein

Dans un communiqué publié en fin d'après-midi, Mathieu Klein a déclaré prendre acte "à regret" de la démission d’Hervé Féron de son mandat de maire de Tomblaine. "La Métropole du Grand Nancy a, par la loi, la responsabilité de proposer une aire de grand passage qui fait défaut depuis de nombreuses années. Celle-ci s’est tenue jusqu’en 2020 à Maxéville et Essey, puis gérée de façon transitoire à Tomblaine" ajoute le maire de Nancy et président de la Métropole, "elle a vocation à être installée sur un site pérenne que le Grand Nancy est en train d’étudier activement. Par ailleurs, l’accueil des migrants et des demandeurs d’asile est un devoir républicain que nous assumons pleinement. Plusieurs communes du Grand Nancy sont depuis plusieurs années en première ligne. J’ai confirmé ces derniers mois à la préfète de Meurthe-et-Moselle que la Ville de Nancy était engagée pour renforcer son action et disponible pour accompagner l’Etat dans ses recherches de solutions. Je dois enfin tirer les conséquences des positions exprimées ce jour, entraînant le retrait de la délégation aux sports, dont je me chargerai d’assurer la continuité jusqu’à l’élection d’une nouvelle ou d’un nouveau vice-président".