INSOLITE. Nancy : un jardin social arrive en centre-ville

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Écrit par Thierry Pernin

A l’initiative du Pélican, qui propose des logements accompagnés, grâce aux bénévoles de l’association Carbone & Potagers et l’aide des habitants de la résidence sociale des quatre-églises de Nancy, un potager social urbain est inauguré ce vendredi 13 mai 2022.

Après sept mois de travaux, de préparation des sols et de plantations de végétaux endémiques, réalisés par l’association "Carbone & Potagers", aidée par les habitants du Pélican de la résidence sociale des quatre églises, un jardin nourricier de six cents mètres carrés est inauguré vendredi 13 mai 2022.

"Derrière la notion de potager social urbain se cache le simple concept d'un potager : d'abord parce qu'il est en ville et qu’il nous a permis, dans un premier temps, de requalifier des espaces verts on va dire décoratifs, visuels, en espaces verts utiles", explique le Directeur Général, Jean-Charles Ramelli. "Ensuite, un espace vert utile pour nous, c'est un espace vert qui peut fournir de l'alimentaire, c’est-à-dire de la nourriture : il est social puisque nous sommes un organisme social, qui accueille sur l’agglomération nancéienne environ quatre cents personnes isolées et en difficultés que nous logeons et que nous accompagnons."

Issue de la fusion de l’Association des Foyers de Travailleurs de Meurthe-et-Moselle et de l’association du Foyer Jean-Stauffer en 2004, l’association Le Pélican œuvre depuis 1947 dans le domaine du logement dit "très social" ou "accompagné".

Le premier potager social urbain qu’elle développe se trouve dans sa résidence sociale de Nancy, qui bénéficiera à peu près à trente-cinq personnes.

"Nous allons tenter de motiver ceux qui vont s’investir à la fois dans la conception, dans l’entretien de cet espace vert, mais aussi bénéficier directement des fruits et des légumes qui y seront produits", ajoute le Directeur Général. "Notre objectif, c’est qu’ils puissent se mobiliser sur l’entretien du jardin, l’arrosage, le désherbage, l’entretien des végétaux qui poussent : des fruits et des légumes. C’est aussi une façon de se rencontrer, de se sociabiliser, d’avoir une activité utile à la fois pour la collectivité et à la fois pour eux-mêmes."

Des résidents acteurs

Depuis le début, Tsomo et Ali participent activement à l’élaboration de ce jardin. La première est tibétaine et travaille comme femme de ménage. Le second est peintre et tchadien. Tous les deux évoquent leur goût pour le jardinage, le partage, mais surtout l’aspect écologique de ce potager.

C’est sympa à la fin d’avoir en bas de chez toi un jardin avec des fruits et des légumes

Ali

"J’aime bien le jardin", nous confie Tsomo Dawa Tsang. "J’ai planté des fruits et des légumes. C’est naturel. Il n’y pas de chimie dans ce que nous avons planté. C’est bien pour la santé. Il y aura beaucoup de fruits et de légumes pour les résidents. On pourra partager." Tsomo a même participé à l’achat des graines.

"Je trouve que c’est important de faire des choses contre le réchauffement climatique", souligne Ali Abdelawahad. "Et puis c’est sympa à la fin d’avoir en bas de chez toi un jardin avec des fruits et des légumes : même si je ne les cueille pas, forcement, ça me fait du bien."

D’ailleurs, l’association Le Pélican s’efforce de respecter la nature et l’environnement. Sa démarche éco-responsable porte aussi sur sa politique d’achat de matériel, sur l’ensemble de ses usages pour que chacun à son niveau puisse être un acteur du respect de son environnement immédiat.

Participer autrement

En pénétrant dans le Potager Sociale Urbain, tout de suite à droite, Alix de Ponnat nous entraîne dans son jardin, anglais celui-là : c’est sa participation au projet global en tant que résidente et peintre en décors.

"C’est ma pierre à l’édifice", déclare l’artiste. "Je suis peintre en décors, ce qui implique le décor, la restauration et la création de décors mais, à côté de ça, je fais aussi pas mal de portraits et autres commandes sur papier. Sachant que je pars de zéro, je n’ai jamais fait de fresque seule", ajoute-t-elle : "ça m’a permis de faire plaisir à la directrice, qui souhaitait un peinture murale, de faire plaisir aux autres résidents et me faire un peu la main sur ce travail."

C’est un petit coin de paradis, au centre de Nancy, où le Pélican a fait son nid afin de perpétuer les valeurs héritées de sa longue histoire et même si le contexte sociétal a profondément évolué, le but reste le même : accompagner celle et ceux qui rencontrent des difficultés.