Mars bleu : "il y a d'énormes progrès à faire pour le dépistage du cancer colorectal, c'est insuffisant"

A l'instar d'Octobre rose pour le cancer du sein, Mars Bleu est le mois de prévention pour ce cancer avec de nombreuses opérations sur le terrain. A partir de 50 ans et jusqu'à 74 ans, hommes et femmes sont invités à se faire dépister pour le cancer colorectal tous les deux ans. Cet examen indolore est essentiel pour le dépistage précoce d'un cancer qui fait plus de 17.000 victimes chaque année.

Chaque année, 43.000 nouveaux cas de cancer colorectal sont détectés et 17.100 malades en décèdent. C'est le deuxième cancer qui touche le plus les femmes et le troisième pour les hommes. On estime qu'une personne sur 25 sera atteinte par un cancer colorectal dans son existence.

Le Grand Est se place en première position des régions pour le dépistage avec 37,5% de personnes qui ont été dépistées pour les années 2019-2020. Pour autant, de gros progrès restent à faire en la matière pour qu'il y ait plus de dépistage et de prise en charge précoce qui permette d'augmenter ses chances de guérison de 90 à 100%.

Michel Dauça est président du comité de la Ligue contre le cancer en Meurthe-et-Moselle. Nous lui avons posé trois questions sur le dépistage du cancer colorectal.

  • Est-ce qu'à l'instar du cancer du sein, le dépistage du cancer colorectal avance ?

Il y a eu une grosse chute des dépistages avec la pandémie de Covid et les confinements et c'est aussi valable pour le cancer colorectal. Depuis, on remonte un peu mais cela reste très insuffisant et c'est assez désespérant. Il faudrait au moins atteindre les niveaux d'une personne sur deux comme c'est le cas pour le cancer du sein. C'est désespérant car nous sommes pourtant très présents sur le terrain. Une des conséquences du confinement, ça a été prouvé par des travaux, et pour le cancer colorectal en particulier : c'est que les médecins ont vu arriver des patients avec des stades de cancer plus avancés. Au lieu d'avoir des stades 1,2, ils avaient davantage de stades 3,4 beaucoup plus agressifs.

Ce qui bloque, c'est la peur du résultat. Pourtant, si le dépistage est précoce, les chances de guérison sont bien meilleures

Michel Dauça, président Ligue contre le cancer 54

  • Qu'est-ce qui bloque ?

Je précise que c'est un cancer qui concerne aussi bien les hommes que les femmes mais les femmes sont plus attentives à ces aspects de prévention. Pour les facteurs de risque, il y a aussi l'alimentation avec l'abus de viande rouge, de charcuterie, d'alcool, de tabac qui joue peut-être plus sur les hommes. Ce qui bloque, c'est la peur du résultat et la crainte que le test positif ne conduise à une coloscopie et à une anesthésie. Pourtant, dès lors que le dépistage se fait très tôt, les chances de guérison sont bien meilleures. Si le test est positif, le patient va passer par un gastroentérologue et par la coloscopie qui permettra d'introduire la sonde dans le tube digestif pour voir s'il y a des petits polypes qui commencent à apparaître. Cela permettra de les retirer in situ sans autres conséquences. Si ce polype se développe par contre, cela entraîne une possibilité de métastases, après quoi, vous entrez dans de la chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie.

On n'a pas non plus la culture de la prévention en France, contrairement à l'Australie et la Nouvelle-Zélande par exemple. Il y a énormément de progrès à faire et ça vaut pour d'autres cancers. Le papillomavirus responsable du cancer du col de l'utérus, qui provoque aussi des cancers ORL et dans d'autres régions du corps aussi bien pour les femmes que pour les hommes, pourrait être éradiqué par la vaccination. Le ministère de la Santé a d'ailleurs décidé récemment d'inciter à cette vaccination au collège et c'est une bonne nouvelle. 

  • En quoi consiste le test ?

Avant, on avait le test hémoccult, pour lequel il fallait faire trois prélèvements de selles sur trois jours et qui n'était pas complètement fiable. Celui qui est maintenant utilisé depuis trois ans, c'est un test immunologique. Dans le pilulier dans lequel on va tremper le bâton que vous avez frotté sur l'excrément, il y a des anticorps qui reconnaissent les protéines du sang. Ce qui est recherché, c'est le fait qu'un polype se mette à saigner et ce sang que l'on pourra détecter s'il y en a.

    Des actions de prévention prévues sur le terrain

    En Meurthe-et-Moselle, une table ronde a lieu ce vendredi 3 mars à Ludres avec des patients et des médecins. Jeudi 9 mars, le colon tour sera au CPN de Laxou et le 21 mars à la tour Pasteur d'Essey-lès-Nancy.  Deux trails sont organisés le 18 mars à Ludres et le 19 mars à Lunéville. Pour plus d'informations, vous pouvez joindre le comité départemental de la Ligue contre le cancer 54.

    Un défi connecté est également à relever du 20 mars au 18 avril seul ou en équipe avec un objectif de 44.000 km à parcourir au total avec tous les participants.

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