Nancy : fissures à l'hôpital, la CFDT lance un droit d'alerte

Suite à l'apparition de nouvelles fissures dans le batiment Philippe Canton du CHRU de Brabois, la CFDT de l'hôpital demande une expertise indépendante pour évaluer la dangerosité des lieux. Le syndicat et la direction s'inquiètent d'une possible évacuation en pleine crise sanitaire.
Suite à l'apparition de fissures dans le bâtiment Philippe Canton du CHRU, la CFDT demande une expertise.
Suite à l'apparition de fissures dans le bâtiment Philippe Canton du CHRU, la CFDT demande une expertise. © CFDT hôpital
Des fissures sur les murs de nombreuses pièces et même jusque dans le parking du bâtiment Philippe Canton, c'est ce que constate amer Stéphane Maire, secrétaire CFDT du CHRU de Nancy.
"130 locaux sont jugés dangereux, la moitié du bâtiment est impactée par des fissures et une première expertise a estimé que le bâtiment était dangereux en cas de départ de feu" explique le syndicaliste.
C'est ce bâtiment qui au plus fort de la crise sanitaire a accueilli les patients atteints de la Covid-19 au printemps 2020. 

Si on a une deuxième vague, qu'on doit héberger des malades dans ce bâtiment et qu'il faut les évacuer en urgence, où va-t-on les mettre ?

Stéphane Maire, CFDT CHRU Nancy


Cette affaire de fissures ne date pas d'hier mais la situation semble avoir empirée dans le bâtiment Philippe Canton où les premières craquelures sont apparues en 2017.
"Dans un bâtiment aussi récent, ça n'est pas normal qu'il y ait des fissures partout, il se passe quelque chose" se désole Stéphane Maire.
Le bâtiment que le CHRU loue pour la somme rondelette de 7,3 millions d'euros par an à l'entreprise Icarde a en effet été construit il y a à peine dix ans.
L'écartement des fissures est mesuré tous les quinze jours et les résultats sont transmis au propriétaire pour l'instant sans suite.
"Si on devait évacuer dans quelques mois si le site est jugé dangereux ça sera problématique. Si on a une deuxième vague, qu'on doit héberger des malades dans ce bâtiment et qu'il faut les évacuer en urgence, où va t-on les mettre ?" s'interroge le syndicaliste inquiet.
Face à cette situation inquiétante la CFDT de l'hôpital a décidé de lancer une procédure de droit d'alerte pour l'ensemble des agents de services travaillant dans ce bâtiment où seize locaux avaient déjà été évacués en 2018.

Une expertise indépendante

La direction de l'hôpital s'inquiète aussi de cette multiplication des fissures. Son directeur général adjoint se dit surpris et déçu que cet outil de travail qui devait être un support du nouveau CHRU connaisse déjà des dégradations.
La direction se joint à la CFDT pour demander une expertise générale du bâtiment qui sera réalisée par une société suisse.
Son objectif : évaluer la stabilité et la dangerosité du site.

On a besoin de connaître la nature et la cause de ces fissures et quelles mesures prendre pour renforcer le bâtiment et remédier à ce désordre.

Francis Bruneau, directeur général adjoint du CHRU de Nancy

Le parking souterrain du CHRU est lui aussi envahi de fissures sur ses piliers.
Le parking souterrain du CHRU est lui aussi envahi de fissures sur ses piliers. © Gregory Boileau

Une première expertise avait été demandée il y a deux ans dans le cadre d'une intervention judiciaire. Les conclusions définitives ne sont pas connues mais la présence de malfaçons dans la structure du bâtiment Philippe Canton semble se confirmer.
"On a besoin de connaître la nature et la cause de ces fissures et quelles mesures prendre pour renforcer le bâtiment et remédier à ce désordre" nous explique Francis Bruneau, directeur général adjoint du CHRU.

En fonction des résultats de l'expertise indépendante demandée plusieurs solutions sont envisagées :
"Il peut s'agir d'un renforcement du bâtiment mais nous pouvons aussi être amené à relocaliser 120 lits, soit en interne soit dans un bâtiment provisoire, soit un nouveau bâtiment, l'expertise doit nous guider dans cette démarche" précise Francis Bruneau.
L'expertise indépendante pourrait commencer en octobre et les conclusions pourraient être rendues en janvier 2021.
"Déménager ça serait une difficulté supplémentaire, on n'avait pas besoin de ça dans le moment actuel", conclut le directeur général adjoint.
 
Des fissures qui se multiplient
Août 2017 : apparition des premières fissures au premier étage du bâtiment Philippe Canton.
Début 2018 : fermeture de quatre pièces du premier étage.
Courant 2018 : 12 pièces supplémentaires sont évacuées au premier et 2ème étage.
11 juin 2020 : visite de sécurité de la commission départementale, des fissures sont repérées dans plus de quarante locaux du bâtiment.
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