Covid-19 : le blues des enseignants et des parents pour cette rentrée scolaire sous Omicron

Publié le Mis à jour le
Écrit par Cécile Boisson
Enseignants et parents appréhendent la rentrée des élèves avec le variant Omicron.
Enseignants et parents appréhendent la rentrée des élèves avec le variant Omicron. © Jean-Marc Quinet/BELPRESS/MAXPPP

Elèves, enseignants et parents confrontés à une nouvelle rentrée scolaire sous tension avec l’arrivée du très contagieux variant Omicron. Face à un énième protocole sanitaire dégainé dimanche 2 janvier par le ministre de l’éducation nationale, ils expriment leur lassitude.

"Maman, est-ce que je devrai garder le masque toute la journée", voilà une phrase que nombre de parents ont dû entendre ce lundi matin de la part de leurs jeunes enfants qui reprenaient le chemin de l'école. Une rentrée sous tension à cause du variant Omicron et ses plus de 230 000 contaminations au 31 décembre 2021, un chiffre inégalé depuis le début de la pandémie de Covid-19 et ça ne devrait pas s'arranger dans les semaines à venir.

Est-ce que je vais avoir un masque FFP2 et des capteurs de CO2 dans ma classe ? Ce sont cette fois les enseignants qui se posent la question de leur protection et de celle des élèves pour cette reprise.

On est armé avec des bouts de ficelle, l'impréparation est totale

François Wey, Secrétaire FSU 54

Joint ce matin par téléphone alors qu'il allait rejoindre ses collègues syndicalistes pour faire le point sur cette rentrée, François Wey, secretaire départemental de la FSU 54 avoue sa lassitude :

"comme d'habitude depuis le début de cette crise sanitaire, on apprend tout au dernier moment, cette fois c'est par le biais d'une interview de notre ministre dans un journal hier, la veille de la rentrée. On aurait aimé être prévenu un peu plus tôt, la manière est toujours dérangeante".

Le syndicat partage avec Jean-Michel Blanquer la volonté de garder les écoles ouvertes. "Mais on part dans l'inconnu, on est armé de bouts de ficelles, l'impréparation est totale, le risque c'est que les écoles ferment les unes après les autres" se désole François Wey.

" Nous n'avons toujours qu'une très faible part des établissements scolaires dotés de capteurs de CO2 dans le département comme ailleurs et nos demandes concernant une dotation en masques FFP2 sont restées lettre morte. Oui les FFP2 coûtent plus cher mais dans certains pays c'est devenu obligatoire, on est toujours en décalage".

Même son de cloche du côté de la FCPE. "Ce qui devrait être fait, ne l'est pas, il aurait fallu profiter des vacances pour avancer" assène pour sa part Christelle Caron, présidente de la Fédération des conseils de parents d'élèves de la Moselle.

"Le nouveau protocole sanitaire n'est pas à la hauteur, le ministre annonce seulement hier qu'il y a un fond de dotation de l'état pour le financement des capteurs de CO2, pourquoi si tard ! La seule question qui devrait se poser c'est comment faire pour qu'on se contamine moins à l'école mais on en est toujours au même point. Dans le secondaire, comment penser que les profs seront protégés avec un simple masque en tissu face à 37 élèves qui sortent de bus bondés !"

La responsable qui enfonce le clou sur les masques : certaines familles avec plusieurs enfants n'arrivent pas à payer de simples masques chirurgicaux, elles nous le disent, conséquences certains élèves gardent le même masque plusieurs jours !

Concernant les capteurs de CO2, Jean-Marc Huart le recteur de l'académie Nancy-Metz, invité du 19/20 sur France 3 Lorraine hier soir dimanche, a rappelé que ces fameux capteurs étaient de la responsabilité des collectivités, qu'il y avait bien une aide de l'état et qu'elle serait rétroactive au vu des investissements faits dans les établissements en 2021.

Des retours probables à la maison 

Autre spectre qui se profile, avec cette hausse attendue des contaminations, le retour des enfants à la maison et la nécessité d'assurer la continuité pédagogique.

"Ca n'est pas seulement un problème de garde d'enfant, il y a beaucoup de retard accumulé depuis deux ans, beaucoup d'enfants n'ont plus le niveau et les différences se sont accentuées" explique Christelle Caron.

Peu d'optimisme donc pour cette reprise et toujours les mêmes questionnements depuis la rentrée de 2021. Du côté de la FSU pas d'appel général à la grève pour autant. Pour le syndicaliste François Wey "ça serait contre-productif au vu du contexte et cela nous donnerait une mauvaise image".

Les syndicats qui espèrent le retour des tests salivaires mais de façon plus massive et saluent tout de même la mutiplication des tests lorsque l'élève est cas contact (trois dans la semaine).

Un rendez-vous est dores et déjà prévu avec le recteur demain mardi mais nos interlocuteurs avouent de pas attendre beaucoup de cette rencontre.

 

Les nouveautés du protocole sanitaire pour le dépistage et l'isolement des élèves

Il n’y aura plus de fermeture d’école systématique et les enfants cas contact vaccinés devront se faire tester à plusieurs reprises, c’est le principal changement de ce protocole.

  • Pour les cas contact de moins de 12 ans, il faudra faire un test antigénique ou PCR puis 2 autotests à J+2 et J+4 délivrés gratuitement lors du premier test. Les parents devront attester sur l’honneur de ces dépistages.

 

  • Pour les plus de 12 ans vaccinés plus d’isolement si l’on est cas contact mais un test antigénique ou PCR à faire immédiatement suivi d’un autotest à J+2 et J+4.

 

  • Les élèves positif à la Covid-19 qui sont vaccinés pourront sortir de leur isolement après 5 jours en l’absence de symptômes depuis 48 heures et un test PCR ou antigénique négatif.

 

  • Pour les élèves de plus de 12 ans non vaccinés ou ayant un schéma vaccinal incomplet l'isolement sera de 7 jours majorés à 10 en cas de symptômes persistants. Pour les cas contact l'isolement reste de 7 jours avec un test antigénique ou PCR à l'issue de l'isolement.

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