Transition écologique : “nous ne sommes pas à la hauteur des enjeux” pour le député lorrain Dominique Potier

Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle. / © Thomas Padilla/MAXPPP
Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle. / © Thomas Padilla/MAXPPP

Le député socialiste Dominique Potier réagit à la mi-octobre à la Convention citoyenne pour le climat. Voulue par Emmanuel Macron, elle réunit 150 personnes qui doivent proposer des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais au fond, est-ce qu'on ne connait pas déjà ces solutions?

Par Michaël Martin

Que faire pour réduire notre impact sur le réchauffement climatique? C'est la question posée à 150 citoyens tirés au sort et qui forment la Convention citoyenne pour le climat. Leurs travaux ont commencé début octobre 2019.
Mais finalement, nous connaissons tous, un peu, les mesures à prendre: réduire notre consommation de viande, préférer les transports en commun à la voiture personelle, etc.

Alors pourquoi la transition écologique tarde-t-elle tant? Nous avons posé trois questions au député PS de Meurthe-et-Moselle, Dominique Potier, qui mène déjà des actions dans le Toulois.

Pourquoi la transition écologique n'est-elle pas encore engagée?

"Je crois qu’on sait ce qu’il faut faire. On le fait un tout petit peu mais on n'est pas à la hauteur des enjeux. Aujourd'hui, il y a des freins psychologiques: si j’agis tout seul, je peux apparaître comme un imbécile et je me fais doubler par des gens qui n’ont pas la même ethique du partage et de la sobriété que moi. Ou encore, on n'a pas forcément le mode d’emploi. On sait que rénover sa maison c’est 25.000 à 50.000 euros. On sait qu’on va amortir cet argent en 5 à 10 ans. S’il n’y a pas de conseil et d’accompagnement nécessaire auprès des particuliers pour rénover sa maison, s’il n’y a pas de prêt à taux zéro (PTZ), cela ne se fera pas facilement. Aujourd'hui, on renove des milliers de logements, il faudrait en rénover des centaines de milliers. Et d'autres contraintes, comme parfois la ligne de bus qui manque ou l’horaire de train, ou la piste cyclable. Il faut que j’ai une solution alternative avant de penser à me passer de ma voiture.

Nous ne sommes pas à la hauteur des enjeux!
- Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle

Il faut de l’action publique, et il faut aussi un changement dans les esprits. Et c’est quand les deux se rencontreront que l’on pourra opérer un grand changement."

Est-ce que c'est un problème d'argent?

"Ce n'est pas vraiment un problème de financement mais un problème de choix politiques. Toutes les ONG en France estiment qu’avec 30 milliards d'euros, on a assez pour engager la transition énergétique. Sur ces 30 milliards,  il y en a 10 qui viendront des citoyens français, par leurs choix de mobilité et d’habitat. Dix autres milliards viendront des entreprises, qui ont déjà commencé leur transition. Elles ont à y gagner et leur image en dépend.

Pour engager la transition écologique, il faut 30 milliards d'euros.
- Dominique Potier

Et il faut trouver 10 milliards d'euros dans le budget de l’Etat. Est-ce que c’est inaccessible? Bien sûr que non: on a un budget public global en France de 1.250 milliards d'euros. C'est un problème de volonté politique."

Qu’est-ce qui est déjà entrepris dans le Toulois?

"Nous avons entrepris de mutualiser 50 actions qui font du changement pour de vrai, qui mobilisent les citoyens, les collectivités locales les entreprises. Et on a fait un contrat avec l’Etat pour accompagner ses 50 actions. Par exemple, dans le plan bâtiments publics, c’est un soutien de trois millions d’euros de subvention qui a généré six millions d'euros de travaux dans 150 collectivités. C’est essentiellement de l’isolation thermique dans des bâtiments publics, des écoles, des mairies, des crèches, etc.

Nous menons 50 actions qui font du changement pour de vrai.
- Dominique Potier

Cela a produit cinq millions de kilowatt/heure (kWh) qui ne sont plus gaspillés, c’est autant de dioxyde de carbone (CO2) qui n'est pas gaspillé dans l’atmosphère. C’est l’équivalent d’une ville comme Foug ou Chaligny, en Meurthe-et-Moselle, qui comptent environ 3.000 habitants (ou 1.000 foyers) et dont on efface totalement l’impact carbone et énergie."
 

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