La sécheresse continue encore et toujours de frapper la région Lorraine. Avec désormais des conséquences pour les viticulteurs. Ainsi, à Bruley (Meurthe-et-Moselle) dans les vignes le manque d'eau est désormais bien visible, avec des raisins littéralement asséchés. Une situation qui inquiète la profession.
A Bruley (Meurthe-et-Moselle), les vignes souffrent de la sécheresse. L’un des premier impact est visuel. Certains plans ont des difficultés à pousser et les feuilles sont jaunies à cause du soleil. Thomas Colson est viticulteur au domaine de l'Ambroisie. "Il y a un deuxième effet qui est complètement contraire à ce que les gens pourraient penser, la chaleur finit par bloquer la maturité. Et on était sur une année relativement précoce et au final on voit bien que les raisins évoluent très lentement". Et il ajoute : "Les raisins ont du mal à changer de couleur c’est ce qu’on appelle la véraison, car elle a démarré il y a déjà quinze jours".
En effet, la véraison c'est le moment de l'année où le grain de raisin gonfle et passe du vert au rouge vif pour les raisins noirs, au jaune translucide pour les raisins blancs, ou au rosé pour les raisins gris. Il commence à prendre la couleur qu'il aura à maturité. "Le manque d'eau met les vignobles à rude épreuve car ils se fatiguent prématurément. Les jeunes vignes, si elles ne sont pas arrosées elles meurent".
Les vignes souffrent de la sécheresse
Ainsi, certaines grappes restent exposées très et trop longtemps au soleil, et elles sont sont asséchées. Les raisins sont victimes d’échaudage et ils ne sont plus récupérables. Selon les relevés des viticulteurs, l’année dernière en 2021, de début janvier à début août, il avait plu 600 millimètres. Pour cette année en 2022, les précipitations ont diminué de moitié, avoisinant à peine les 300 millimètres .
Il y a un deuxième effet qui est complètement contraire à ce que les gens pourraient penser, la chaleur finit par bloquer la maturité. On était sur une année relativement précoce et au final on voit bien que les raisins évoluent très lentement.
Thomas Colson, Domaine de l'Ambroisie, Toul
Les viticulteurs attendent, et espèrent, la pluie pour le mois d’août. Stéphane Vosgien le président de l'Organisme de Défense et de Gestion de l'appellation Côtes de Toul. Il nous explique : "Pour que ça vaille le coup il faudrait au moins 20 millimètres mais s’il y a 10 millimètres ce sera déjà ça".
La sécheresse va donc obliger les viticulteurs à vendanger plus tôt. Ils devront cueillir les grappes dès le début du mois prochain contrairement à fin septembre pour un été ordinaire. L’incertitude plane mais ils ne perdent pas espoir. La pluie pourrait revenir d’ici mi-août.