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Bataille de Verdun : une pétition pour ne pas sortir des livres d’Histoire

Ossuaire de Douaumont et nécropole nationale de Douaumont près de Verdun (Meuse). / © Juliette Freysson
Ossuaire de Douaumont et nécropole nationale de Douaumont près de Verdun (Meuse). / © Juliette Freysson

A la rentrée de septembre, la bataille de Verdun ne sera plus enseignée dans les lycées. Elle sera remplacée par la bataille de la Somme, jugée « plus internationale ». Une décision du Conseil supérieur des programmes qui provoque de sérieux remous. Une pétition a été mise en ligne.

Par Jean-Christophe Panek

Mise à jour : dans un tweet publié à 11h42 ce dimanche 24 mars, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer tente de clore la polémique sur l'enseignement de la bataille de Verdun en classe de première. "La bataille de Verdun sera évidemment étudiée en 1ère. Elle n’était pas dans les précédents programmes. Les nouveaux sont plus détaillés et chronologiques. Avec une partie sur la guerre de position. Verdun, déjà étudié en 3ème, est indissociable de la bataille de la Somme". Cette mise au point a été saluée par Jean Rottner, le président de la région Grand Est.

Merci pour cet engagement et cette clarification. Verdun est une bataille mais aussi le fondement d’une Histoire européenne contemporaine.
- Jean Rottner, le président de la région Grand Est-



Au départ de la grogne une décision du le Conseil supérieur des programmes, annonçant la sortie des livres d’Histoire de la bataille de Verdun, qui ne serait plus enseignée dans les lycées dès la rentrée 2019. Les réactions ont été vives sur les réseaux sociaux. Quelques mois après le centenaire de l'armistice de 1918. 

Parmi les réactions de colère, celle du député (Mvt Radical) de la Meuse, Bertrand Pancher. Pour lui "cette décision est absurde". Il avait d'ailleurs suivi de près le président Macron de sa venue à Verdun pour le Centenaire de l'Armistice à l'automne 2018. 
 

Nombreux sont les élus de la région Grand Est à monter au front avec détermination. Parmi eux, le sénateur meusien Gérard Longuet qui se déclare « consterné par le choix du Conseil des programmes de l’Education Nationale qui préfère les défaites aux victoires et méconnaît le rôle décisif et la place de Verdun tant dans la victoire de la Marne que dans la tenue du front tout au long de la guerre… Apprenons aux jeunes nos épreuves victorieuses ».
 
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Verdun, ne jamais oublier...

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Du côté de l’Ossuaire de Douaumont, le directeur Olivier Gérard avoue avoir appris « la nouvelle par les médias… Et de façon brutale ! Jamais, nous n’avons été approchés par les pouvoirs publics pour en discuter ! On nous parle de dimension internationale avec la bataille de la Somme.

A l’heure du Brexit, à l’heure où le Royaume Uni quitte l’Europe ! Franchement ! Verdun, n’oublions pas aussi que c’est la poignée de main entre Kohl et Mitterrand, c’est un des socles de l’amitié franco-allemande et de la construction européenne… Verdun, c’est la reine des batailles, celle qui est inscrite dans le cœur des hommes. Je le répète souvent mais oublier le passé, c’est être condamné à le revivre ! Cette décision du Conseil supérieur des programmes, j’y suis fermement opposé !"

Pétition en ligne 

Dans un communiqué publié samedi 23 mars, le président de la région Grand Est, Jean Rottner a qualifié cette décision de « faute contre l’esprit !... Car Verdun n’est pas un simple événement historique, c’est un « lieu de mémoire » qui symbolise tout à la fois les déchirements franco-allemands et la réconciliation de nos deux nations. J’appelle les historiens français et allemands, les élus et les citoyens du Grand Est à se mobiliser contre cette décision inique ».

J’appelle les historiens français et allemands, les élus et les citoyens du Grand Est à se mobiliser
Jean Rottner, Président de la région Grand Est

Une pétition a été mise en ligne pour demander la réintégration de la bataille de Verdun dans les programmes scolaires. Lancée samedi 23 mars elle a été signée par 4.578  personnes ce dimanche. Féru d'Histoire, et passionné par la Lorraine, l'animateur de France Bleu Lorraine Jérôme Prod'homme est à l'origine de cette pétition. "Verdun. Une guerre dans la guerre. 1 tonne d'obus au mètre carré. 300 jours de combats et surtout 300.000 morts...Verdun DOIT être enseigné à nos enfants ! Et on veut l'enlever des programmes scolaires...Ils deviennent fous !" a-t-il écrit dans son texte d'appel à la mobilisation.  

Samuel Hazard, le maire de Verdun au président de la République : « J’en appelle à votre sens de l’Histoire »

Localement, la décision est incompréhensible et mal vécue. Le maire de Verdun, Samuel Hazard, par ailleurs professeur d'Histoire, a publié ce dimanche 24 mars sur sa page Facebook, une longue lettre adressée au chef de l'Etat, Emmanuel Macron. Pour dénoncer ce changement annoncé dans l'instruction des lycéens. Voici un extrait de son texte. 
 
Le président Emmanuel Macron lors de sa venue à l'ossuaire de Douaumont près de Verdun en novembre 2018. / © Matthieu Mercier, France 3 Grand Est
Le président Emmanuel Macron lors de sa venue à l'ossuaire de Douaumont près de Verdun en novembre 2018. / © Matthieu Mercier, France 3 Grand Est


Extrait du courrier adressé par Samuel Hazard, maire de Verdun,  à Emmanuel Macron.

« Aujourd’hui, à la lecture des nouveaux programmes d’histoire de 1ère entrant en vigueur à la prochaine rentrée scolaire, le professeur d’histoire et Maire de Verdun que je suis se pose cette même question. « Comment ont-ils pu ? »… Mon propos n’a pas pour objet la concurrence mémorielle entre deux batailles... chacun sait le rôle qu’a pu jouer la bataille de la Somme dans la Défense de Verdun. Mais Verdun est et restera à jamais dans nos mémoires, individuelle et collective le seul nom de la Grande Guerre.

De fait, le choix de ne plus enseigner Verdun est une faute historique, politique et morale… La bataille devant Verdun fait partie de notre histoire, individuelle, nationale, européenne et internationale; et le restera pour l’éternité. Nous le devons à nos aïeux morts pour nos Libertés.
-Samuel Hazard, maire (PS) de Verdun-

 
Monsieur le Président, j’en appelle donc à votre sens de l’Histoire pour que le Conseil supérieur des programmes de l’Education nationale n’inflige pas cette « deuxième mort du poilu » tant redoutée par ce dernier. Peu de temps avant de nous quitter, Lazare Ponticelli s’exclamait par ces mots « Ne nous oubliez pas ! »



 

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