Hayange : l’usine à rails passe sous pavillon chinois

L'usine d'Hayange lamine notamment les rails pour les lignes à grande vitesse. / © FTV Lorraine
L'usine d'Hayange lamine notamment les rails pour les lignes à grande vitesse. / © FTV Lorraine

Après la mise en faillite de leur maison-mère British Steel en mai, les 440 salariés du site sidérurgique savaient qu’ils allaient changer de propriétaire avant la fin de l’année 2019. C'est le groupe chinois Jingye qui a été choisi par le mandataire britannique.
 

Par Emmanuel Bouard

Le rachat de l'usine à rails d'Hayange c’est un feuilleton comme la sidérurgie en produit désormais régulièrement.
Condamnée jusque dans les années 80 à rester éternellement sous la coupe de barons de l’industrie, la sidérurgie est aujourd'hui habituée à voir ses entreprises disparaitre, fusionner, se racheter… A un rythme qui s’accélère de manière effrénée. Pendant plusieurs siècles elle a été considérée comme une industrie lourde, avec des cycles longs, et des investissements à long terme: depuis les années 90, jamais les usines lorraines n’avaient changé aussi souvent de propriétaire. Et parmi toutes, celle d’Hayange bat tous les records: cinq propriétaires en vingt ans!

Fini British Steel

En mai dernier, la justice britannique a mis en faillite la maison-mère de l’usine d’Hayange, British Steel, qui avait racheté en 2014 une grande partie des actifs de TataSteel en Grande Bretagne et sur le continent.
C'est le groupe chinois Jingye qui a été finalement choisi par le mandataire britannique. Le fonds de pension turc Oyak avait pourtant tout pour devenir le nouveau propriétaire de l’usine à rails mosellane, qui lamine notamment les rails des lignes à grande vitesse. Celui-ci avait fait une offre fin août 2019 et obtenu des négociations exclusives avec le mandataire britannique chargé de liquider les actifs de British Steel.
Mais selon le quotidien Les Echos, les fournisseurs de British Steel auraient refusé de revoir à la baisse le prix de leurs contrats, mettant fin aux négociations avec les Turcs, fin octobre.
Le pavillon British Steel flotte toujours à l'entrée du site d'Hayange, mais bientôt l'usine changera de propriétaire. / © Emmanuel Bouard/France 3 Lorraine
Le pavillon British Steel flotte toujours à l'entrée du site d'Hayange, mais bientôt l'usine changera de propriétaire. / © Emmanuel Bouard/France 3 Lorraine

Pavillon chinois

Insolvency Service, l'organisme public britannique chargé de la faillite de British Steel a annoncé lundi 11 novembre qu' " un contrat de vente a été passé avec Jingye Steel (…) pour racheter les activités et actifs de British Steel Limited (BSL), y compris les aciéries de Scunthorpe (nord de l’Angleterre), les fonderies britanniques, des parts de FN Steel BV (filiale aux Pays-Bas) et British Steel France Rail ". Ce conglomérat chinois, qui est également présent dans d’autres secteurs économiques comme le tourisme ou l’immobilier, produit déjà 15 millions de tonnes d’acier par an. Il rachèterait donc une grande partie des actifs de British Steel. Le montant du rachat n’a pas été précisé, mais d’après plusieurs sources dont la BBC et Reuters, il pourrait s'élever à 70 millions de livres soit 81,2 millions d’euros.
A Hayange, la surprise l'emporte sur la résignation. " On est au courant de rien, on n'a pas été informé officiellement, ni même consulté sur ce rachat " explique Djamal Hamdani, membre CFDT du conseil d'administration de l'usine. 
 

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