Grand débat. Gabriel et Céline, sans domicile fixe à Metz : le logement c’est la base de tout

A l'occasion du Grand Débat National, le réseau France 3 a souhaité donner la parole aux citoyens, entendre leurs idées, leurs espoirs, leurs craintes, l'image qu'ils se font d'une République exemplaire. Céline et Gabriel, sans domicile fixe à Metz, demandent un plus simple accès au logement.
Pour Céline, 33 ans, sans domicile fixe à Metz, trouver un logement c'est un parcours du combattant.
Pour Céline, 33 ans, sans domicile fixe à Metz, trouver un logement c'est un parcours du combattant. © M.M.
Leurs histoires personnelles sont compliquées. Leur vie est éclatée, en mille morceaux, mais Céline, 33 ans comme Gabriel 50 ans, tentent jour après jour de reconstruire leur vie sociale. Nous les avons rencontré à Metz, à l'occasion de l'ouverture du grand débat national, pour leur demander quelles seraient leur propositions en matière d'accès logement. Eux qui sont en première ligne. 

Gabriel a la cinquantaine. Il vit aujourd’hui dans un appartement prêté, à Metz de manière provisoire. Il arpente les couloirs des locaux de l’association Emmaüs. Il connaît chaque endroit de Metz où il existe un lien social, où trouver un café chaud ou une soupe. Fin janvier, il a participé à une action locale menée par Emmaüs pour sensibiliser le grand public au problème du mal logement. Avec sa casquette et sa barbe grise, il a la voix qui porte. Ses solutions pour tenter de remédier à la situation sont concrètes. Et il sait de quoi il parle.

"D’abord, on pourrait ouvrir les églises ou les gares. Comme ça se faisait dans le temps. Pas la peine d’inventer, les logements ils sont là. mais faudrait pas que certains profitent de ça pour casser".

Le peuple doit se prendre en main. Faut avancer aussi par nous même.

"Faudrait que les logements soient plus accessibles. Il y a trop de logements vacants. Mêmes s’ils ne sont pas en bon état. Au lieu de casser des immeubles insalubres, on les détruit, mais certains s’en contenteraient. C'est difficile à accepter quand on vit dans la rue".

Selon la directrice Grand Est de la Fondation Abbé Pierre, Véronique Etienne, il y aurait 5 000 logements vacants de manière structurelle, depuis plus de trois ans, dans l'agglomération de Metz. Elle demande elle aussi une action concrète des pouvoirs publics pour agir. 

Un parcours du combattant


Céline, elle, a 33 ans. Elle évoque un parcours du combattant pour trouver un logement. Il y a quelques années, elle a été battue, puis placée à l’hôpital et dans un foyer duquel elle a été virée. Pour finir à la rue. Se loger, selon elle, c’est très compliqué. "Il faut se bouger. Passer par le 115, remplir des dossiers".

Pour transformer les choses, elle hésite…"Il faudrait sensibiliser. Que les gens soient mieux formés, nous comprennent davantage. Avoir vécu notre situation. Bien les orienter, pas leur faire faire le tour de la planète à chaque fois. Pour obtenir des papiers tout est complexe. Pour obtenir une carte d’identité, j’ai été bloquée. Pour obtenir une place dans un foyer, j’ai attendu deux mois.
On a eu un numéro, un rendez-vous. Et on a été pris le jour même. Après il a fallu refaire des papiers. Pour obtenir un logement pour nous on a déposé un dossier…On attend
".
   

Un souhait pour transformer les choses ? Le logement plus accessible

Quand on a un logement on n'a pas les tracas de la rue. On peut chercher du travail tranquillement.

Les gens demandent tellement de papiers. Souvent, notre situation, sans logement fait peur aux recruteurs. On se sent enfermé. Et puis certains logements sont hors de prix". Céline est en train de trouver des solutions, aujourd'hui elle vient d'intégrer un logement avec son compagnon. Elle devrait pouvoir se poser et commencer à chercher un travail pour sortir de la spirale du mal logement. Un début de nouvelle vie ? 

Video : les témoignages de Gabriel et Céline. 
 
Céline et Gabriel (sans domicile fixe) à Metz : faciliter l'accès au logement




 
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