Justice : Mort de Corentin, 11 ans, lors d’une opération, en 2014, à Metz, un complément d'information ordonné

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Écrit par D. Durand avec AFP

La justice a ordonné un supplément d'information portant sur le passé professionnel d'un chirurgien qui avait opéré Corentin. L’enfant de 11 ans est mort des suites d'une intervention pour une appendicite en 2014 à Metz.

Le passé professionnel d’un chirurgien qui avait opéré Corentin fait l’objet d’un supplément d’information ordonné par la justice. En 2014, l’enfant de 11 ans avait perdu la vie à Metz des suites d’une intervention pour une appendicite.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Reims a ainsi fait droit à une demande des parents.

Elle a considéré que "des dysfonctionnements opérationnels existaient au sein de l'établissement de soins", que "les personnels présents n'étaient pas formés de manière adéquate", et qu'il convenait donc de "retourner le dossier au juge d'instruction", peut-on lire dans l'arrêt du 30 juin.

"C'est une satisfaction d'avoir été entendus, cela montre que l'affaire ne peut en rester là", a réagi auprès de l'AFP le père, Pierre Jeras, qui, avec la mère du garçon, avait porté plainte contre X dès le lendemain du décès de l'enfant.

Au total, sept praticiens sont intervenus au chevet de Corentin

Corentin, admis le 31 octobre 2014 dans la clinique Claude-Bernard de Metz pour des douleurs au ventre diagnostiquées comme une appendicite, avait été opéré le lendemain. Mais l'intervention avait été arrêtée lorsqu'un choc avait été constaté à la pose d'un tube utilisé pour des cœlioscopies, une technique chirurgicale qui permet d'opérer à l'intérieur du ventre en ne faisant que des petites incisions.

Selon une source proche du dossier, c'est à cette occasion que l'aorte de l'enfant a été touchée, provoquant un choc hémorragique trop tardivement décelé.

Au total, sept praticiens sont intervenus au chevet de Corentin, décédé le lendemain au CHU de Nancy, où il avait été transféré en urgence au bout de neuf heures d'opération à Metz.

En 2020, le Parquet de Reims avait requis le renvoi en correctionnel pour homicide involontaire des deux chirurgiens qui avaient opéré l'enfant, et avaient été suspendus par l'Ordre des médecins en 2016 pour respectivement trois et deux ans.

Onze sinistres indemnisés en treize mois de présence en Lorraine

Le supplément d'information a été ordonné sur le passé de l'un d'entre eux, mis en cause par M. Jeras. Selon ce dernier, un rapport de l'assurance de ce praticien fait état "au moins de onze sinistres indemnisés en treize mois de présence en Lorraine et pour des préjudices importants au regard des indemnisations".

Les parents espèrent avec cette reprise de l'instruction ouvrir à terme la voie à une mise en cause de la clinique Claude-Bernard de Metz et du Conseil de l'Ordre des médecins.