Nancy : condamnation de trois policiers de Verdun pour non-assistance à personne en danger

Le commissariat de Verdun. / © Archives France 3 Lorraine - FTV
Le commissariat de Verdun. / © Archives France 3 Lorraine - FTV

Le tribunal correctionnel de Nancy a condamné mercredi 14 août trois policiers du commissariat de Verdun. En 2015, ils n'avaient pas donné suite à un appel leur signalant les actes de barbarie subis par une jeune fille de 20 ans.

Par Jean-François Didier

En mars 2015, trois policiers du commissariat de police de Verdun (Meuse) avaient négligé un appel téléphonique de détresse dénonçant de nombreuses violences et sévices à l'encontre de Clara, une jeune handicapée âgée de 20 ans, déficiente mentale. Cet appel avait été passé par l'un des tortionnaires de la victime.

Au téléphone, l'homme avait fortement détaillé les violences subies à de multiples reprises par la jeune fille  à un adjoint de sécurité en présence de deux autres gardiens de la paix qui avaient entendu toute la conversation.

La bande son écoutée lors du procès

Au cours du procès le 26 juin 2019, la présidente du tribunal a fait passer la bande son complète de l'appel. Les lieux des violences, les identités de la victime et de ses bourreaux,  tout est décrit avec précision dans l'enregistrement. L'auteur du coup de téléphone avoue même qu'il est pris de remords en leur révèlant qu'il est l'un des acteurs de ces scènes de barbarie. Ecoeuré par la violence en réunion, il leur dit même que la victime est en danger de mort.

Il n'avait pas été pris au sérieux et aucune décision n'avait été prise par les fonctionnaires de police. Pour François Pérain, procureur de la République de Nancy : " les trois policiers ont failli à leur mission de protection des biens et des personnes"

Condamnés avec sursis

Ce jeudi 14 août 2019, après délibéré, les trois policiers ont été condamnés pour "non-assistance à personne en danger". 
Un adjoint de sécurité, âgé de 24 ans, est condamné à deux mois de prison avec sursis. Les deux gardiens de la paix, âgés de 42 et 44 ans, sont sanctionnés d'un an de prison avec sursis. Ces derniers devront aussi verser 5.000 euros de dommages et intérêts à la victime, qui s'était constituée partie civile.

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