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On vous explique pourquoi il n'y a plus de gardes entre minuit et 8h dans la Marne, l'Aube et les Ardennes

Les permanences entre 20h et minuit sont toujours assurées. Entre minuit et 8h, il faut appeler le 15 / © James Hardy / MaxPPP
Les permanences entre 20h et minuit sont toujours assurées. Entre minuit et 8h, il faut appeler le 15 / © James Hardy / MaxPPP

Le conseil national de l’Ordre des médecins a publié une enquête sur la permanence des soins ambulatoires. Dans la Marne, l'Aube et les Ardennes, aucune permanence n'est assurée entre minuit et 8h. En cause: le manque de médecin, un processus coûteux et des changements de mentalités.

Par FM avec Vincent Thollet

Aucun médecin de garde entre minuit et 8 h du matin. La situation pourrait surprendre et pourtant, elle a cours depuis plusieurs années dans les Ardennes, la Marne et la Haute-Marne, selon un rapport publié ce 25 mars par l'ordre national des médecins.

Dans ces trois départements, entre minuit et 8 heures, c’est le centre 15 qui prend le relais, avec un médecin régulateur qui répond par téléphone. S’il estime qu’il y a urgence, le praticien envoie une ambulance qui emmène le patient à l’hôpital. Le système existe dans la Marne par exemple depuis plusieurs années, et il est le fruit d’un accord entre médecins et l'agence régionale de santé (ARS).

Sur cette carte twittée par une journaliste d'agence de presse spécialisée dans les questions de santé, on remarque que le taux de couverture des trois départements est de 0%. Les malades doivent obligatoirement passer par le centre 15 entre minuit et 8h :

On vous explique les trois raisons de ce fonctionnement.
  • Les gardes de nuit trop coûteuses
Ce que l'on appelle les gardes en "nuit profonde", c'est-à-dire entre minuit et huit heures du matin, sont très coûteuses pour l'assurance maladie, puisque les consultations sont plus chères la nuit. En Champagne-Ardenne, le tarif peut aller de 100 à 450 euros entre minuit et 8h, contre 50 à 75 euros entre 20h et minuit.

De plus, les médecins marnais soulignent le fait que les appels sont peu nombreux la nuit, et qu’en cas de doute, une ambulance est envoyée pour un examen à l’hôpital. Si ce n'est pas le cas, les personnes sont rappelées durant la nuit pour savoir comment évolue leur état.
 
  • Le manque de médecins volontaires
C'est la raison la plus importante. Le manque de médecins volontaires pour assurer des gardes en nuit profonde. Les praticiens préfèrent abandonner la nuit pour concentrer leurs gardes sur d’autres horaires, où les demandes des patients sont plus nombreuses, en l’occurrence entre 20h et minuit.

Sur cette carte publiée dans l'étude de l'ordre des médecins, on voit que le territoire est couvert à 100% par des médecins de garde entre 20h et minuit.
Le taux de couverture entre 20h et minuit passe à 100% pour la Marne, la Haute-Marne et les Ardennes. / © Ordre national des médecins
Le taux de couverture entre 20h et minuit passe à 100% pour la Marne, la Haute-Marne et les Ardennes. / © Ordre national des médecins
 
  • Des mentalités qui évoluent
Les mentalités changent, y compris celles des jeunes praticiens. Bien souvent, les médecins ne veulent plus faire de garde après minuit. "Quand on est d'astreinte chez soi de minuit à 8h, on dort mal, on n'a pas de sommeil récupérateur, explique Hervé Ruinart, président d'un syndicat de médecins. Si je dois faire une astreinte et appeler un remplaçant pour le lendemain, ce n'est pas jouable."

"Les jeunes ne veulent pas se lancer dans cette pratique-là, et ils ont raison, il en va de leur santé. Nous, à un âge plus avancé, on a pas envie physiquement de le faire. On deviendrait dangereux pour nos patients, car moins attentifs pour les diagnostics."
- Hervé Ruinart, président Marne Syndicat médecins MG France

 
  • Quels risques pour les malades ?
Faire appel au 15 lorsqu'on réside à Troyes, Reims ou Charleville ne pose pas de problème. Mais cela peut s'avérer plus compliqué lorsque l'on habite loin d’un hôpital.

Cela renvoie aux limites du médecin régulateur qui tente d’évaluer par téléphone l’urgence ou non d’un appel. Surtout dans le Grand Est à la suite du décès de Naomi, la Strasbourgeoise décédée le 29 décembre 2017 après avoir appelé le Samu pour des maux de ventre. La réponse de l'opératrice, qui ne l'avait pas prise au sérieux, avait suscité de vifs débats.

Le recours au 15 après minuit est appelé à se développer. Depuis début 2019, c'est l’ensemble de la région Grand Est qui y est passé.
 

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