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“Une plaie qui ne se refermera jamais” : le père de Quentin Mourier, la victime alsacienne du Bataclan, témoigne

Quentin Mourier, ici à droite, avec son père et son petit frère, en été 2015 / © Document remis
Quentin Mourier, ici à droite, avec son père et son petit frère, en été 2015 / © Document remis

Le 13 novembre 2015, Quentin Mourier tombait sous les balles des terroristes du Bataclan. Un verger, créé sur une parcelle d'espace vert au pied d'un immeuble à Mulhouse-Dornach, portera bientôt son nom. Le jeune architecte alsacien souhaitait valoriser l'agriculture en ville.

Par Danièle Léonard

Jean-Luc Mourier, son père qui habite à Bollwiller, n'a pas participé aux cérémonies de commémoration qui ont eu lieu aujourd’hui à Paris. Invité par Anne Hidalgo, la maire de la capitale, il n’avait pas envie d'y aller. « Je ne me sens pas prêt », explique-t-il. Il a décliné aussi l'invitation du Bataclan, pour le concert hommage aux victimes du 13-Novembre offert hier soir par Sting.

Depuis ce funeste vendredi soir, Jean-Luc n’a pas trouvé la force de retourner sur les lieux de la tragédie. Début 2016, accompagné de son plus jeune fils, il est allé à Paris, voir les amis de Quentin et Blandine, sa compagne, "pour passer un peu de temps ensemble". Soudés dans le souvenir du jeune homme. Comme Quentin, ils sont tous architectes.

"Mathieu l'accompagnait au Bataclan ce soir-là... Il a réussi à s'échapper par les toits de la salle de spectacle, avec un groupe de gens, de longues minutes après le début de la tuerie", raconte Jean-Luc. Mathieu a eu de la chance.


"Quentin était un garçon profondément humain"


Papetier dans une entreprise suisse, il n'avait pas revu son fils ainé depuis l'été et ces quelques jours de vacances passés à Interlaken, avec son petit frère Valentin. Mais il l'avait eu au téléphone juste avant le concert du Bataclan.

"Quentin était un garçon profondément humain", dit-il. Diplômé de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles, le jeune homme de 29 ans préparait sa thèse de doctorat. "Le mieux vivre en ville, c'était le sujet... Il croyait aux valeurs du partage".

"Je n'éprouve pas de haine


Un an après sa mort, la douleur ne s’amenuise pas. Au contraire. « C’est une plaie qui ne refermera jamais », confie Jean-Luc. Même si la vie continue. Il affirme"ne pas éprouver de haine" à l'égard des assassins du 13-Novembre, mais il ne les excuse pas. Il ne comprend pas "comment on peut entrer dans l’esprit des gens pour les inciter à tuer».

"Il faut empêcher ces terroristes de nuire", ajoute-t-il, "il n'y a pas 36 solutions, il faut les expulser ou les enfermer". Père inconsolable, il en veut au gouvernement français "qui ne fait rien pour éradiquer les armes de guerre".

Le 3 décembre, sera inauguré un verger créé sur une parcelle au pied d'un immeuble à Mulhouse-Dornach par l'association "Vergers Urbains". Il portera le nom du jeune architecte alsacien, l'une des 130 victimes des attentats du 13-Novembre.


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