Réchauffement climatique: quel avenir pour les stations de ski vosgiennes ?

Le Lac Blanc, quel avenir à l'horizon 2100 ? / © Thierry Gachon, Maxppp
Le Lac Blanc, quel avenir à l'horizon 2100 ? / © Thierry Gachon, Maxppp

Le réchauffement climatique élèvera les températures de plusieurs degrés à l'horizon 2100, ce qui pose inévitablement la question de la survie des stations de ski de moyenne montagne. Le domaine skiable du massif vosgien culminant à 1200 mètres se situe clairement dans la zone critique.

Par Vincent Lemiesle

Anomalie météorologique ou signe annonciateur du réchauffement climatique, ce mois de janvier est le plus chaud depuis que Météo France effectue des relevés en Alsace, depuis 1923: 4 à 5 degrés en moyenne au dessus des normales de saison.  Les températures moyennes vont inexorablement monter dans les prochaines décennies et les projections climatiques à l'horizon 2100 font état de plusieurs scénarios, en fonction de nos comportements à l'origine des émissions de gaz à effet de serre.

  • Version pessimiste : les moyennes globales annuelles des températures s'élèvent de 4,5°C d'ici la fin du 21e siècle. Dans ce cas, la réduction du manteau neigeux sur le massif vosgien atteindra 60% en 2030 et jusqu'à 80% dans les dernières décennies du siècle présent.
  • Version vertueuse, respectant les accords de la COP21 (Conférence de Paris de 2015 sur le climat) : les températures moyennes s'élèvent de 2°C. Dans cette hypothèse, plus optimiste, la réduction du manteau neigeux ne sera"que" de 40% en 2030 et de 60% en 2080. Ci certains hivers seront plus froids et pourront être relativement neigeux, quelque soit le cas de figure les projections aboutissent à une raréfaction de la neige.
Le télésiège de Montjoie à la station du Lac Blanc / © Thierry Gachon, Maxppp
Le télésiège de Montjoie à la station du Lac Blanc / © Thierry Gachon, Maxppp


Quel avenir pour les stations de ski vosgiennes ?


Pour les syndicats mixtes en charge des différents sites, comme le Lac Blanc ou le Schnepfenried, les projections ne dépassent pas les 4 ans. La principale piste s'appuie sur le développement de la neige de culture, la seule technologie permettant d'assurer une bonne couverture neigeuse. Et dans ce domaine la France est en retard sur ses voisins : en Suisse 48% des pistes sont couvertes par une neige de culture, entre 60 et 70% en Italie et en Autriche, contre 30%  chez nous.

Le retard à combler est important et permettra sans doute d'améliorer l'enneigement du domaine skiable, pour autant cette piste semble condamnée à plus long terme. C'est pourquoi les stations misent depuis plusieurs années sur des  activités complémentaires. Au Markstein, par exemple, une luge toutes saisons fonctionne depuis 2014. Au Lac Blanc, les VTTistes peuvent dévaler les pentes vosgiennes, en été, grâce au bike-park. D'autres projets comme les sentiers thématiques pieds nus devraient voir le jour prochainement.

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