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Rescapé d'une dizaine de camps nazis, le Haut-Rhinois René Baumann est décédé

"René a fait de grandes choses dans sa vie, il a reçu les médailles les plus prestigieuses, et pourtant il n'a jamais donné l'impression d'être au-dessus des autres" - Armand Reinhard, maire de Hirsingue / © DR
"René a fait de grandes choses dans sa vie, il a reçu les médailles les plus prestigieuses, et pourtant il n'a jamais donné l'impression d'être au-dessus des autres" - Armand Reinhard, maire de Hirsingue / © DR

Originaire d’Hirsingue, René Baumann a passé toute sa vie à témoigner de la barbarie nazie dont il a été victime en déportation. Il est décédé jeudi 27 décembre, à l’âge de 95 ans.

Par Caroline Moreau

René Baumann a seulement 19 ans quand il refuse l’incorporation de force dans la Wehrmacht et qu’il décide de fuir l’Alsace annexée. Il rejoint alors les rangs de la résistance cachée dans les Hautes-Alpes. En représailles, sa famille est envoyée dans un camp de travail en Allemagne.

Arrêté en 1943, il va faire l’amère expérience de l’internement dans une dizaine de camps nazis, de torture ou de travail : Mathausen, Neue Bremm, Allach (camp annexe de Dachau), Melk... Dans le camp du Natzweiler-Struthof, il fait partie de ces déportés NN (« Nacht und Nebel » - Nuit et brouillard) que le régime nazi avait à terme prévu de faire disparaître dans le plus grand secret. 

28 kilos à la fin de la guerre

Libéré le 6 mai 1945 du camp autrichien d’Ebensee, René Baumann ne pèse plus que 28 kilos à la fin de la guerre. Il a raconté l’arrivée des Américains dans un livre paru en mai 2016, « Voué à disparaître - René Baumann, déporté NN » (I.D Edition) dans lequel il relate notamment l'arrivée des Américains dans le camp nazi :

« Les américains n’osaient pas rentrer. Ils pensaient qu’on avait tous le Typhus.
Ils nous jetaient de la nourriture par dessus les barbelés. » 
« [Un Américain] me tend une barre chocolatée. Je n’ai pas la force de lever le bras, encore moins de la manger. Bien m’en a pris, je vois d’autres camarades accepter et tomber raide mort après en avoir englouti deux ou trois.
Notre estomac n’a plus la force de recevoir autant de calories d’un coup. » 

Après sa libération, il rentre en Alsace, à Hirsingue, où sa famille le pensait mort. Il y sera chef d’entreprise, responsable du club de sapeurs-pompiers volontaires, premier adjoint au maire et membre de l’équipe de football de l’US Hirsingue.

"René est quelqu'un qui a fait de grandes choses dans sa vie, se souvient le maire d'Hirsingue, Armand Reinhart, qui tient à saluer l'humilité du résistant. Il a reçu beaucoup de médailles, les distinctions les plus honorifiques, et pourtant il est toujours resté simple. Il n'a jamais donné l'impression d'être au-dessus des autres."

Toute sa vie, il a tenu à témoigner des horreurs de la barbarie nazie à travers son livre, mais aussi en intervenant régulièrement dans les établissements scolaires pour témoigner auprès des jeunes générations.

René Baumann avait été distingué Officier de la Légion d'honneur.
René Baumann quelques mois après la Libération
René Baumann quelques mois après la Libération
Ses obsèques seront célébrées le mercredi 2 janvier à 14h30 en l’église de Hirsingue.

Depuis l'annonce de sa disparition, les hommages en la mémoire de René Baumann se multiplient, venant notamment de ces jeunes devant lesquels il avait raconté son histoire et, à travers elle, la grande Histoire.
 

 

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