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Santé: faute d'argent, un Bas-Rhinois sur quatre ne se soigne pas

Faute d'argent 1/4 des Bas-Rhinois renonce aux soins / © Luc Nobout/max PPP
Faute d'argent 1/4 des Bas-Rhinois renonce aux soins / © Luc Nobout/max PPP

Une enquête, menée par la Caisse primaire d'assurance maladie du Bas-Rhin auprès de 1800 personnes, révèle que près d'un quart des assurés sociaux ne se soigne pas, par manque de moyens financiers. 

Par Catherine Munsch

L'enquête de la CPAM du Bas-Rhin date du printemps 2018. Elle met en évidence le manque de moyens de certains assurés sociaux, au point de les pousser à renoncer à se soigner.



Les principaux domaines de renoncement: les soins dentaires et l'optique

"Le renoncement porte principalement sur trois types de soins : les soins dentaires prothétiques, les soins dentaires conservateurs, et l'optique." stipule le rapport de la caisse d'assurance maladie, tout en précisant qu'il est difficile d'établir un profil type des personnes qui "choisissent" de ne pas se soigner ou de reporter un traitement. "Les femmes sont plus touchées, les personnes isolées, les personnes jeunes, sans emploi, mais également les employés."
 


Quand le coût des prestations de santé poussent certains à s'en passer

Quand les soins sont chers au point où il devient impossible pour certaines personnes de les financer, elles y renoncent. Or en reportant certains soins, notamment dentaires, la situation empire, rendant les traitements encore plus lourds et donc plus chers. Pour éviter ces renoncements aux soins, la CPAM du Bas-Rhin a mis en place une plateforme d'accès aux soins.



Pour répondre à ces situations, une plateforme d'accès aux soins et à la santé a été créée

"Des conseillers spécialement formés sont chargés d’accompagner les personnes les plus fragiles jusqu’à la réalisation effective des soins." explique la chargée de communication de la CPAM du Bas-Rhin. Du lundi au vendredi, une  conseillère contacte les personnes repérées grâce à l'enquête et assurent leur suivi. Une fois un contact établi, c'est la même conseillère qui suit le dossier." 


Il y a deux façons d'entrer dans cet accompagnement individualisé : en ayant été repéré dans l'enquête ou en se présentant soi-même à l'accueil de sa CPAM. Théoriquement tout se passe par téléphone, essentiellement parce qu'il est souvent difficile de dire devant un guichet : "je n'ai pas les moyens de me soigner". A priori, la plateforme n'est donc pas en libre-service et les contacts se font par téléphone. Mais il reste possible "de se présenter à l'accueil de sa CPAM, où il faudra remplir un questionnaire, suite à quoi l'équipe de la plate-forme prendra le relais." 


Des réponses concrètes:

>Faire un bilan des droits aux prestations, c'est quoi?  "La personne fait part de ses ressources et on voit à quelles aides elle a droit. Elle fournit les justificatifs nécessaires et on instruit la demande."  

>Ouvrir les droits, lesquels? "Le droit à la CMUC par exemple, la couverture maladie universelle complémentaire. Dans ce cas, la personne n'aura pas de dépassements d'honoraires et pas de frais à avancer. On leur explique aussi que consulter un spécialistes ne signifie pas nécessairement dépassements d'honoraires."
 
>Orienter dans le système de soins, accompagner au montage financier, c'est à dire?  "Expliquer le droit au devis, quelles aides financières sont possibles, choisir un professionnel de santé, en trouver un près de chez soi etc"

Même s'il est difficile de reconnaître qu'on a du mal à se soigner, chaque individu à droit à la sécurité sociale selon l'article 22 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme. La détection et le repérage des personnes qui ont besoin d'aide dans ce domaine est un défi à relever mais "garantir l'accès universel aux droits et permettre l'accès aux soins est une priorité de la CPAM depuis 70 ans". 
 

L'une des grandes missions de l'Assurance Maladie, depuis plus de 70 ans : permettre à chaque assuré d'accéder aux soins. Dans ce sens l'Assurance Maladie rembourse une part importante des frais de santé, qu'il s'agisse de consultations, d'examens, d'interventions chirurgicales, de médicaments, de frais d'hospitalisation ou de transport... Elle couvre en moyenne 76,8 % des dépenses de santé, auxquels s'ajoute la prise en charge des complémentaires santé.
 

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