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Stocamine : l'Etat renonce à extraire les déchets dangereux enfouis à Wittelsheim depuis 20 ans

L'Etat renonce au déstockage des déchets entreposés à Stocamine : le préfet du Haut-Rhin l'a annoncé ce lundi 21 janvier 2019 / © @Maxppp/Thierry Gachon
L'Etat renonce au déstockage des déchets entreposés à Stocamine : le préfet du Haut-Rhin l'a annoncé ce lundi 21 janvier 2019 / © @Maxppp/Thierry Gachon

Stupéfaction dans le dossier Stocamine : le préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet, a annoncé ce lundi 21 janvier l’enfouissement définitif des 42.000 tonnes de déchets stockés depuis 2002 à Wittelsheim. Pour beaucoup, c'est une douche froide. 

Par Astrid Servent

L'information était éventée depuis quelques heures mais c'est désormais officiel : ce lundi après-midi, le préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet a annoncé que l'Etat renonce à extraire les déchets dangereux toujours enfouis à Stocamine, en dépit des préconisations répétées du collectif Déstocamine et d'un rapport parlementaire rendu public le 17 septembre 2018.

"Compte tenu des enjeux, de la balance des risques et de l’investissement technique important nécessaire à un déstockage supplémentaire dans de bonnes conditions", le préfet du Haut-Rhin confirme la décision de l’Etat de poursuivre le chantier de confinement des déchets restants et précise que cela se fera "en s’entourant de toutes les garanties en termes de protection de la nappe phréatique."

 


Indignation d'Europe Ecologie les Verts

Pour les écologistes, "l'Etat prend la pire des décisions". Ils déplorent le fait que "Wittelsheim (devienne) la poubelle toxique de l'Alsace ". Selon eux, les difficultés du déstockage évoquées sont en réalité uniquement financières. Europe Ecologie les Verts estime que François de Rugy est "responsable d'avoir cédé aux compromissions, responsable de ne pas avoir rencontré le collectif Destocamine avant de prendre sa décision, responsable d'avoir pris de haut l'avis de tous les élus alsaciens unanimement défavorables à la poursuite du stockage, coresponsable enfin avec l'Etat d'avoir fait preuve dans cette affaire de cynisme et de mépris à l'égard du territoire et des mineurs".

Tous attendent de pied ferme sa prochaine venue en Alsace prévue le 1er février pour lui exprimer leur mécontentement. Ils lancent un appel à la résistance et donnent rendez-vous à tout ceux qui le souhaitent à une réunion publique organisée par le collectif Destocamine ce jeudi 24 janvier à 19h, salle Grassegert à Wittelsheim. 
 

Désapprobation du député du Haut-Rhin, Raphaël Schellenberger

Il avait participé au printemps dernier à une mission d'information aux côtés des députés Vincent Thiébaut et Bruno Fuchs. Avec ses deux homologues, Raphaël Schellenberger préconisait l'extraction des déchets enfouis sur le site de Stocamine. Sans surprise, il désapprouve fermement la "décision brutale" de François de Rugy de renoncer définitivement au déstockage de ces fameux déchets.

Dans un communiqué, le député LR de la 4e circonscription du Haut-Rhin estime que "l’Etat vient de manquer l’occasion unique de renouer la confiance en sa parole et d’achever sereinement l’aventure minière dans notre territoire". Il pointe du doigt "un Gouvernement (...) refermé sur lui-même et incapable de dialogue". Selon lui, c'est "le pire signal qu’il pouvait adresser aux Français au moment où s’ouvre le grand débat national".


 

 

L'incompréhension de Jean Rottner


Le président de la région Grand Est a réagi en fin de journée. Pour lui, cette annonce "va à l'encontre de toute logique environnementale". Avec Jean-Paul Omeyer, le vice-président en charge du suivi du dossier Stocamine, Jean Rottner envisage de saisir rapidement le Gouvernement.

 



 

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