Dans le Grand Est, un réseau à l'origine de près de 7.000 faux pass sanitaires démantelé

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Un important réseau à l'origine de près de 7.000 faux pass sanitaires a été démantelé au début du mois de juillet. Quinze pharmacies des régions Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne avaient été piratées afin de les produire.

Les faits remontaient à l'été 2021. Au terme de plusieurs mois d'enquête, un important réseau écoulant des pass sanitaires trafiqués a été démantelé au début du mois de juillet 2022. 

Les infractions caractérisées comprenaient l'"atteinte à un système automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l'État, et l'usage de faux dans un document administratif commis de manière habituelle". Sans oublier l'"escroquerie en bande organisée".

Une faille informatique présente sur le site Internet de l'ordre national des pharmaciens a abouti à quinze piratages de comptes liés à des pharmacies en Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne. Douze desdits piratages ont abouti à la production de faux pass sanitaires, poussant l'ordre à porter plainte. 

Coup de filet

Les pharmacies concernées se trouvent à Sedan (Ardennes), Troyes (Aube), Châlons-en-Champagne (Marne), Saint-Dizier (Haute-Marne) ainsi que Leyr (Meurthe-et-Moselle) et Saint-Avold (Moselle). En Alsace, cela concerne Strasbourg et Lingolsheim (Bas-Rhin), ainsi que Guebwiller (Haut-Rhin, voir localisations sur la carte ci-dessous).



Au total, exactement 6.927 pass sanitaires frauduleux ont été coulés et vendus à des prix allant de 100 à 400 euros, permettant de réaliser des bénéfices aussi substantiels que mal acquis. Le centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) de Metz (Moselle) a notamment été mis à contribution, en lien avec la police judiciaire de Strasbourg.

Fin juin, un hackeur et huit revendeurs ont été arrêtés, malgré les démarches entreprises par ces derniers pour dissimuler leur identité et leurs actions illicites sur le Web. La juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Nancy (Meurthe-et-Moselle) s'en est félicitée et a communiqué sur ce coup de filet.

Il a été mené en région parisienne, dans l'agglomération lyonnaise, et dans le département de la Drôme. Certains de ces individus étaient déjà défavorablement connus des services judiciaires pour des faits similaires, deux se trouvaient même déjà en prison pour d'autres délits.

Cette affaire pourrait ne pas être terminée. Les bénéficiaires des pass sanitaires trafiqués pourraient faire l'objet de poursuites judiciaires. Le parquet rappelle que "le phénomène présente des dangers pour la vie humaine, notamment en cas de prise en charge médicale inadaptée de personnes dotées de faux pass aux urgences". Il n'est pas trop tard, pour les personnes concernées, de se signaler auprès des services de police.