VIDEO. Rembobinons : à l'époque des bizutages et autres rites d'intégrations d'étudiants en Lorraine

Défilé d'intégration des "majorettes" de l'école nationale d’ingénieurs de Metz (ENIM) en 1967. / © INA-France 3 Lorraine
Défilé d'intégration des "majorettes" de l'école nationale d’ingénieurs de Metz (ENIM) en 1967. / © INA-France 3 Lorraine

Tradition héritée du moyen-âge, le bizutage, appelé aujourd'hui journée ou semaine d'intégration, a perdu sa connotation déviante à base de harcèlements et autres humiliations. Nos documentalistes ont retrouvé de nombreuses images de ce qui était un événement pour les nouveaux étudiants.

Par Jean-Christophe Dupuis-Remond

Début août 2019, les nouveaux étudiants du campus Franco-Allemand de Sciences Po Paris à Nancy se sont retrouvé Place Stanislas.
C'est un rendez-vous traditionnel pour ces 1A (élèves de première année d'une formation qui en compte cinq). L'objectif cette année était de réaliser ensemble quelques figures acrobatiques et un échange de tartes à la crème afin d'attirer l'attention des passants. Les dons recueillis à cette occasion serviront à financer leurs futures activités étudiantes.

Une tradition préservée

Ce rite destiner à faciliter l'intégration des nouveaux-venus dans une formation n'est pas nouveau, il remonte même au 13e siècle. Les corporations qui le pratiquent trouvent même leurs racines dans l'antiquité, lorsqu'étaient notamment célébrées les bacchanales.
Jusqu’à  la fin des années 90, les jeunes hommes (et quelques rares jeunes filles à l'époque) passaient par la case du service militaire. Les premières semaines, période de formation appelée "les classes", servaient de temps de socialisation au sein d'un groupe qui apprenait à se serrer les coudes et à faire montre de solidarité.
Mais les jeunes, engagés avant ou après leur "service" dans des études supérieures, étaient eux, souvent confronté à une nouvelle période d'intégration. Plus connue sous le nom de "bizutage", elle intervenait lors de leur entrée dans le parcours académique.

Séquences hautes en couleur

Nos documentalistes en ont retrouvé de nombreuse images dans nos archives conservées par l'institut national de l'audiovisuel (INA).
On y découvre (ou retrouve pour les plus anciens) des séquences variées, en noir et blanc et en couleur et toujours très animées:
  • Des Monômes (cortèges) d'étudiants en classe préparatoire vétérinaire au lycée Poincaré à Nancy en 1968 et en 1984
  • Des étudiants de l'institut commercial de Nancy (ICN) avec leur "frère" âne en 1968, et collectant des fonds en 1969
  • Des futurs ingénieurs lors du défilé de l'ENIM d'étudiants-majorettes à Metz en 1967
  • Les visages maquillés des carabins (étudiants en médecine) à Nancy en 1979.
Autant d'images d'autrefois où la bonne humeur et le côté décalé amusaient fort le public des villes.
Si ces traditions subsistent encore aujourd'hui, elles se font souvent plus discrètes car certaines s'accompagnaient parfois, jusqu'à récemment, d'exactions désormais sanctionnées par la Loi. Et pour ceux qui pratiquent encore, de façon réglementaire, ces temps d'intégration, les activités qui y sont proposées se traduisent souvent par des actes de solidarité réalisés en groupe: actions humanitaires, environnementales ou encore restauration du patrimoine.
 

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