Sébastien Bottin, le lorrain inventeur de l’annuaire

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Écrit par Laura Poli
La dernière édition des pages blanches en 2019.
La dernière édition des pages blanches en 2019. © Philippe TRIAS - MAXPPP

Les derniers exemplaires des pages blanches ont été distribués en Décembre 2019. Saviez-vous que Sébastien Bottin, fondateur de l’annuaire, est lorrain ? De curé à révolutionnaire, focus sur le parcours atypique de ce Grimonvillois grâce à Maurice Louis, historien local. 
 

Sébastien Bottin, l’inventeur de l’annuaire téléphonique, nait le 17 Décembre 1764 dans la maison familiale à Grimonvillier (Meurthe-et-Moselle) en Lorraine.
Il est issu d’une famille de commerçants originaires de Vézelise. Ses parents l’orientent vers une carrière ecclésiastique.
Il débute des études religieuses au séminaire épiscopal de Toul.

 


En parallèle de sa formation, il développe un grand intérêt pour les sciences – notamment la nature, la géographie et l’agriculture - pourtant absentes des programmes qu’il étudie. Il s’intéresse également à la politique, à l’histoire locale et à l’archéologie.

Sa curiosité le pousse à créer en 1798 le premier annuaire statistique public français, intitulé l’almanach politique et économique du Bas-Rhin.

20 ans plus tard, en 1819, Sébastien Bottin publie l’almanach du commerce de Paris.

Ces deux annuaires sont les ancêtres des pages blanches et des pages jaunes que nous connaissons actuellement.
 


De prêtre à révolutionnaire

À 25 ans, il est ordonné prêtre lors la révolution française en1789.

Révolutionnaire dans l’âme, il participe à la fête de la fédération le 14 juillet 1790.

Deux ans plus tard, en 1791, il adhère à la Constitution Civile du Clergé (12 juillet 1790) comme curé de Favière (Meurthe).

 


L'an II (septembre 1793-septembre 1794) voit l'apogée de la politique de déchristianisation souhaitée par le comité de salut public. Pour éviter toute persécution, le jeune curé se réfugie à Strasbourg en 1793. Il abandonne l’état ecclésiastique la même année et se marie avec François Poinsignon en 1794. Le couple aura six enfants.

Engagé dans la révolution, il embrasse une carrière dans l’administration des départements de l’Est, reconquis par les armées révolutionnaires.
Il y occupe des postes importants, tels que chef de bureau adjoint au secrétaire en chef de l’administration centrale du Bas-Rhin en 1796 ou secrétaire du préfet du nord en 1802… Bottin est même élu député à la chambre des Cent-Jours en 1815.

 

Criblé de dettes et malade, il sombre dans l'anonymat le plus complet avant de s’éteindre à 88 ans le 28 mars 1853 à Paris. Sa dépouille réside au cimetière parisien du Père Lachaise.  

Après sa mort, ses héritiers vendent son almanach à la famille Didot qui continuent à le publier en le couplant à leur annuaire du commerce. En 1903, le bottin mondain est publié. Il regroupe les coordonnées des familles françaises. 

L'année 2020 marque le clap de fin pour le bottin. Après les pages jaunes en décembre 2019, c'est au tour des pages blanches de ne plus être imprimées. En cause ? Une production progressivement réduite en raison du minitel puis d'internet. 
57 millions d'annuaires ont été livrés en 2007 contre 9 millions en 2018. 
 

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