L’appel à l’aide d’une corse pour rentrer sur l’île après avoir été agressée à Marseille

Sandra Reginensi a été agressée à l'arme blanche dans l'enceinte de l'école maternelle La Pauline. / © PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP
Sandra Reginensi a été agressée à l'arme blanche dans l'enceinte de l'école maternelle La Pauline. / © PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

Sandra Reginensi, corse originaire de Venaco, a été agressée à l’arme blanche vendredi 6 septembre sur son lieu de travail à Marseille. C’est la deuxième agression qu’elle subit en cinq ans. Elle demande aux élus corses de lui permettre de rentrer sur l’île.
 

Par Martin Vanlaton

C’est un appel à l’aide que Sandra Reginensi a lancé ce vendredi matin, sur France Bleu RCFM. Originaire de Venaco, la cantinière a été agressée à l’arme blanche par un adolescent de 17 ans vendredi 6 septembre, peu après 6 heures du matin, dans l’école où elle travaille dans le 9ème arrondissement de Marseille. Il y a cinq ans, Sandra et son mari avaient déjà été victimes d’une agression physique à Marseille.

"Aujourd'hui tu vas mourir. Les Chrétiens, il faut tous les tuer" aurait prononcé son agresseur, avant de la frapper avec une paire de ciseaux et un couteau de cuisine dont il venait de s’emparer dans les locaux scolaires. Elle a été grièvement blessée à l’abdomen et à la gorge.

Une semaine après son agression, Sandra Reginensi lance un appel au secours sur France Bleu RCFM et demande son retour sur l’île.
 

"Je suis broyée"


Les mots sont durs à entendre : "physiquement et psychologiquement, je suis broyée. Je suis choquée, traumatisée, et c’est de plus en plus compliqué" raconte douloureusement Sandra au micro de RCFM

"Nous sommes domiciliés à Venaco, nous sommes propriétaires d’une maison, on paie nos impôts" avance Sandra, qui espère de tout coeur pouvoir quitter Marseille pour retrouver son village. Selon elle, sa profession est un frein à son retour en Corse, car il est difficile pour elle d'être mutée. 
 

"Je ne veux plus rester à Marseille, je veux rentrer chez moi"


Sandra a par la suite renouvelé sa demande auprès des élus corses. "Je ne veux plus rester à Marseille, je veux rentrer chez moi" a-t-elle expliqué à RCFM, comme une bouteille à la mer pour réussir à passer à autre chose. Elle adresse son message à Gilles Siméoni, Jean-Guy Talamoni, au maire de Corte et au maire de son village, Michel Mezzadri.

"Je vous en supplie, faites nous rentrer" a répété Sandra, "faites nous rentrer chez nous", avant de fondre en larmes. Un témoignage bouleversant.
 

Le maire de Venaco avait "les larmes aux yeux"


Ce vendredi matin, Michel Mezzadri a écouté le témoignage de Sandra Reginensi, "une enfant du village" comme il aime l’appeler. "En l'écoutant, j’avais les larmes aux yeux" raconte le maire de Venaco, très touché par les récents événements. Après la première agression il y a cinq ans, le maire du village avait déjà reçu une demande pour rentrer en Corse, "on n’avait pas pu faire le nécessaire" raconte-t-il.

Selon lui, le statut de fonctionnaire de Sandra rend plus difficile sa mutation, et les places sont chères. Dans sa commune par exemple, toutes les places sont occupées. Mais Michel Mezzadri affirme qu’il essaie de trouver une solution aux alentours. "Je ne veux pas promettre des choses que je ne peux pas tenir" conclut-il, un peu désamparé.
 

Information judiciaire pour tentative de meurtre


Après l’agression à l’arme blanche de Sandra Reginensi survenue vendredi 6 septembre, le procureur de Marseille a ouvert une information judiciaire pour tentative de meurtre jeudi 12 septembre.
 


L’adolescent de 17 ans, arrêté moins de deux heures après l’agression de Sandra, avait été hospitalisé, son état ne permettant pas la poursuite de la garde à vue. Aujourd'hui, le mineur est toujours hospitalisé sous contrainte.
 

Sur le même sujet

Le collectif Tavignanu Vivu manifeste contre le projet de centre de déchets de Giuncaggio

Les + Lus