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Rapport de WWF: 600.000 tonnes de plastique déversées en Méditerranée chaque année, et la Corse n'est pas épargnée

L'un des milliards de morceaux de plastique qui visitent les courants de la Méditerranée en ce moment... / © DECOUVRE TA NATURE/MAXPPP
L'un des milliards de morceaux de plastique qui visitent les courants de la Méditerranée en ce moment... / © DECOUVRE TA NATURE/MAXPPP

Une décharge à ciel ouvert. Le rapport publié par l'organisation WWF sur l'état de la situation en Méditerranée est accablant. Et la Corse est, avec la Crète, l'une des deux îles les plus polluées par les déchets plastique. 

Par Sébastien Bonifay

Les rapports se suivent et les constats sont les mêmes. 
La pollution continue d'augmenter, et les conséquences sur les espaces naturels et la biodiversité sont alarmants. 

Le dernier rapport de WWF s'est concentré sur la Méditerranée, et les 22 pays qui la bordent. 
22 pays qui produisent chaque année 24 millions de tonnes de déchets plastique. 

La gestion de ces déchets inquiète au moins autant que leur nombre:

 
Source: Rapport du WWF du 7 juin 2019 / © Viastella
Source: Rapport du WWF du 7 juin 2019 / © Viastella


28%, c'est plus d'un quart des déchets qui, géré de manière non efficace, va potentiellement polluer la nature.

Et explique les 600.000 tonnes qui finissent chaque année dans la mer.


247 milliards de morceaux de plastique flottent actuellement en Méditerranée


Un veritable "torrent de plastique" qui erre dans cette mer semi-fermée, selon les termes de l'organisation non-gouvernementale. 
66% de ce plastique reste en surface, 21% s'échoue sur les côtes, et 11% termine sur les fonds marins.

Une fois en mer, il pollue les écosystèmes et menace la survie des espèces, particulièrement les oiseaux marins, les poissons et les mammifères marins. 

Certaines côtes de la Méditerranée sont particulièrement concernées par cette pollution.

Et la Corse en fait partie.

Elle est même l'une des deux seules îles du bassin méditerranéen a être dans la liste établie par WWF, avec la Crête. 

 
Marseille, Barcelone, Izmir, Alger, Alexandrie, Tel-Aviv....Et la Corse sont ce que WWF appelle les "Plastic Hotspots" / © Viastella
Marseille, Barcelone, Izmir, Alger, Alexandrie, Tel-Aviv....Et la Corse sont ce que WWF appelle les "Plastic Hotspots" / © Viastella


WWF, peut-être fatigué de soulever les problèmes, a décidé à travers ce rapport de pointer les responsables du doigt. 

Les 22 pays ont leur part de responsabilité, mais les trois plus gros pollueurs, représentant les 2/3 des déchets, sont:
  • L'Egypte (42,5% de plastique laissé dans la nature)
  • La Turquie (18,9%)
  • L'Italie (7,5%)
 
En matière de recyclage et de tri sélectif, certains pays européens sont très en retard / © A.Castier
En matière de recyclage et de tri sélectif, certains pays européens sont très en retard / © A.Castier


La France, elle, est le plus gros producteur de déchets plastique du pourtour méditerranéen, avec 4,5 millions de tonnes en 2016, soit 66,6 kilos par personne. 

Mais même si elle n'est pas le meilleur élève de la classe, sa politique de recyclage (22%), d'incinération et d'enfouissement (76%) est plus efficace que nombre de ses voisins. 

Résultat, 10.000 tonnes de plastique en Méditerranée pour la France, sur un total de 600.000 tonnes. 


Chaque jour, l'équivalent de 33.000 bouteilles en plastique est jeté à la mer



Le WWF, une nouvelle fois, tire la sonnette d'alarme:

C’est grave sur le plan environnemental mais aussi économique puisque cette pollution menace de nombreux emplois et ressources.
Il est donc impératif que les États méditerranéens prennent des mesures ambitieuses pour mettre un terme à ce fléau. 

Isabelle Autissier, Présidente de WWF France

 

© @WWF
© @WWF


 

D’autant que le rapport communique des chiffres qui prêtent à réflexion.
Le tourisme et l’industrie maritime, que l’on pointe souvent du doigt comme étant parmi les principaux responsables de la pollution, en pâtiraient également :
  • Le tourisme perdrait jusqu’à 268 millions d’euros par an, principalement en raison des coûts de nettoyage pour que les endroits touristiques restent attractifs.
  • L’industrie maritime, elle, perdrait 235 millions d’euros environ, en raison des dégâts causés par les objets flottant aux bateaux.
Enfin, le secteur de la pêche est bien sûr également concerné, et pourrait perdre jusqu’à 138 millions d’euros par an.
Là encore en raison des dégâts causés aux bateaux, et du temps perdu à nettoyer les filets, remplis de détritus plutôt que de poisson…
 
Le rapport a été rendu public aujourd'hui / © WWF
Le rapport a été rendu public aujourd'hui / © WWF


Le rapport de WWF propose plusieurs solutions d’urgence :
  • L’organisation appelle les gouvernements à soutenir un accord multilatéral contraignant, afin de stopper les rejet de plastique en méditerranée d’ici 2030
  • Au niveau national, elle demande des mesures ambitieuses dans le cadre de la loi anti-gaspillage, qui sera présentée le mois prochain en conseil des ministres
  • Elle préconise de nouvelles interdictions pour freiner production et consommation de plastique
  • Enfin, elle demande que l’on supprime les freins qui empêchent que l’on arrive à 100% de recyclable, à savoir les additifs perturbant le recyclage, résines non recyclables, produits multi couches…
 











 

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